Jusqu'à 5% de hausse pour 2027
Les Suisses renoncent à choisir leur médecin face aux primes

La prime moyenne d'assurance maladie pourrait franchir les 400 francs par mois en 2027, avec une hausse attendue de 5%. Les Suisses semblent prêts à des sacrifices pour alléger cette charge.
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Face à l'alourdissement des primes, les assurés sont de plus en plus disposés à faire des sacrifices.
Photo: keystone-sda

En bref

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  • La ministre de la Santé Elisabeth Baume-Schneider annoncera la semaine prochaine une hausse des primes d'assurance maladie pour 2027, estimée jusqu'à 5%. Cette augmentation portera la prime standard moyenne au-delà de 400 francs par mois, une première en Suisse.
  • Une étude GFS montre que 65% des assurés accepteraient une restriction du libre choix des hôpitaux pour réduire les coûts, soit une hausse de 16% par rapport à 2025. Les Suisses se montrent aussi favorables à des ajustements, comme une pénalité pour les urgences mineures (80% d'approbation).
  • Les Suisses seraient prêts à payer 33 francs de plus par mois pour améliorer l'accès aux médicaments innovants, portant leur disponibilité à 90%. Actuellement, seulement 50 % de ces médicaments sont accessibles rapidement dans le cadre de l'assurance de base obligatoire.
Ruedi Studer

La semaine prochaine, la ministre de la Santé Elisabeth Baume-Schneider présentera les nouvelles primes d'assurance maladie pour 2027. Une chose est sûre: une fois de plus, les assurés vont être frappés de plein fouet par cette hausse. Cette fois, l'augmentation devrait atteindre les 5%. Après les 4,4% enregistrés cette année, il s’agit donc à nouveau d’une envolée considérable. La prime standard moyenne devrait ainsi dépasser pour la première fois les 400 francs par mois!

Face à l’alourdissement de la charge des primes, les assurés sont de plus en plus disposés à faire des sacrifices, d'après le nouveau baromètre de la santé GFS réalisé pour Interpharma. Afin de réduire les coûts de la santé, 65% des 1046 personnes interrogées accepteraient une restriction du libre choix de l’hôpital – soit 16% de plus que l’année dernière. Le renoncement au libre choix du médecin recueille également 57% d’avis favorables, contre seulement 43% l’année dernière.

La disposition au compromis augmente

Même l’acceptation d’une réduction du catalogue des prestations de l’assurance de base est passée de 36 à 50%, à condition que cette réduction permette de réaliser des économies réelles. Les auteurs de l’étude constatent parmi les personnes interrogées «une volonté de compromis nettement accrue» lorsqu’il s’agit de restrictions. «La pression sur les coûts modifie ainsi les limites de ce qui est politiquement faisable.»

Les électeurs ne réclament certes pas une réduction générale des prestations, mais se montrent de plus en plus ouverts au changement. De même, l’idée selon laquelle «il faut miser davantage sur la responsabilité de chacun» au sein du système de santé gagne du terrain.

La redevance pour les urgences mineures est bien accueillie

La population se montre plus ouverte aux ajustements – même douloureux – aussi dans d’autres domaines. Près de 80% se prononcent en faveur d’une pénalité financière pour les cas mineurs aux urgences hospitalières. 69% estiment que les médicaments prescrits pour des affections mineures devraient être payés de leur poche.

56% se déclarent d’accord avec des mesures automatiques de maîtrise des coûts. 62% se montrent favorables à une caisse maladie à budget (avec un catalogue de prestations allégé), et 54% à une caisse unique.

Cependant, il semble que la population ne sache pas toujours exactement ce qu’elle veut, comme le laissent supposer certains résultats de sondages. Ainsi, 67% se déclarent d’accord avec le système des primes par tête, c’est-à-dire des primes identiques pour tous. Dans le même temps, 63% approuvent l’idée de primes liées aux revenus.

Toutefois, sur le long terme, les primes par tête ont nettement perdu du terrain, tandis que les primes en fonction des revenus rencontrent un succès croissant. L’initiative sur les rabais de primes prévue par le parti socialiste touche donc une corde sensible.

Malgré tout, les assurés fixent des limites claires: 53% s’opposent à une augmentation de la franchise minimale actuelle de 300 francs, comme le prévoit actuellement le Parlement. De même, la moitié d’entre eux rejette les modèles d’assurance avec point de contact unique.

Les médicaments innovants peuvent coûter cher

Néanmoins, les assurés disent être tout à fait disposés à payer plus pour accéder à des traitements innovants très efficaces, mais plus coûteux. Les trois quarts plaident en faveur d’un accès égal pour tous, indépendamment des coûts. Dans le même temps, 44% estiment que le système de santé suisse ne peut pas se permettre un accès illimité à ces traitements.

En Suisse, par rapport à l’Allemagne, une bonne moitié des médicaments innovants ne sont utilisés que tardivement dans le cadre de l’assurance de base obligatoire, voire pas du tout pour des raisons de prix. Une étude complémentaire réalisée par Swiss Economics a évalué la disposition à payer pour un meilleur accès aux médicaments innovants.

Résultat: pour faire passer le taux de disponibilité de 50 à 90%, comme en Allemagne, les assurés seraient prêts à supporter des dépenses supplémentaires de 33 francs par mois en moyenne. Pour compenser une baisse de ce taux à 30%, les assurés souhaiteraient recevoir une compensation moyenne de 58 francs par mois.

L’importance de la qualité des soins

Pour bénéficier d'un accès immédiat au lieu du délai actuel d'environ sept mois entre l'autorisation de mise sur le marché et la décision de prise en charge, les assurés seraient prêts à payer en moyenne 17 francs par mois. Un délai de 24 mois devrait être compensé par 64 francs. Pour le scénario de réforme complet, avec une disponibilité à 90% et un remboursement immédiat, cela représente environ 50 francs par mois, soit 600 francs par an.

«Les résultats montrent que la population accorde une grande importance à l’accès aux médicaments innovants», commente René Buholzer, directeur général d’Interpharma. «Une politique de santé moderne devrait donc évaluer les innovations non seulement sous l’angle des coûts, mais aussi en tenant compte de la qualité des soins.»

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