Camouflet pour Merz
Roche gèle ses investissements en Allemagne

Le groupe pharmaceutique suisse gèle ses futurs investissements dans le pays de Goethe, dénonçant les effets d’une réforme du système de santé. Une décision qui tombe mal pour Berlin, au moment où le gouvernement cherche à attirer davantage de capitaux étrangers.
Mauvaise nouvelle pour Friedrich Merz, qui doit inaugurer son sommet des investisseurs.
Photo: Dukas
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AFP Agence France-Presse

L Roche a annoncé lundi suspendre ses investissements en Allemagne à cause d’une réforme du système de santé, un camouflet pour Berlin le jour même de l’ouverture d’un sommet destiné à attirer les capitaux étrangers.

«Nous avons dans un premier temps gelé tous nos futurs projets d’investissement [...]. Nous devons être en mesure d’évaluer si l’Allemagne reste un partenaire qui offre des conditions-cadres fiables», a déclaré Daniel Steiners, patron Allemagne du groupe pharmaceutique suisse, dans une interview au journal allemand «Die Welt».

L’annonce tombe mal pour Berlin à quelques heures de l’inauguration par le chancelier Friedrich Merz du premier sommet allemand de l’investissement, calqué sur le «Choose France» créé par Emmanuel Macron. Daniel Steiners s’en prend à la réforme du système de santé adoptée en juillet, qui prévoit entre autres une hausse de la contribution des entreprises pharmaceutiques pour éviter une nouvelle augmentation des cotisations à l’assurance maladie.

19'000 employés

Berlin a «détruit beaucoup de confiance», malgré «l’intérêt très marqué de Roche à faire de l’Allemagne son site principal pour la pharmacie et les biotechnologies», assure Daniel Steiners. Roche possède près de 19'000 employés répartis sur quatre sites en Allemagne, soit 17% de ses effectifs mondiaux. En comparaison avec l’Europe, les Etats-Unis «mènent actuellement une politique industrielle très active», a ajouté Daniel Steiners.

La ministre allemande de l’Economie Katherina Reiche a rappelé lundi «la contribution importante que l’industrie pharmaceutique doit fournir» dans le cadre de cette réforme, tout en admettant qu’un mécanisme d’exemption était discuté pour certaines entreprises au sein du gouvernement. Malgré un an de baisses d’impôts et de simplification réglementaire, le gouvernement Merz reste sous pression pour améliorer encore les conditions d’investissement en Allemagne.

Lundi, les patrons du géant industriel Siemens et de Deutsche Bank ont remis à Katherina Reiche un rapport sur la compétitivité de l’Allemagne, faisant état d’un «potentiel énorme» d’investissements, chiffrés à 4'100 milliards d’euros d’ici 2035, notamment dans l’intelligence artificielle, la défense et l’énergie.

L’exemple de Roche montre qu’il y a un «signal envoyé par les entreprises: “si les conditions d’investissement en Allemagne ne sont pas réunies, elles investiront ailleurs”», a déploré Roland Busch, le président du directoire de Siemens.

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