Il manque encore 15'000 signatures
Le congé parental suisse de 18 semaines est au bord de l'échec

L’initiative «Temps pour la famille» n’a plus qu’un mois pour réunir les 15’000 signatures manquantes. Elle réclame 18 semaines de congé parental rémunéré pour chaque parent et veut aussi répondre à la pénurie de personnel qualifié.
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Un congé parental suffisamment long et rémunéré pour les mères et les pères: c'est ce que réclame une nouvelle initiative.
Photo: Keystone
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Daniel Ballmer

La situation devient critique pour l’initiative «Temps pour la famille». «Il manque encore environ 15’000 signatures», confirme Florence Brenzikofer, co-initiatrice du texte et conseillère nationale des Vert-e-s. «Et il ne nous reste plus beaucoup de temps.» Les 100’000 signatures nécessaires doivent être réunies d’ici à la fin août.

Les initiants veulent également prévoir une marge de sécurité afin de compenser d’éventuelles signatures invalides. Ils sont dans la rue presque tous les jours. La tâche est toutefois compliquée par le fait que l’Alliance récolte en parallèle des signatures pour plusieurs référendums, notamment contre la construction de nouvelles centrales nucléaires et contre l’accord de libre-échange avec la Malaisie.

«S’engager en faveur d’une société progressiste demande des forces sur plusieurs fronts, explique Florence Brenzikofer. Le sprint final est donc d’autant plus important.»

Lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée

En théorie, les initiants ont jusqu’au 1er octobre pour déposer leur texte. Mais la vérification des signatures prend du temps, notamment depuis la découverte de faux paraphes lors de plusieurs initiatives populaires précédentes. La récolte en faveur du congé familial doit donc s’achever plus tôt.

L’initiative «Temps pour la famille» réclame un congé parental rémunéré et suffisamment long pour les mères comme pour les pères après la naissance de leur enfant. Elle prévoit 18 semaines pour chacun des deux parents, qui devraient en principe les prendre l’un après l’autre. Un quart du congé au maximum pourrait être pris en même temps.

Le dispositif serait financé par le régime des allocations pour perte de gain. Selon une étude d’Ecoplan, son coût annuel atteindrait environ un milliard de francs. Les auteurs du texte veulent favoriser dès le départ une répartition plus équilibrée des tâches familiales et éducatives. Les mères pourraient ainsi reprendre leur activité professionnelle à un taux plus élevé, tandis que l’autre parent s’occuperait du nouveau-né. Les initiants voient également dans ce congé parental un moyen de lutter contre la pénurie de personnel qualifié.

«Urgent d'agir»

«La baisse alarmante du taux de natalité en Suisse montre qu’il est urgent d’agir, souligne Florence Brenzikofer. La politique familiale doit enfin avancer.» Les partisans du texte veulent aussi défendre une proposition susceptible de réunir une majorité politique. Selon eux, l’initiative est bien accueillie par les jeunes et favorise l’égalité. Les jeunes pères en profiteraient tout particulièrement, tandis que les écarts salariaux entre les femmes et les hommes pourraient se réduire.

L’initiative populaire a été lancée par Alliance F, les Vert-e-s, les Vert’libéraux, Travail.Suisse et les Femmes du Centre. Ensemble, ils ont fondé l’association «Initiative pour le temps en famille», chargée de porter le projet. Le PS, le PEV et plusieurs autres organisations les soutiennent également.

L’idée d’un congé parental rémunéré pour les mères et les pères est débattue depuis des années. Aujourd’hui, les mères qui exercent une activité professionnelle ont droit à 14 semaines de congé maternité indemnisé. En 2020, la population suisse a par ailleurs accepté l’introduction de deux semaines de congé paternité, entré en vigueur au début de l’année 2021.

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