La banque centrale suisse a comme attendu laissé jeudi son taux d'intérêt directeur inchangé à 0%, mais a relevé ses prévisions d'inflation face à la hausse des prix des produits pétroliers. Ce statu quo était très largement attendu. Sur les 18 économistes interrogés par l'agence suisse AWP, tous sans exception s'attendaient à ce maintien à 0%.
«Depuis juin, l'inflation a continué d'augmenter, principalement en raison du renchérissement de l'énergie», mais «la pression inflationniste à moyen terme ne s'est que légèrement accentuée», a-t-elle indiqué dans un communiqué. Elle a remonté sa prévision d'inflation pour 2026 à 0,7% (contre 0,6% auparavant), à 0,8% pour 2027 (contre 0,6%) et 0,8% pour 2028 (contre 0,7%).
En août, l'inflation a nettement accéléré, grimpant à 0,8% sur un an, contre 0,4% en juillet, mais reste très inférieure au niveau d'autres pays en Europe.
Bond du PIB
Jeudi, la Banque nationale suisse (BNS) a également relevé sa prévision de croissance pour 2026 compte tenu du bond du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre. Elle table désormais sur une progression du PIB de l'ordre de 1,5% à 2% en 2026, contre environ 1% attendu lors de sa précédente réunion trimestrielle de politique monétaire en juin.
Au deuxième trimestre, le PIB de la Suisse a accéléré à 1,5%, contre 0,5% au premier trimestre, sous l'impulsion des exportations du secteur pharmaceutique, un des piliers de l'économie helvétique.
En amont de la décision de la BNS de maintenir son taux directeur inchangé, GianLuigi Mandruzzato, économiste chez EFG International, avait toutefois prévenu que «la poursuite de cette politique du taux-zéro est moins certaine qu'elle ne l'était encore récemment». La probabilité pour que la BNS remonte ses taux en décembre ou en mars s'est accrue, au vu de l'inflation mais aussi de l'affaiblissement du franc suisse depuis l'été, selon lui.
D'autres économistes étaient allés dans ce sens, dont ceux d'UBS. Dans une note de marché, ils avaient estimé qu'il n'y avait «pas d'urgence pour la BNS» à remonter son taux directeur, l'inflation restant pour l'instant conforme à son objectif, de 0% à 2%. Mais «les risques augmentent», avaient-ils souligné, notamment au vu des prix du pétrole qui ont sensiblement augmenté depuis début septembre avec le regain de tensions au Moyen-Orient.