Des grands patrons détachés
«Je ne me prends pas la tête à regarder le cours de l'action»

Malgré une chute de 33% de son action en cinq ans, le PDG de Nestlé, Philipp Navratil, reste focalisé sur une stratégie à long terme. Il affirme que des mesures court-termistes ne sont pas la solution pour le géant veveysan.
Philipp Navratil, PDG de Nestlé, rejette les mesures à court terme visant à soutenir le cours.
Photo: Keystone
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ATS Agence télégraphique suisse

Les patrons de Roche et de Nestlé ne souhaitent pas diriger leurs groupes en fonction des fluctuations à court terme de la Bourse. Ce qui compte à leurs yeux, ce sont une stratégie à long terme et sa mise en œuvre rigoureuse, ont-ils déclaré dimanche.

Interrogé dans l'émission «Bilanz Standpunkte» diffusée dimanche sur la télévision alémanique SRF, le PDG de Nestlé, Philipp Navratil, considère que l'évolution du cours de l'action reflète la mise en œuvre de la stratégie. Trimestre après trimestre, le groupe doit prouver au marché qu'il est capable de vendre davantage, d'innover davantage et de croître de manière durable.

«Et bien sûr, Nestlé n'y est pas parvenu ces dernières années. Il est donc évident que cela se reflète dans le cours de l'action», affirme-t-il. L'action Nestlé a perdu un tiers de sa valeur au cours des cinq dernières années. Rien que depuis le début de l'année, la baisse s'élève à un peu plus de 3%.

Philipp Navratil a admis que les investisseurs se montraient sceptiques quant à la capacité du groupe veveysan à atteindre ces objectifs. Il s'est toutefois dit convaincu que l'entreprise en était capable. La reprise ne se fera toutefois pas sans heurts.

Pas de mesure à court terme

Le PDG de Nestlé a affirmé qu'il ne consultait «pas tous les jours» le cours de l'action. Il rejette les mesures à court terme visant à soutenir le cours. «C'est pourquoi je ne me prends pas la tête à regarder le cours de l'action pour ensuite prendre des décisions à court terme», dit-il. Son équipe se concentre sur la stratégie, l'amélioration de la mesure de la performance et l'innovation.

Le PDG de Roche, Thomas Schinecker, va dans le même sens. «Et quand on fait cela, le cours de l'action évolue tout seul», assure-t-il. Compte tenu des délais de développement de plus de dix ans pour les médicaments, Roche ne doit pas réagir chaque jour aux fluctuations du cours de son action.

Les actions Roche ont récemment affiché une nette amélioration. Depuis le début de l'année, elles ont progressé de près de 9%, à 356,80 francs. Sur cinq ans, on enregistre une hausse d'environ 4%.

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