Co-fondatrice du «black block» zurichois, Andrea Stauffacher écope d'un an de prison ferme pour avoir participé à des manifestations violentes. L'extrémiste de gauche âgée de 76 ans a refusé de comparaître lors de son procès qui s'est tenu mercredi devant la justice zurichoise.
Dans son jugement, le Tribunal de district a reconnu la prévenue coupable d'émeute ainsi que de menace et violence contre les autorités et les fonctionnaires. Déjà condamnée à cinq reprises dans le passé, elle ne donne aucun signe de regrets, a invoqué le juge. La Cour a suivi en grande partie le réquisitoire du procureur. Ce dernier avait réclamé un an et trois mois de prison ferme.
La principale intéressée apparaît sur d'innombrables vidéos et photos prises lors de manifestations violentes et de débordements. «Elle en a fait partie et ne s'en distancie pas», a déploré le président du tribunal qui a aussi ordonné l'enregistrement du profil d'ADN de l'accusée.
Policiers attaqués et blessés
Les faits reprochés à Andrea Stauffacher remontent à février 2022 et février 2023. Elle a alors participé à deux manifestations non autorisées à Zurich et à Bâle.
Lors de la première, 2000 personnes ont défilé dans le centre de Zurich dont un groupe entourant l'accusée, qui a attaqué des policiers, lancé des pavés et du mobilier de restaurant et endommagé plusieurs voitures de police. La prévenue s'est trouvée dans la mêlée durant plus d'une heure et demie.
Lors de la seconde, 500 personnes ont manifesté à Bâle contre la crise climatique. Mégaphone en main, Andrea Stauffacher s'est alors trouvée parmi les premiers rangs des casseurs qui ont lancé des pierres, des bouteilles et des engins pyrotechniques aux policiers. Elle y est restée malgré les violences. Plusieurs agents blessés ont subi des brûlures et des pertes auditives.
Elle manifeste dehors durant le procès
En mars dernier, Andrea Stauffacher avait contraint la Cour à renvoyer son procès en raison de son absence. Mercredi, l'audience s'est déroulée sans l'activiste qui a refusé une nouvelle fois la convocation judiciaire. Elle a préféré manifester devant le tribunal avec une cinquantaine de personnes, en agitant un drapeau rouge. Ses sympathisants ont allumé plusieurs pétards.
Dans la salle d'audience, l'avocat de la défense a renoncé à prononcer une plaidoirie, sa cliente le lui ayant interdit, car «elle refuse de se soumettre au pouvoir de la justice», a-t-il expliqué aux juges. Ces dernières semaines encore, l'activiste septuagénaire a participé à des manifestations en défilant avec ses camarades du «bloc révolutionnaire».