Le monde est à nouveau régi par la force, a estimé jeudi la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter à la télévision SRF en marge du Forum économique mondial (WEF) de Davos (GR). «Nous sommes de retour dans une ère de politique de puissance brutale et assez éhontée.»
«On est bien sûr inquiet, moi aussi, de ce qui se passe. Ce n'est pas à l'avantage de la Suisse», a ajouté Karin Keller-Sutter lors de l'émission «Gredig direkt» de la télévision publique alémanique. «Mais, en fin de compte, nous ne pouvons rien y changer. Nous devons essayer de nous comporter le mieux possible dans le monde.»
La ministre des Finances constate que le pouvoir est à nouveau concentré entre les mains d'une poignée d'acteurs, les Etats de taille moyenne comme l'Allemagne et les petits Etats comme la Suisse se retrouvant marginalisés. Sur le plan politique, la Suisse n'est pas puissante et est donc «pleinement exposée à cette tempête», relève Karin Keller-Sutter.
Un contre-mouvement
Dans ce contexte, elle préconise de défendre «en premier lieu les intérêts de la Suisse. Mais pour défendre ces intérêts, il faut aussi dialoguer avec les autres.»
La conseillère fédérale remarque cependant l'apparition d'un contre-mouvement à la politique de puissance actuelle. «Il existe également un mouvement de pays qui n'ont peut-être pas toujours été très proches, mais qui se rapprochent parce qu'ils veulent contrecarrer cette tendance», ajoute-t-elle, soulignant qu'il existe une grande volonté de coopération.
La libérale-radicale st-galloise observe également que les distorsions ne sont «pas si importantes» malgré la politique de droits de douane menée par le président américain. Cette politique, poursuit la conseillère fédérale, est, certes, préjudiciable aux entreprises suisses, aux chaînes d'approvisionnement et à l'économie mondiale dans son ensemble, mais comme les autres pays ne prennent pas de contre-mesures, les effets peuvent être maîtrisés. L'émission télévisée a été enregistrée mercredi avant le discours du président américain au WEF.