Deux facteurs sont décisifs
De nombreux salariés suisses veulent changer de travail à cause du stress

Trop peu de reconnaissance, trop de boulot... de nombreux employés se sentent stressés au travail et veulent changer, selon une récente étude. Mais les entreprises ne font pas grand-chose pour y remédier.
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Près de 90% des demandeurs d'emploi sur le marché du travail se sentent stressés dans leur job.
Photo: Shutterstock

Les employeurs sont-ils trop peu attentifs aux besoins de leurs employés? C'est du moins l'impression que donnent les résultats d'une récente étude du cabinet de conseil en ressources humaines Michael Page. Selon cette publication, près 89% des demandeurs d’emploi présents sur le marché suisse seraient stressés par leur travail. Le cabinet de recrutement a interrogé près de 3500 demandeurs d'emploi dans le monde, dont 174 en Suisse.

Le stress que peut ressentir les employés est provoqué par deux facteurs. Premièrement, 38% trouvent que leur employeur ne leur accorde pas assez de reconnaissance. Deuxièmement, la charge de travail est aussi un sujet de préoccupation majeur. Ainsi, près d'un tiers des personnes interrogées estiment qu'on leur impose trop de travail.

Au cours des derniers mois, de nombreuses grandes entreprises comme Sunrise, le groupe de technique Dormakaba, Nestlé ou le fabricant de machines de filature Rieter ont procédé à d'importantes suppressions de postes ou en ont annoncé, comme Novartis récemment. Dans de tels cas, la charge de travail augmente souvent pour le personnel restant.

Les employeurs font peu de choses

Dans l'étude de Michael Page, une personne sur cinq indique avoir quitté son ancien emploi en raison du stress au travail. 30% indiquait que malgré le stress, ils avaient conservé leur poste tout en restant ouverts à de nouvelles opportunités en dehors de leur entreprise.

Le problème du stress ne semble être que partiellement pris en compte par les employeurs. Seuls 27% ont pris des mesures pour soutenir leurs salariés. Ils misent le plus souvent sur le conseil téléphonique par des spécialistes externes ou sur un accès facilité pour les entretiens avec la direction.

Les employés consacrent chaque jour de nombreuses heures à leur travail, et doivent en partie être joignables en dehors des heures de bureau. Il n'est donc pas surprenant que pour 97% d'entre eux, un environnement de travail agréable soit «important» ou «très important». Ils accordent également une grande importance aux offres de bien-être psychique ou aux conditions de travail flexibles en termes de lieu et d'horaires.

Faible loyauté des travailleurs

Un manque de compréhension en cas de stress peut avoir des conséquences négatives sur l'image de l'entreprise. En l'absence d'offres de soutien, les employés parlent d'abord de leurs problèmes au travail avec leur famille et leurs amis avant de s'ouvrir à leurs collègues et à leurs supérieurs.

Ainsi, les employeurs n'entendent même pas les éventuelles critiques. Il se peut même qu'ils n'en prennent conscience qu'après avoir publié des commentaires négatifs sur des sites d'évaluation. L'image de marque est alors déjà ternie.

Celui qui ne s'occupe pas assez de son personnel ne peut pas non plus compter sur sa loyauté. Neuf employés sur dix qui ont changé de travail au cours des douze derniers mois sont ouverts à de nouvelles opportunités. «La fidélisation des collaborateurs est la plus forte dans les entreprises où les cadres prennent le temps de parler avec les membres de leur équipe», explique Yannick Coulange, directeur de PageGroup Suisse. Cela permet d'aborder directement les problèmes et aussi de reconnaître les performances.

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