«Nous voulons créer le désir»
Neuchâtel ambitionne de devenir la référence des pinots noirs

Une nouvelle association à Neuchâtel, créée fin avril, veut faire des pinots noirs locaux une référence en Suisse. Les vignerons des Climats neuchâtelois valorisent des parcelles uniques, inspirés par la tradition bourguignonne.
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L'association «Climats neuchâtelois» veut valoriser les pinots noirs d'excetpion.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Une association a été créée à fin avril à Neuchâtel pour valoriser les pinots noirs d'exception, en prenant exemple sur la Bourgogne, et en souhaitant devenir la référence de ce cépage en Suisse. Les sept jeunes vignerons, dont trois femmes, membres des «Climats neuchâtelois» s'engagent notamment à utiliser des raisins issus d’une seule et unique parcelle.

«La crise de la viticulture est aussi une opportunité pour rebondir, se réinventer et trouver de nouveaux marchés à l'étranger ou en Suisse alémanique. L'association va pouvoir porter des valeurs fortes collectivement comme l'excellence, la qualité et l'ancrage au terroir», a déclaré lundi le conseiller national (PLR/NE) Damien Cottier, président de VignobleSuisse, et 1er membre «pilier».

«Nous voulons faire de Neuchâtel la référence pour les pinots noirs en Suisse», a expliqué Pierre-Emmanuel Buss, président des Climats neuchâtelois. A Neuchâtel, le pinot noir, qui est vinifié aussi bien en blanc (Perdrix blanche), qu'en rosé (Oeil-de-perdrix) ou qu'en rouge, ne cesse de s'étendre et recouvre actuellement 55% des 600 hectares de vignes du canton.

L'association veut faire gagner en visibilité ce cépage neuchâtelois, très connu des amateurs de vins, mais pas forcément du grand public. Elle va démarcher collectivement par exemple des restaurateurs ou sera présente lors de festivals.

«Créer le désir»

«Nous voulons créer le désir», a ajouté Pierre-Emmanuel Buss. Chaque année, l’association mettra en vente entre 80 et 100 caisses numérotées, d'un prix de 500 francs l'unité, avec une bouteille de chaque vin sélectionné du dernier millésime. Un repas sera aussi organisé chaque année, sur le modèle de la célèbre Paulée de Meursault en Bourgogne.

L'association espère une émulation. «Nous voulons créer une dynamique pour donner envie à d'autres vignerons de faire pareil. La toponymie viticole est encore trop souvent absente. Chaque année, nous pensons intégrer un vigneron supplémentaire au sein de notre association», a expliqué le président.

Le choix du nom de l’association est un clin d’œil à la Bourgogne et ses climats inscrits depuis 2015 au patrimoine mondial de l’Unesco. Directement lié à la notion de terroir, le climat désigne une parcelle de vigne délimitée et reconnue pour ses caractéristiques propres, fondées sur la nature du sol, l'exposition au soleil, l’altitude, le microclimat, l’histoire et le savoir-faire humain.

A Neuchâtel, la vinification de pinots noirs parcellaires est plus récente qu'en Bourgogne. La pratique a été initiée au début des années 2000 par le pionnier Jacques Tatasciore.

Raconter une histoire

Au Domaine de Chambleau à Colombier, la parcelle des Bovardes a été plantée il y a plus de 30 ans, avec le choix de variété de pinots noirs, qui produisent moins, mais offrent des vins plus concentrés et davantage haut de gamme. «Ils expriment un terroir, un sol et un microclimat», a précisé Charlotte Burgat, vigneronne et oenologue.

«Notre sol, qui a une proportion plus importante de sable et de gravier qu'ailleurs, est plus drainant. Les baies sont plus petites mais davantage concentrées. Elles sont récoltées à la main», a ajouté la vigneronne, qui est en train de reprendre le domaine familial.

Selon elle, «les vins parcellaires racontent une histoire plus précise et s'intègrent dans les attentes de la jeune génération, qui est en quête de sens pour les produits qu'elle achète».

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