En bref
- Lors de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, Ignazio Cassis a affirmé que la Suisse poursuivrait ses efforts diplomatiques avec l'Iran et dans le conflit en Ukraine. Berne se positionne comme facilitateur, mais reconnaît manquer du pouvoir politique et militaire des Etats-Unis.
- Depuis 1980, la Suisse joue un rôle clé en représentant les intérêts américains en Iran, maintenant un canal de communication essentiel entre Washington et Téhéran, même en temps de crise. Cassis a également rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères pour renforcer ce dialogue.
- En février, un mécanisme de consultation a été établi au Forum de Davos pour encourager la coopération entre les membres du Conseil de coopération du Golfe. Concernant l'Ukraine, la Suisse, en tant que présidente de l’OSCE, offre ses compétences diplomatiques mais estime que la médiation dépend des Etats-Unis.
La Suisse entend continuer à utiliser ses canaux diplomatiques avec l'Iran et les parties au conflit en Ukraine afin de débloquer les processus qui sont au point mort. C'est ce qu'a déclaré le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.
Berne peut faciliter les discussions et donner l'impulsion nécessaire aux premières démarches, mais elle ne dispose pas du pouvoir politique et militaire des Etats-Unis pour contraindre les parties au conflit à trouver un compromis, a déclaré Ignazio Cassis.
«Sans les Etats-Unis, il ne se passe pas grand-chose sur cette planète», a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères devant des représentants des médias à New York. Le discours du président américain Donald Trump montre clairement le rôle que les Etats-Unis veulent et peuvent jouer, a déclaré Ignazio Cassis. Il a ajouté: «Malgré toutes leurs faiblesses, malgré un style qui ne nous plaît peut-être pas et malgré un choix de mots qui n’est pas toujours approprié.»
Cela vaut aussi bien pour la région du Golfe que pour la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Pour qu’un processus de paix aboutisse, il faut non seulement de la diplomatie, mais aussi la force politique et militaire nécessaire pour amener les parties au conflit à prendre les mesures qui s’imposent.
Canal de communication avec l’Iran
Depuis 1980, la Suisse représente les intérêts des Etats-Unis en Iran. Ce rôle a contribué à maintenir un canal de communication entre Washington et Téhéran, même dans les moments difficiles. A New York, Ignazio Cassis a également rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Grâce à son accès à l’Iran, la Suisse peut faciliter les discussions de manière discrète. Il ne s'agit pas de conclure des accords spectaculaires, mais de permettre tout simplement l’établissement d’un dialogue.
Selon le Tessinois, les échanges avec le Conseil de coopération du Golfe, dont font partie l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et Oman, doivent être renforcés compte tenu de l’imbrication régionale croissante du conflit au Proche-Orient. En février, un mécanisme de consultation a été convenu lors du Forum économique mondial de Davos. Les Etats participants doivent échanger régulièrement leurs points de vue sur des questions politiques et explorer d’éventuelles actions communes.
Efforts pour l'Ukraine
Concernant la guerre entre la Russie et l’Ukraine, Ignazio Cassis considère que le rôle de la Suisse réside également avant tout dans les efforts diplomatiques. En tant que présidente en exercice de l’OSCE, la Suisse pourrait mettre à profit les instruments et l’expérience de l’organisation pour soutenir une solution négociée. La médiation proprement dite entre Moscou et Kiev doit pour l’instant émaner des Etats-Unis.
Selon Ignazio Cassis, le principal obstacle à la paix est le manque de volonté des deux Etats de faire un pas décisif. Les deux parties ont toujours l’impression de pouvoir gagner la guerre par la voie militaire. Ignazio Cassis a représenté la Suisse lors de l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, aux côtés du président de la Confédération Guy Parmelin. Les deux conseillers fédéraux rentrent en Suisse mercredi soir.