Attentat au Burkina Faso
Il y a 10 ans, deux ex-politiciens valaisans étaient assassinés

Le 15 janvier 2016, une attaque djihadiste à Ouagadougou faisait 29 morts, dont les Valaisans Jean-Noël Rey et Georgie Lamon. Dix ans après, Lens leur a rendu hommage lors d'une cérémonie émouvante.
Il y a 10 ans au Burkina Faso, les Valaisans Jean-Noël Rey et Georgie Lamon étaient tués dans un attentat.
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

Le 15 janvier 2016, une attaque djihadiste perpétrée dans un restaurant de Ouagadougou (Burkina Faso) faisait 29 morts. Parmi les victimes, deux ex-politiciens valaisans: Jean-Noël Rey (66 ans) et Georgie Lamon (82 ans), présents sur place pour raisons humanitaires.

Dix ans jour pour jour après leurs tragiques disparitions, la commune de Lens a organisé jeudi soir une cérémonie commémorative, en hommage aux victimes de ce jour funeste. Celle-ci a été orchestrée par le président de la commune du Haut-Plateau, David Bagnoud, neveu de Georgie Lamon.

Homme engagé

«Georgie Lamon était mon oncle et mon parrain. Au-delà de l’homme engagé que beaucoup connaissaient, il était pour moi une présence, un exemple, une exigence silencieuse de rester fidèle à ses valeurs et de ne jamais détourner le regard de ceux qui ont besoin d’aide», a résumé David Bagnoud. «Dix ans après, Georgie ne se résume pas à une tragédie. Il est une trace, un héritage, une invitation à continuer. Continuer à s’engager, à bâtir, à défendre ce qui compte.»

Au moment de leur assassinat, les deux amis étaient au Burkina Faso pour inaugurer la cantine d'une école financée par l'association Yelen créée par Georgie Lamon. Oeuvrant pour le pays depuis les années 1990, ce dernier avait été rejoint par Jean-Noël Rey. Tous deux avaient levé des fonds pour soutenir l'école. Dans les années 1990, Georgie Lamon avait lancé, au Burkina Faso, un projet d'aide à l'alphabétisation et à l'éducation d'enfants.

Visite officielle à Lens

Il y a dix ans, l’attentat avait été fermement condamné par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Le président du gouvernement valaisan Jacques Melly avait dit «son incompréhension et sa colère devant ces actes absurdes. On ne tue pas ceux qui nous viennent en aide». Le 29 janvier 2016, près de 1000 personnes avaient rendu hommage à Jean-Noël Rey et à Georgie Lamon à la cathédrale de Sion.

En mars 2017, une délégation venue du Burkina Faso, emmenée par le président de l'Assemblée nationale Salifou Diallo, s'était rendue à Lens en visite officielle pour rendre hommage à Jean-Noël Rey et à Georgie Lamon.

Du PS à la Poste suisse

Licencié en sciences économiques et en sciences sociales, Jean-Noël Rey a mis ses compétences au service du Parti socialiste. En 1976, il devient secrétaire du groupe aux Chambres fédérales, puis se retrouve collaborateur personnel du conseiller fédéral soleurois Otto Stich avant de passer à la direction générale de la Poste de 1990 à 1998. Il avait ensuite siégé au Conseil national de 2003 à 2007. Avant son décès, il présidait la chambre de commerce France-Suisse.

Douze ans au Grand Conseil

Autre habitant du Haut-Plateau, Georgie Lamon a également été une figure marquante du PS, en Valais. Président du Parti socialiste du district de Sierre dans les années 1980, sa carrière politique l'a mené à siéger durant douze ans au Grand Conseil (1989-2001). Après sa retraite, il est resté très actif et s'est engagé en faveur du patrimoine de sa commune de Lens.

Enseignant de formation et diplômé de pédagogie curative, l'homme a dirigé durant 30 ans le centre ORIF (l'organisation romande d'intégration et de formation). Il a toujours défendu la cause des plus faibles, les personnes handicapées en tête. Il fut aussi président la section valaisanne de l'Association suisse d'aide aux handicapés mentaux.

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