Mon entourage n’apprendra rien en lisant ces lignes, je suis nulle en anglais. Tellement nulle, que j’évite comme la peste toutes interactions avec une personne qui parle la langue de Shakespeare.
Je pensais être la seule à péniblement baragouiner une succession de mots et de verbes mal conjugués. Eh non! Ce mercredi 8 novembre, le leader des séjours linguistiques Education First (EF) a publié une enquête menée sur plus de 2,2 millions de personnes à travers le monde. Basée sur son English Proficiency Index (EPI), l’étude dévoile ses entrailles, et surprise: la Suisse est mauvaise élève.
Un recul depuis plusieurs années
Les Romands sont particulièrement mauvais au niveau national: 13e place pour Neuchâtel, 14e pour Vaud, 15e pour Genève, 16e pour le Valais et 17e pour Fribourg. Plus aucun canton de notre côté de la Sarine n’affiche un niveau élevé, comme c’était encore le cas encore en 2022.
Me voilà presque soulagée. J’ai toutefois refait le test pour vous: 15 minutes de lecture et d’écoute, dont la succession de QCM m’a rappelé des mauvais souvenirs d’école. Et c’est véridique, je suis (toujours) nulle. Et même plus nulle que la moyenne suisse — voir image ci-dessous. Aïe.
EF place la Suisse au 30e rang sur 113 pays, avec un niveau national moyen-élevé qui équivaut plus ou moins au B2 — le niveau de compétence que l’on est censé obtenir à la fin de l’enseignement post-obligatoire. Et pourtant, j’ai eu 4 à ma maturité en 2017. Comme quoi, les notes ne font pas toujours les compétences…
Plus concrètement, Les Suisses allemands (578) sont meilleurs que les Romands (523), avec en dernière position les Italophones (496). De manière générale, les personnes de sexe masculin semblent meilleures que celles de sexe féminin.
Le niveau est calculé ainsi:
Faible: entre 450 et 500 points
Moyenne: entre 500 et 550 points
Élevée: 550 et 600 points
Très élevée: plus de 600 points
En Suisse, seule Bâle-Ville indique un niveau très élevé avec un score montant à 638. Alors que l’année dernière, il y avait encore trois cantons germanophones.
L’étude révèle surtout une dégringolade des compétences linguistiques sur ces quatre dernières années. En effet, la Suisse brillait encore au 14e rang il y a peu. L’étude émet de vagues explications à ce recul, notamment la perte de l’apprentissage due au confinement et à la pandémie.
La faute au Covid?
Contactés par Blick, ni le Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse (DIP) à Genève, ni son homologue vaudois, le Département de l’enseignement et de la formation professionnelle (DEF) n’ont souhaité réagir directement aux résultats de l’étude faite par l’entreprise privée. Pour en savoir davantage, il faut lire les mots du directeur romand d’EF, Laurent Morel, dans les colonnes de «24 heures».
Le patron, qui prêche sans doute pour sa paroisse, fait notamment remarquer l’influence du Covid sur le niveau d’anglais chez les jeunes, et particulièrement pour la tranche d’âge 16-24 ans. Ce sont les clients cibles des séjours linguistiques de EF, mais également ceux qui ont été le plus touchés par le confinement, empêchant, par exemple, les voyages à l’étranger. Les graphiques réalisés par le géant linguistique le montrent d’ailleurs: à partir de 2019/2020, c’est la chute libre – correspondant ainsi à l’interruption des systèmes éducatifs à cause des confinements.
Maigre consolation, mon niveau d’anglais (et le vôtre sûrement) ne pourra pas être pire que celui du conseiller fédéral Guy Parmelin avec sa célèbre intervention en 2015 à la RTS: «I can english understand, but… mais je préfère répondre en français.» Ou celui de l’ancien président français François Hollande: «Be proud of you, because, you can be do what we want to do.»