La conseillère d'Etat zurichoise Jacqueline Fehr (PS) ne se représentera pas pour un quatrième mandat lors des élections cantonales d'avril 2027. Agée de 62 ans, la ministre de la justice est entrée au gouvernement en 2015. L'ancienne conseillère nationale avait été candidate malheureuse au Conseil fédéral en 2010.
En conférence de presse, Jacqueline Fehr a annoncé mardi sa décision de se retirer de l'exécutif cantonal zurichois en 2027. Elle aura alors passé douze ans au gouvernement. La socialiste en a informé ses collègues conseillers d'Etat et ses collaborateurs dans la matinée.
«A 64 ans, je pourrai encore commencer quelque chose de nouveau, plus vraiment à 68 ans», a invoqué la principale intéressée face aux médias. La ministre a suivi une formation de médiatrice à l'Université de Fribourg et entend fonder à l'avenir sa propre société de conseil, baptisée «Büro für Lösungen» (Bureau des solutions), afin de mener des tables rondes pour le compte de communes et d'institutions et «débloquer des processus».
Réforme de la détention préventive
Durant son mandat à la tête du département de la justice, elle a mené une réforme de la détention préventive. De nombreux prisonniers ont vu leurs conditions rigides de détention assouplies, de ce fait. Jacqueline Fehr a aussi mandaté des enquêtes sur les circonstances des placements forcés (mesures de coercition à des fins d'assistance) jusqu'en 1981.
La ministre a été critiquée pour sa gestion des révélations, en 2022, des fuites de données sensibles survenues au sein du département de la justice avant son mandat. Le rapport d'une commission d'enquête parlementaire, publié à la mi-décembre, a déploré une communication insuffisante de sa part à ce sujet.
Longue carrière sous la Coupole fédérale
Enseignante de profession, Jacqueline Fehr a rapidement fait de la politique son métier. Elue au parlement communal de Winterthour (ZH) en 1990, elle est devenue députée au parlement cantonal un an plus tard. En 1998, elle entrait au Conseil national en cours de législature, comme vient-ensuite. Elle y a siégé durant 17 ans et y a fait partie des ténors de son parti dont elle a été vice-présidente.
Dotée d'un important réseau, la politicienne influente s'est portée candidate, en 2010, à la succession de Moritz Leuenberger au Conseil fédéral. Nommée par le groupe socialiste sur un double ticket avec la Bernoise Simonetta Sommaruga, elle a été nettement battue devant l'Assemblée fédérale.
Priska Seiler Graf dans les starting blocks
En vue de la succession à Jacqueline Fehr, une candidate est déjà sortie du bois. Il s'agit de la conseillère nationale Priska Seiler Graf, candidate malheureuse au gouvernement zurichois en 2023. «Je vais déposer une candidature», a indiqué la politicienne socialiste à Keystone-ATS, tout en ajoutant être «consciente» qu'elle ne serait pas seule dans la course.
Autre conseillère nationale socialiste, Min Li Marti a déclaré que la fonction l'intéressait également et qu'elle réfléchissait à une éventuelle candidature. Le PS avait déjà annoncé qu'il visait deux sièges à l'exécutif cantonal en 2027. Le ministre de la sécurité Mario Fehr a claqué la porte du parti en 2021. Il est encore en fonction et ne s'est pas encore prononcé sur son avenir. Le gouvernement zurichois est composé actuellement de deux UDC, d'une libérale-radicale, d'une centriste, d'une socialiste, d'un Vert et d'un sans-parti.