Pouvoir d'achat en berne
Trop, c'est trop! Les employés de commerce réclament une importante hausse des salaires

L'Association suisse des employés de commerce réclame une augmentation salariale de 2,2%, voire davantage pour les bas salaires. Elle entend ainsi préserver un pouvoir d'achat mis à mal ces dernières années.
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L'Association suisse des employés de commerce réclame une augmentation salariale de minimale de 2,2%.
Photo: Sven Thomann
Mischa Stünzi

Caisses maladie, loyers, énergie: en Suisse, tout coûte toujours plus cher! Cette hausse incessante du coût de la vie pèse particulièrement lourd sur les ménages à revenus modestes et moyens, qui ne parviennent plus à faire la moindre économie, même en se serrant la ceinture.

La Société suisse des employés de commerce (SEC) a donc décidé de passer à l'offensive avec une consigne claire: «Fini l'amenuisement du pouvoir d'achat.» Selon les informations de Blick, le syndicat devrait exiger une hausse salariale de 2,2% pour l'année prochaine, et ce pour l'ensemble des secteurs de l'économie. Sa revendication dépasse ainsi celle de l’organisation faîtière Travail.Suisse, laquelle a réclamé en début de semaine une augmentation de 2%.

Pour les bas salaires, l'association faîtière veut même aller plus loin: toute personne gagnant moins de 5000 francs par mois devrait obtenir une revalorisation mensuelle de 110 francs. Pour un salaire d'embauche de 4500 francs, cela représenterait une hausse de plus de 2,4%.

Trop faible compensation de l'inflation

Mais comment justifier de telles exigences alors que l'inflation en Suisse stagne nettement sous la barre du 1% depuis des années? «Un faible taux d'inflation ne garantit pas à lui seul la stabilité du pouvoir d'achat. Ce qui compte, c'est ce qu'il reste aux gens une fois leurs charges courantes payées», explique Pascal Lamprecht, responsable à la SEC.

S'appuyant sur plusieurs études, il relève qu'entre 2016 et 2025, le revenu disponible de la classe moyenne a reculé, notamment en raison du poids disproportionné des primes d'assurance maladie. Pascal Lamprecht fait également valoir la nécessité d'un ajustement: ces dernières années, certains employeurs se sont montrés particulièrement réticents à compenser le renchérissement.

«Sans une compensation intégrale de l'inflation, le pouvoir d'achat réel diminue – même en réduisant sa consommation», souligne-t-il, avant de mettre en garde: «C'est un poison pour l'économie.»

Négociations compliquées en vue

Les négociations salariales se déroulent cette année dans un contexte particulièrement délicat: le secteur financier supprime massivement des postes, tandis que l'intelligence artificielle remplace de plus en plus le travail humain dans les bureaux. Ces tendances négatives se reflètent dans les statistiques du chômage: les employés de bureau font face aujourd'hui à un taux de chômage de 3,6%, soit nettement plus que la moyenne suisse établie à 3%.

Sans surprise, Pascal Lamprecht s'attend à des négociations âpres cet automne. Mais, comme il le rappelle, «il n'y a jamais d'année facile». Selon lui, l'argument de l'IA n'est parfois qu'un prétexte: «Certaines entreprises se servent de l'essor de l'IA pour justifier des restructurations qui étaient de toute façon prévues.»

Le KOF table sur 1,2%

Du côté du patronat, quelles sont les attentes pour les échéances à venir? Selon un sondage réalisé par le KOF, le Centre de recherches conjoncturelles de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, les entreprises tablent sur une hausse salariale moyenne de 1,2%. Pour la quasi-totalité des secteurs, elles prévoient des augmentations légèrement inférieures à celles accordées l'an dernier.

Les employés de la construction devraient être les mieux lotis. De son côté, Pascal Lamprecht estime que des mesures urgentes s'imposent tout particulièrement dans le secteur du commerce de détail.

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