Beat Jans vivement attaqué
Le chef des sociétés militaires enrage contre le PS et son dogme antimilitariste

Stefan Holenstein, président de l'Association des sociétés militaires suisses, critique violemment le conseiller fédéral Beat Jans et le PS, exigeant la fin de leur doctrine antimilitariste jugée «dépassée». Le débat s’intensifie avant le congrès socialiste d’automne.
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Stefan Holenstein, président de la Fédération des associations militaires suisses, critique le PS.
Photo: DR
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Tobias Bruggmann et Daniel Ballmer

Stefan Holenstein sature. «Nous en avons ras-le-bol du conseiller fédéral Beat Jans et du Parti socialiste (PS).» Ce coup de gueule du président de l'Association des sociétés militaires suisses (VMG) survient alors que le ministre de la Défense, Martin Pfister, cherche à réorienter les forces vers les problèmes principaux, réclamant plus de moyens pour la cyberdéfense et la protection aérienne. Mais selon nos informations, le Département fédéral de justice et police dirigé par Beat Jans voulait aller plus loin en envoyant immédiatement tous les chars de combat à la casse. 

Stefan Holenstein passe désormais à l’offensive contre le parti de gauche. «Nous exigeons fermement que le PS retire l'abolition de l’armée de ses statuts lors de son prochain congrès d’automne. Cette doctrine est totalement dépassée, tonne-t-il dans Blick. Pour un parti représenté au gouvernement, voir son conseiller fédéral véhiculer de telles positions reste inacceptable.» De fait, le programme socialiste prône toujours la suppression de l’armée et la fin du service militaire obligatoire. 

Rien de plus urgent à traiter?

Ce colonel d’état-major général est à la tête d'une faîtière regroupant environ 230'000 membres. «Nous en avons assez d’épuiser nos forces sur des querelles secondaires comme les référendums contre la loi sur le service civil. L’urgence doit aller à la consolidation de notre capacité de défense, mais le chantier n'avance pas d'un pouce.» 

Stefan Holenstein cite le cas allemand, où le SPD (ndlr: Parti social-démocrate d'Allemagne) a débloqué 100 milliards d’euros pour réarmer le pays: «Cela démontre que la social-démocratie sait aussi soutenir l'armée.» Une réplique qui fait bondir la conseillère aux Etats socialiste Franziska Roth. «Il est surprenant que cette association n'ait rien de plus urgent à traiter que de s'accrocher à un sujet secondaire qui traîne depuis des années.»

Pour la parlementaire, le PS doit s'évaluer sur ses actes plutôt que sur son programme théorique. «Quiconque parcourt nos documents de fond sur la sécurité réalise que nous défendons la sécurité du pays, comme en témoigne notre solidarité avec l’Ukraine.»

Débats au sein du PS

La parlementaire bernoise défend également la ligne arrêtée par le conseiller fédéral Beat Jans. «Aujourd’hui, la valeur de l’armée ne se mesure plus au nombre de ses chars. La Suisse doit cibler la lutte contre les cyberattaques, la désinformation, les drones, les missiles et la protection des infrastructures critiques, détaille Franziska Roth. Ce qui figure dans nos textes historiques importe moins que nos arbitrages quotidiens.»

Elle concède toutefois être ouverte à un retrait de cette clause antimilitariste. «Nous soutenons l’armée au quotidien dans nos arbitrages. Il convient donc d'évaluer une mise à jour de notre programme.»

Lors du précédent congrès socialiste, le conseiller aux Etats Daniel Jositsch s’était déjà prononcé pour la suppression de ce passage. La question figure désormais dans un document stratégique sur la géopolitique et sera débattue «en temps voulu» dans les instances, indique la direction du PS à Blick, tout en refusant de commenter directement les attaques de la faîtière militaire.

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