«On essaie d'étouffer l'affaire!»
100'000 francs de bijoux disparus: des seniors déclarent la guerre à l'aide-ménagère

Une affaire de vols présumés secoue l’Engadine. A Scuol (GR), quatre femmes accusent une aide-ménagère de la Spitex de leur avoir dérobé des bijoux. Selon elles, le préjudice dépasse les 100’000 francs.
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Ces quatre seniors ont été volées. Il leur manque pour plus de 100'000 francs de bijoux au total.
Photo: Sandro Zulian

En bref

  • Quatre femmes de Scuol accusent l'aide-ménagère de la Spitex de vol
  • Selon les femmes, il manque plus de 100'000 francs de bijoux
  • Une procédure pénale est en cours, la Spitex prend la défense de son employée
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Sandro Zulian

A 89 ans, Waltraud* est furieuse contre son aide-ménagère de la Spitex. «Cette femme est vraiment culottée!», lance-t-elle lorsque Blick rencontre les quatre femmes. «Je l’ai même prise sur le fait!» Dans le cadre paisible de la Basse-Engadine, l’affaire commence à faire parler d’elle.

Waltraud, Elfriede* âgée de 83 ans, Christa* âgée de 85 ans et sa fille Andrea* âgée de 64 ans, ont toutes déposé plainte pour vol. «Au total, il nous manque pour plus de 100’000 francs de bijoux», explique Andrea, le visage enfoui dans les mains. Toutes souhaitent garder l’anonymat par crainte de représailles.

Des bijoux disparus dans chaque logement

Entre juin et septembre de cette année, l’aide-ménagère de la Spitex Maria* est venue s'occuper du nettoyage des appartements chez chacune d’elles. «Elle était excessivement aimable», se souvient Christa. «En général, tout le monde est très aimable à la Spitex, mais avec elle, c’était un peu trop.» Chocolats Merci, gâteau aux fraises et même champignons, elle multipliait les petites attentions.

Un jour, alors que Maria faisait le ménage chez elle, Waltraud s’est absentée un court instant, après avoir refermé la porte derrière elle. «A mon retour, la porte de l’appartement était grande ouverte. Maria se tenait à côté du bureau où se trouvaient les bijoux et faisait semblant de changer la lingette du Swiffer.» Peu après, l’aide-ménagère aurait annoncé, bien plus tôt que prévu: «J’ai fini!»

Deux jours plus tard, au moment de préparer ses bijoux pour un voyage, Waltraud découvre que certains ont disparu. «C’est là que je me suis rendu compte qu’il manquait une bague et un bracelet que mon mari décédé m’avait offerts pour nos fiançailles.» Elle pense aujourd’hui avoir surpris l’employée de la Spitex en plein vol. «Mais sur le moment, je ne l’ai pas réalisé.»

Waltraud alerte immédiatement ses voisines, chez qui Maria avait également fait le ménage. Toutes constatent alors que des bijoux manquent. Chez Elfriede, une précieuse pépite d’or montée en pendentif a disparu. Un souvenir irremplaçable de son époux, lui aussi décédé. «Mon mari me l’avait rapportée d’Alaska.»

«Nous ne pouvons rien faire»

Les trois retraitées et Andrea portent plainte, mais affirment s’être d’abord heurtées à l’indifférence de la police et de la Spitex. «Nous ne pouvons rien faire, il n’y a pas de preuves», leur auraient répondu les forces de l’ordre, selon Andrea. La réaction de la Spitex aurait été condescendante. «La femme au téléphone a ri quand je lui ai exposé l’affaire et a simplement dit: ‹Et maintenant?›», raconte Andrea.

La Spitex à Scuol GR.
Photo: Sandro Zulian

Selon les quatre femmes, la valeur des bijoux disparus dépasse légèrement les 100’000 francs. Colliers, boucles d’oreilles, bracelets, chaînes, montres et bagues manquent à l’appel. Certaines pièces sont uniques et irremplaçables.

Toutes se sentent abandonnées. «On essaie simplement d’étouffer l’affaire», estime Andrea. Elles affirment être sans nouvelles de la police et de la Spitex depuis des mois. Selon des informations qui leur sont parvenues, Maria travaillerait toujours pour l’organisation.

Le Ministère public confirme une procédure pénale

La police cantonale des Grisons ne se prononce pas sur l’affaire. Le Ministère public confirme toutefois, par la voix de son porte-parole Franco Passini, qu’une procédure pénale pour vol est en cours contre l’employée de la Spitex.

«Une perquisition a eu lieu début septembre. Les investigations policières sont toujours en cours», précise-t-il. A réception du rapport de police, le Ministère public décidera de la suite à donner au dossier. «Il examinera notamment s’il convient de rendre une ordonnance pénale, de renvoyer l’affaire devant un tribunal ou de classer la procédure.»

Maria n'est pas en service

Interrogée par Blick, Rebekka Hansmann-Zehnder, directrice des soins et de l’accompagnement au Centre de santé de la Basse-Engadine (CSEB), confirme avoir connaissance de la plainte et de l’enquête. «La protection de nos clientes et clients est notre priorité absolue. Nous prenons donc très au sérieux tout élément qui pourrait signaler des irrégularités.»

Rebekka Hansmann-Zehnder, directrice des soins au Centre de santé de la Basse-Engadine (CSEB).
Photo: zVg

La responsable souligne que Maria travaille pour l’organisation depuis de nombreuses années et qu’elle est appréciée pour son engagement professionnel. «Il n’y a jamais eu de réclamation jusqu’à présent», affirme Rebekka Hansmann-Zehnder.

Maria ne travaille toutefois pas actuellement. «Par mesure de précaution, sans préjuger de sa culpabilité et aussi pour sa propre protection, l’employée ne travaille pas jusqu’à ce que les accusations soient clarifiées.»

La prévenue n’a pas répondu aux différentes sollicitations de Blick. Elle bénéficie de la présomption d’innocence. Les quatre femmes ont peu d’espoir de retrouver leurs bijoux. Elfriede en est convaincue: «Ils ont été fondus depuis longtemps!»

*Noms modifiés

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