Ils ont aussi une âme!
Pollyanna Vouillamoz, la femme qui parle aux animaux

Communiquer avec son animal, une pratique ordinaire pour Pollyanna Vouillamoz, qui utilise ce don particulier pour améliorer les relations de nos amis à quatre pattes et de leurs maîtres. Rencontre avec une jeune femme persuadée que les animaux ont eux aussi une âme.
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Sur le balcon de son chalet avec ses chiens Tacos et Nella, souvent présents aux côtés de Pollyanna quand elle pratique la communication.
Photo: Julie de Tribolet
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Patrick Baumann
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Son premier chat s’appelait Pythagore, puis il y a eu Pilule, plus tard des cochons d’Inde et la première chienne, baptisée Pendjab, à l’âge de 9 ans. «J’ai fait la grève de la parole pendant deux ans pour l’avoir», rigole- t-elle en gratouillant le museau de Tacos, son berger hollandais.

Du plus loin que Pollyanna Vouillamoz se souvienne, les animaux faisaient déjà partie de sa vie. Dans ce petit chalet qui domine Monthey, les animaux ne sont pas sur le bail, mais ils comptent autant que les humains qui l’habitent. Il y a encore Bella et Timmy, les deux chats, et Nella, une beauté de berger croisé aux poils longs qui pose pour la photographe comme une professionnelle.

Ne pas céder à la rationalité de l'adulte

Plusieurs années déjà que cette assistante vétérinaire aux yeux pastel perçants pratique en parallèle à son métier la communication animale. Les alchimistes utilisaient le langage des oiseaux, Pollyanna parle avec les animaux dans ce dialogue télépathique un peu mystérieux qui va de l’âme à l’âme car, pour elle, aucun doute: chaque animal en possède une. «La communication animale, c’est la communication de cœur à cœur, c’est le langage des enfants», dit celle qui a tatoué sur son corps deux chats, une abeille, deux chevaux, un cerf, un renard et des coccinelles!

Le secret serait donc de savoir garder au fond de soi cet enfant intérieur qui n’a pas abdiqué devant la rationalité de l’adulte. Son compagnon partage la même vision spirituelle du monde qu’elle et même sa fille de 14 ans, qui ne croit pas forcément à tout ça, lui a dit l’autre jour en parlant des chats: «Maman, il faut que tu leur parles, je crois qu’ils ne s’aiment plus!»

«Qui suis-je pour avoir le droit de vie ou de mort?»

La communication animale est devenue tendance ces dernières années. Difficile bien sûr d’avoir des garanties sur le sérieux et l’expérience de la personne qui la pratique, c’est le plus souvent le bouche à oreille qui fonctionne. C’est en tout cas comme ça que ça marche pour cette Chablaisienne de 34 ans. «J’ai la conviction que les animaux, surtout ceux de compagnie, s’incarnent pour nous accompagner, nous soutenir, nous aimer et même nous soigner. C’est important de pouvoir entendre leurs messages. On ne leur parle jamais assez, on ne leur explique pas assez les changements dans nos vies, le stress, les maladies... Ils ont un temps d’avance sur nous, ils captent tout et ne comprennent pas.»

Photo: Julie de Tribolet

A l’entendre, elle pratique essentiellement un type de communication qui met en évidence le lien entre l’homme et l’animal. Et évoque Léon, 18 ans, ce chat fatigué de vivre, atteint d’un diabète sévère qui nécessitait deux piqûres d’insuline par jour. «Sa maîtresse ne pouvait se résoudre à l’endormir. «Qui suis-je pour avoir le droit de vie et de mort sur lui?» me disait-elle.» Pollyanna lui demandera simplement comment il se sent et ce qu’il souhaite. «Il avait besoin encore de deux ou trois jours avec ses maîtres et ils l’ont endormi en fin de semaine.» L’animal serait parti serein comme les humains qui l’ont aimé.

Cette femme solaire, qui aimerait elle-même se réincarner en chat, explique qu’une communication nécessite un temps de préparation pour se déconnecter du mental. «Je fais une méditation avant, c’est important, mais il n’y a pas de protocole figé; et non, je ne suis pas en transe.» Face à une photo de son «patient», munie d’un bloc pour les questions des maîtres et d’un autre pour les réponses de l’animal, avec des couleurs différentes, l’échange peut être très rapide. «C’est un peu comme l’écriture automatique, ça va très vite, les animaux sont très réactifs et on peut avoir des surprises; comme ce chien, Loki, qui m’a répondu en rimes sur une page A4... j’aurais été incapable de faire ça», assure-t-elle en riant.

«
Ce matin, je travaillais sur Bismillah, un chat porté disparu. Pour moi, il était accidenté et avait un souci à la patte
»

Cette hyperactive amoureuse de la montagne ne cherche jamais à convaincre les sceptiques ou les ricaneurs. Douter fait également partie de son processus interne et elle ne passe pas ses rares échecs sous silence. «Ce matin, je travaillais sur Bismillah, un chat porté disparu. Pour moi, il était accidenté et avait un souci à la patte. J’ai eu besoin de vérifier mon ressenti avec une autre personne qui travaille plus régulièrement que moi avec le pendule. Nous avons trouvé la même localisation mais, évidemment, le chat bouge. Il est d’ailleurs toujours en vadrouille.»

Il y a aussi ce chihuahua qui ne répondait que par oui ou par non aux questions. «J’ai douté de moi jusqu’à ce que sa maîtresse me dise qu’elle n’était pas étonnée, il n’aime pas les gens et les nouvelles personnes!» Elle sourit, avant d’évoquer le fait qu’elle voit trop de souffrances pour tenter d’entrer en contact avec tous les animaux qu’elle rencontre. Elle doit se protéger. «Mais j’encourage toujours les gens à expliquer à leur animal la situation, quelle qu’elle soit, notamment avant une intervention chirurgicale.»

L’avis du vétérinaire

Jérémy Schmid est vétérinaire à Clarens et à Rennaz. Il a travaillé par le passé avec Pollyanna au sein d’un cabinet à Aigle. Le praticien admet que la communication animale peut apporter certains bienfaits dans la relation entre un maître et son animal, tout en précisant qu’elle ne se substitue en aucun cas aux soins vétérinaires.

Lui-même était plutôt sceptique au début, mais l’observation du travail tout en sensibilité de son ex-collègue et la lecture de certains ouvrages l’ont poussé à plus d’ouverture. Aujourd’hui, il lui arrive de recommander cette pratique, notamment quand le comportement de l’animal pose problème ou dans le cas d’une fin de vie difficile. «Cela peut aider», assure-t-il, tout en confiant qu’il a sollicité lui aussi une communication animale pour son chat décédé accidentellement. «La façon très pertinente dont Pollyanna a décrit la relation avec notre chat nous a convaincus, ma femme et moi, que ce n’était pas de l’affabulation.»

Photo: Julie de Tribolet

C’est avec les chevaux qu’elle monte depuis l’âge de 4 ans, et notamment en se formant avec différents mentors, que la jeune femme s’est initiée à la communication animale et aux soins énergétiques. «Les rencontres et les animaux m’ont fait grandir. Il y a aussi un travail de guérison sur soi-même qui est nécessaire», déclare celle qui met aussi l’accent sur les collaborations avec d’autres thérapeutes, que ce soit la pratique des fleurs de Bach ou diverses autres techniques.

«Pour le bien de l’animal avant tout. J’axe aussi de plus en plus mon travail sur la fin de vie. Pouvoir soutenir l’animal et ses maîtres au moment où sa santé décline, quand il faut se résoudre à le laisser partir et durant le travail de deuil, avec éventuellement une communication avec l’animal défunt.»

Un sujet qui, malheureusement, la concerne plus personnellement aujourd’hui. «Nella souffre de trois hernies discales et on suspecte une myélopathie. Je ne veux pas attendre qu’elle ne puisse plus marcher, dit-elle, la voix soudain plus grave et le regard dans celui de son berger. Je pense qu’elle vit son dernier été.» Nella lui aurait assuré qu’elle aime trop courir pour se résoudre à une vie végétative. «Je respecterai son timing, je la laisserai partir quand elle le souhaite. Ma chienne m’a dit qu’elle ne voulait absolument pas que je sois triste. Qu’il fallait profiter encore des bons moments ensemble. Qu’elle restera toujours à mes côtés.»

Un article de «L'illustré» n°40

Cet article a été publié initialement dans le n°40 de «L'illustré», paru en kiosque le 1er octobre 2026.

Cet article a été publié initialement dans le n°40 de «L'illustré», paru en kiosque le 1er octobre 2026.

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