En bref
- Zurich limite les locations de courte durée dans les zones résidentielles depuis le 1er septembre.
- La mesure vise à lutter contre la pénurie aiguë de logements.
- Airbnb conteste l'efficacité de la mesure – aucun effet sur la disponibilité des logements.
A Zurich, la pénurie de logements pousse les autorités à durcir le ton. Depuis le 1er septembre, les locations de courte durée via des plateformes comme Airbnb sont strictement interdites dans les zones résidentielles.
La nouvelle réglementation ne bannit pas totalement Airbnb, mais encadre plus strictement ces locations de courte durée. Les résidences secondaires louées temporairement, notamment via Airbnb ou comme appartements professionnels, ne peuvent désormais plus être prises en compte dans le quota minimal de logements imposé par le règlement de construction et de zonage. Elles sont désormais étiquetées par la ville comme des locaux commerciaux. Par conséquent, chaque appartement professionnel situé en zone résidentielle doit faire l’objet d’une demande officielle de permis de construire.
Lutter contre la pénurie de logements
Avec cette interdiction partielle, la ville cherche à créer davantage de logements abordables pour ses habitants. Airbnb Suisse conteste toutefois l’idée que les appartements professionnels contribuent à la pénurie de logements dans le pays. «Airbnb n'a pas d'influence notable sur la disponibilité ou l'accessibilité financière des logements en Suisse», indique l'entreprise, s'exprimant pour la première fois sur cette mesure zurichoise.
Selon un rapport publié en 2025 par Airbnb Suisse, les logements réservés au moins 90 nuits par an sur la plateforme ne représentent que 0,14% du parc immobilier national. Cette proportion serait toutefois nettement plus élevée à Zurich.
Airbnb riposte
La ville de Zurich estime qu’environ 5300 logements Airbnb et appartements professionnels ont été loués en 2025. Près de la moitié seraient concernés par l’interdiction. Airbnb Suisse ne fournit pas de données détaillées sur les annonces et considère prématuré de se prononcer sur les effets concrets de cette nouvelle réglementation.
Airbnb précise toutefois qu'une majorité des hôtes suisses et zurichois sont des «homeshareurs», soit des particuliers qui louent occasionnellement leur propre logement. La plateforme affirme que cette pratique ne réduit pas l’offre de logements sur le marché résidentiel.
Barcelone serre la vis depuis plus de dix ans
Zurich n'est pas la première ville à lutter contre la pénurie de logements et les loyers élevés en tapant sur les doigts d'Airbnb. A Barcelone, un moratoire sur les nouvelles locations de courte durée est en vigueur depuis 2014. La capitale catalane prévoit même d'interdire totalement les locations touristiques via Airbnb dès 2028. Pour y parvenir, elle ne renouvelle plus les licences existantes des logements de vacances.
Mais cette mesure n'a pas eu de réelle influence sur l'explosion des loyers barcelonais. Selon Airbnb, le nombre d’annonces sur la plateforme a diminué de 24% entre 2018 et 2024, tandis que les loyers de longue durée ont bondi de 37% sur la même période, contre 9% en moyenne en Espagne.
A Amsterdam, le nombre d'annonces Airbnb a également nettement diminué après l'introduction de restrictions strictes sur les locations de courte durée. Selon la plateforme, leur nombre a dégringolé de 54% entre 2019 et 2024. Pour autant, les loyers ont augmenté de 34% au cours de la même période, contre 13% au niveau national.
La réglementation coûte 650'000 francs
La mise en œuvre de la nouvelle réglementation représente un investissement conséquent pour Zurich. Cinq postes à plein temps ont été approuvés pour assurer les contrôles, pour une durée limitée à trois ans. Les coûts de personnel supplémentaires s’élèvent à 650'000 francs par an. Depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction partielle, 337 dénonciations ont déjà été déposées.
Reste à savoir si, à moyen et long terme, cette mesure contribuera à soulager le marché du logement zurichois ou si son effet restera marginal face à l’ampleur de la pénurie.