Le livreur de repas Smood, basé à Plan-les-Ouates (GE), envisage de cesser ses activités. L'entreprise, présente dans 25 villes suisses et qui occupe 400 livreurs dans le pays, ouvre une phase de consultation de 20 jours avec son personnel et de négociations d'un plan social.
Malgré une série de mesures de restructuration, les résultats financiers des derniers mois sont inférieurs aux objectifs fixés, «sans perspective de retour à la profitabilité», a annoncé mardi Smood dans un communiqué, sans communiquer de chiffres. L'entreprise, détenue par Migros Genève, relève qu'elle «opère dans un marché concurrentiel particulièrement tendu et marqué par une concentration des acteurs au niveau international.»
Des mesures détaillées seront prises à l'issue de la procédure de consultation et de négociation, écrit Smood, qui ajoute tout mettre en oeuvre pour assister ses partenaires dans la recherche d'une solution après «l'arrêt éventuel de ses activités». Pour l'heure, l'entreprise poursuit ses activités «normalement». La date d'une cessation «est à confirmer si aucune solution alternative n’est trouvée», a-t-elle précisé.
«Concurrence déloyale»
Syndicom appelle Migros à assumer pleinement sa responsabilité sociale en proposant des alternatives internes ou externes au licenciement. Et en cas de suppressions d'emplois, le syndicat exige «le meilleur plan social possible avec des indemnités de départ substantielles, des mesures professionnalisantes et un fond pour les cas de rigueur.»
Pour le syndicat, «c'est tout un secteur qui s'enfonce. Après Quickpac, Quickmail, DMC, Notime et Familie Wiesner Gastronomie, Smood devient le dernier symbole d’un marché en voie de consolidation brutale, où les travailleuses et travailleurs paient le prix fort.»
Alors que les employés de Smood sont des salariés, Syndicom dénonce les modèles «fondés sur la fausse indépendance des travailleurs et l'évitement des assurances sociales», à l'instar d'Uber. Virginie Zürcher, coresponsable du syndicat pour la Suisse romande, relève que seuls les cantons de Genève et de Vaud appliquent l'arrêt du Tribunal fédéral qui considère les sociétés de livraison de repas comme une entreprise de location de services, tenue de payer les charges sociales, «d'où une concurrence déloyale».