Le commentaire de Tim Guillemin
La FIFA ouvre les portes, le gouvernement américain les ferme

Cette Coupe du monde est la première organisée avec 48 pays, une évolution que notre journaliste salue et espérait depuis longtemps. Mais cette ouverture se heurte au repli sur soi du gouvernement américain, créant le premier paradoxe de cette «World Cup».
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Donald Trump (à dr.) a mis un carton rouge à un arbitre somalien.
Photo: AFP
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Le Congo et la ferveur de ses 100 millions d’habitants, l’Ouzbékistan et ses efforts bien réels dans la formation, la folle passion irakienne pour le ballon rond… L’expansion de la Coupe du monde à 48 équipes me plaît énormément et je la défends depuis longtemps. L’Europe a trop longtemps été surreprésentée dans le football, de clubs comme de sélections, et ce rééquilibrage est bienvenu.

De toutes mes forces, je soutiendrai toujours la FIFA et les différentes confédérations lorsqu’elles entreprennent des efforts concrets pour s’ouvrir au monde. Je rêve d’un monde du ballon rond où la Champions League africaine sera une compétition passionnante, avec des clubs ultra-puissants qui pourront conserver leurs meilleurs éléments. J'attends le moment où le rêve ultime pour un jeune footballeur de Medellin ne sera plus de venir en Europe, mais de briller pour un club de sa ville. Je peux continuer à rêver, je sais, et je ne suis ni dupe, ni naïf: cette ouverture de la FIFA est aussi une histoire d’argent, de votes, de politique électoraliste et de jeux de pouvoir. Je vois la face sombre, mais je vois aussi la lumière qui est mise, enfin, sur d’autres continents que l’Europe.

J'ai un remède miracle pour vous

Alors oui, cette Coupe du monde à 48 équipes me plaît, même si j’ai envie de chipoter un peu et qu’avec trois pays déjà qualifiés, je trouve que la CONCACAF en a un ou deux de trop. On aurait pu se passer de Curaçao et de son équipe de deuxième division néerlandaise, si ça ne tenait qu’à moi, et avoir le Nigéria en plus, mais ça n’enlèvera rien à mon bonheur. Et pour ceux qui trouvent qu’il y a trop de matches, j’ai un remède miracle: ne regardez que ceux qui vous intéressent.

Cette volonté d’ouverture de la FIFA, que je salue, se heurte cependant, et c’est là un vilain paradoxe, à l’esprit de fermeture du gouvernement américain. Et là, par contre, on ne rigole plus. La FIFA convoque les arbitres qu’elle juge les meilleurs à travers le monde et voilà que, sous prétexte qu’il est Somalien, Omar Artan est refoulé à l’entrée? Sincèrement, j’ai du mal à comprendre. D’accord, chaque gouvernement a ses règles et j’arrive à concevoir que les États-Unis soient stricts en matière d’immigration. Mais un arbitre basé au campus de la FIFA pendant six semaines, sincèrement? Ne peut-il pas y avoir une exception, comme une sorte de «trêve Coupe du monde»? Y compris pour l’Iran et ses nombreux officiels refoulés, ainsi que pour ses joueurs qui ne pourront voyager du Mexique aux États-Unis que le jour même du match?

Et que dire de tous les fans venus de pays africains et découragés, voire empêchés, de voyager? Est-ce parce que le gouvernement américain a peur qu’ils restent sur le territoire US après le tournoi? Je n’ose même pas imaginer les menaces de boycott si le Qatar avait agi ainsi.

Le grand échec de la FIFA, qui reste officiellement très diplomate pour l’instant, est de ne pas avoir été assez forte pour tenir tête à Donald Trump et demander un peu de souplesse administrative lors de cette Coupe du monde. On ne donne pas d’ordres à un pays souverain? C’est vrai. Mais en acceptant d’organiser la Coupe du monde, les États-Unis ont validé un cahier des charges. Cela ne veut pas dire ouvrir les portes du pays en grand, je ne suis là non plus pas naïf, mais au moins ne pas les claquer à la gueule de qui ne leur plaît pas. La FIFA s’ouvre au monde, les États-Unis se replient sur eux-mêmes. Voilà le premier grand écart de cette «World Cup». Et il n’est pas plaisant à observer.

Coupe du monde 2026 – Groupe A
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Mexique
Mexique
1
2
3
2
République de Corée
République de Corée
0
0
0
3
République Tchèque
République Tchèque
0
0
0
4
Afrique du Sud
Afrique du Sud
1
-2
0
Playoffs
Groupe B
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Canada
Canada
0
0
0
2
Bosnie-Herzégovine
Bosnie-Herzégovine
0
0
0
3
Qatar
Qatar
0
0
0
4
Suisse
Suisse
0
0
0
Playoffs
Groupe C
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Brésil
Brésil
0
0
0
2
Maroc
Maroc
0
0
0
3
Haïti
Haïti
0
0
0
4
Écosse
Écosse
0
0
0
Playoffs
Groupe D
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Etats-Unis
Etats-Unis
0
0
0
2
Paraguay
Paraguay
0
0
0
3
Australie
Australie
0
0
0
4
Turquie
Turquie
0
0
0
Playoffs
Groupe E
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Allemagne
Allemagne
0
0
0
2
Curaçao
Curaçao
0
0
0
3
Côte d´Ivoire
Côte d´Ivoire
0
0
0
4
Equateur
Equateur
0
0
0
Playoffs
Groupe F
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Pays-Bas
Pays-Bas
0
0
0
2
Japon
Japon
0
0
0
3
Suède
Suède
0
0
0
4
Tunisie
Tunisie
0
0
0
Playoffs
Groupe G
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Belgique
Belgique
0
0
0
2
Egypte
Egypte
0
0
0
3
Iran
Iran
0
0
0
4
Nouvelle-Zélande
Nouvelle-Zélande
0
0
0
Playoffs
Groupe H
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Espagne
Espagne
0
0
0
2
Cap Vert
Cap Vert
0
0
0
3
Arabie Saoudite
Arabie Saoudite
0
0
0
4
Uruguay
Uruguay
0
0
0
Playoffs
Groupe I
Équipe
J.
DB.
PT.
1
France
France
0
0
0
2
Sénégal
Sénégal
0
0
0
3
Irak
Irak
0
0
0
4
Norvège
Norvège
0
0
0
Playoffs
Groupe J
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Argentine
Argentine
0
0
0
2
Algérie
Algérie
0
0
0
3
Autriche
Autriche
0
0
0
4
Jordanie
Jordanie
0
0
0
Playoffs
Groupe K
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Portugal
Portugal
0
0
0
2
République Démocratique du Congo
République Démocratique du Congo
0
0
0
3
Ouzbékistan
Ouzbékistan
0
0
0
4
Colombie
Colombie
0
0
0
Playoffs
Groupe L
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Angleterre
Angleterre
0
0
0
2
Croatie
Croatie
0
0
0
3
Ghana
Ghana
0
0
0
4
Panama
Panama
0
0
0
Playoffs
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