Adnan Alicajic, ancien joueur du FC Bavois, a une mission très précise depuis la victoire de la Bosnie-Herzégovine face à l’Italie en barrages de la Coupe du monde: tout savoir sur les Zmajevi. Et sans rien oublier. La tactique, les coups de pied arrêtés, les sorties de balles, la composition, comment et où Edin Dzeko tire les penalties, qui le remplace dans l’exercice quand il n’est pas sur le terrain… Le citoyen de Sainte-Croix, dans le Nord vaudois, doit absolument tout maîtriser et connaître les vingt-six joueurs sélectionnés dans le détail.
Tout savoir sur l'adversaire, une obligation
En plus d’aller sur place observer les matches, il les regarde à la vidéo et lit les journaux bosniens pour savoir si un joueur est blessé, par exemple, ou si le staff technique des Dragons a une nouvelle idée en tête. «Je regarde même les réseaux sociaux en Bosnie», confie-t-il également ce mercredi à San Diego. Son objectif : trouver un indice sur la composition d’équipe, voir si tel ou tel joueur incertain s’entraîne ou non… Son boulot va même jusqu’à l’heure avant le coup d’envoi, lorsqu’il reçoit la composition de l’adversaire. Il l’étudie attentivement, voit tout de suite s’il y a une surprise ou une information susceptible d’intéresser le staff de la Nati. Il en réfère alors tout de suite à son chef Kevin Ehmes, lequel décide ou non d’interpeller Murat Yakin. Tout ce ballet est savamment orchestré, chacun connaît son travail et l’exécute.
«Nous sommes trois analystes ici aux Etats-Unis», explique Kevin Ehmes, le responsable de cette cellule. «Après, chacun ses tâches. Je me suis occupé du Qatar, Adnan de la Bosnie et Julian Lauer du Canada», détaille le chef. Ces trois hommes sont les analystes de l’équipe de Suisse, les «Experts Nati», et leur job est de tout savoir, absolument tout, sur les adversaires de la sélection. Chacun d’eux doit être incollable et fournir le plus d’informations utiles au staff technique (sans aller jusqu'à l'espionnage comme le Southampton FC...), tout en se concentrant aussi bien sûr sur l’équipe de Suisse.
Murat Yakin et son fameux instinct
«Notre tâche est double», confirme Kevin Ehmes. Les trois hommes filment les entraînements de l’équipe de Murat Yakin et celui-ci apprécie les regarder à nouveau, au calme à l’hôtel, après la séance. Il peut y voir les choses différemment et s’aider des analystes pour se faire confirmer telle ou telle intuition, lui qui explique parfois prendre ses décisions «au feeling».
«C’est vrai, c’est son style, reconnaît Kevin Ehmes. Et c’est bien pour nous, c’est stimulant. Nous sommes des analystes, nous scrutons les schémas et les données. Un entraîneur, il a une autre vision. Mais Murat ne prend aucune décision au hasard, juste en se basant sur une sensation. Au contraire: il prend des décisions basées sur des faits». Tout en se laissant une part de liberté.
A noter que chaque entraînement de l'équipe de Suisse est filmé à l'aide de plusieurs caméras et d'un drone. «C'est essentiel pour nous permettre de voir dans quelle mesure les joueurs appliquent les principes que nous avons élaborés en fonction de l'adversaire. Cela nous permet ensuite de leur fournir un retour plus précis», explique Adnan Alicajic.
La formule de la compétition fait que les trois premiers adversaires sont connus, mais absolument pas le potentiel quatrième, en 16es de finale. La formule de la Coupe du monde rend l’incertitude assez grande et les trois hommes n’ont pas encore le regard tourné vers ce quatrième match. «Mais nous avons une équipe en Suisse, composée notamment des sélectionneurs des équipes juniors, qui ont chacun plusieurs matches à analyser», enchaîne Kevin Ehmes. Dès que l’adversaire de la Suisse en 16es sera connu, il sera temps de l’étudier en profondeur.
Deux en tribunes, un sur le banc
Pendant le match en lui-même, les trois hommes continuent leur travail d’analyse. Kevin Ehmes va prendre place sur le banc, tandis qu’Adnan Alicajic et Julian Lauer montent en tribunes et sont reliés à leur chef en permanence. «Julian tague les scènes et Kevin les voit en direct sur le banc. Moi, mon boulot, c’est plutôt de préparer les scènes diffusées à la mi-temps. On discute en direct et Kevin décide de ce qu’il transmet à Davide Calla, Patrick Foletti ou Murat Yakin. On analyse les adversaires, mais eux aussi nous analysent, donc ils s’adaptent. On essaie de le voir, de repérer tous les changements, pour que notre staff ait toutes les données pour prendre des décisions», explique le Sainte-Crix.
Après les matches, les trois hommes ont encore énormément de boulot, dont les séquences à préparer pour chaque joueur. «Ils reçoivent tous un clip de leur performance, en général ils sont très intéressés», explique Kevin Ehmes. Avant les matches, les vingt-six joueurs adverses sont analysés dans le détail et un clip de deux à trois minutes est fait pour présenter les forces et les faiblesses de chacun. «Pas plus, ça ne sert à rien. On veut que chaque joueur puisse se préparer face à un adversaire direct en particulier. Quand c’est Neymar, c'est peut-être moins utile, tout le monde connaît ses points forts et faibles. Mais pour d’autres, ce peut être utile.» Notamment pour les Qataris, qui jouent tous dans le championnat local. «On met donc ces vidéos à disposition et on va aussi vers un joueur pour lui dire ‘Hey, fais gaffe, cet ailier il aime dribbler comme ça’...», enchaîne le chef des analystes de la Nati. Un travail de l’ombre, mais essentiel. Et surtout ultra-précis et pointu.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Mexique | 1 | 2 | 3 | |
2 | République de Corée | 1 | 1 | 3 | |
3 | République Tchèque | 1 | -1 | 0 | |
4 | Afrique du Sud | 1 | -2 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Canada | 1 | 0 | 1 | |
2 | Bosnie-Herzégovine | 1 | 0 | 1 | |
3 | Suisse | 0 | 0 | 0 | |
4 | Qatar | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Brésil | 0 | 0 | 0 | |
2 | Maroc | 0 | 0 | 0 | |
3 | Haïti | 0 | 0 | 0 | |
4 | Écosse | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Etats-Unis 1:0 | 1 | 1 | 3 | |
2 | Turquie | 0 | 0 | 0 | |
3 | Australie | 0 | 0 | 0 | |
4 | Paraguay 0:1 | 1 | -1 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Allemagne | 0 | 0 | 0 | |
2 | Curaçao | 0 | 0 | 0 | |
3 | Côte d´Ivoire | 0 | 0 | 0 | |
4 | Equateur | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Pays-Bas | 0 | 0 | 0 | |
2 | Japon | 0 | 0 | 0 | |
3 | Suède | 0 | 0 | 0 | |
4 | Tunisie | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Belgique | 0 | 0 | 0 | |
2 | Egypte | 0 | 0 | 0 | |
3 | Iran | 0 | 0 | 0 | |
4 | Nouvelle-Zélande | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Espagne | 0 | 0 | 0 | |
2 | Cap Vert | 0 | 0 | 0 | |
3 | Arabie Saoudite | 0 | 0 | 0 | |
4 | Uruguay | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | France | 0 | 0 | 0 | |
2 | Sénégal | 0 | 0 | 0 | |
3 | Irak | 0 | 0 | 0 | |
4 | Norvège | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Argentine | 0 | 0 | 0 | |
2 | Algérie | 0 | 0 | 0 | |
3 | Autriche | 0 | 0 | 0 | |
4 | Jordanie | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Portugal | 0 | 0 | 0 | |
2 | République Démocratique du Congo | 0 | 0 | 0 | |
3 | Ouzbékistan | 0 | 0 | 0 | |
4 | Colombie | 0 | 0 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Angleterre | 0 | 0 | 0 | |
2 | Croatie | 0 | 0 | 0 | |
3 | Ghana | 0 | 0 | 0 | |
4 | Panama | 0 | 0 | 0 |

