Quelles conséquences sur les jeunes?
Pourquoi les cours de sport pourraient bientôt disparaître de certaines écoles

Les cours de sport pourraient perdre leur statut obligatoire dans les écoles suisses. Les enseignants et les milieux sportifs redoutent déjà des coupes et leurs conséquences sur les jeunes.
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L'éducation physique fait aujourd'hui partie intégrante de l'emploi du temps des élèves, avec trois périodes hebdomadaires.
Photo: Keystone
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Riccarda Campell

Le bruit des baskets sur le parquet, les matchs de balle aux prisonniers avant les vacances ou encore les alliances improvisées lors des jeux d'équipe: pour beaucoup, les cours d'éducation physique font partie des meilleurs souvenirs d'école. Aujourd'hui, trois périodes hebdomadaires sont inscrites dans l'emploi du temps des élèves suisses. Mais cette situation pourrait bientôt évoluer.

Dans le cadre du projet «Désenchevêtrement 27», la Confédération et les cantons envisagent de supprimer de la loi fédérale le caractère obligatoire de l'éducation physique. La compétence reviendrait entièrement aux cantons, qui financent déjà aujourd'hui ces cours à 100%.

Les cantons pourraient réduire les heures de sport

Cette réforme inquiète les milieux concernés. Selon Jonathan Badan, président de la Fédération suisse du sport scolaire (SVSS), certains cantons pourraient être tentés de réduire le nombre de cours, voire de les supprimer, afin de limiter leurs investissements dans les infrastructures sportives. «Compte tenu de la situation économique actuelle, ce risque est bien réel», explique-t-il. Moins d'heures de sport signifie en effet moins de besoins en salles de gymnastique.

Pourtant, celles-ci font déjà cruellement défaut. «Il manque actuellement entre 100 et 150 salles de sport en Suisse», affirme Jonathan Badan. Cette pénurie a déjà des conséquences concrètes: dans certaines écoles professionnelles, des cours d'éducation physique sont régulièrement annulés faute d'infrastructures disponibles.

Les clubs sportifs également touchés

Selon Jonathan Badan, une réduction des investissements ne pénaliserait pas seulement les quelque 1,3 million d'élèves du pays. Les clubs sportifs utilisent eux aussi les salles de gymnastique des écoles.

«Les établissements scolaires peinent déjà à trouver suffisamment de créneaux pour leurs propres cours», souligne-t-il. Les clubs de volley-ball, de gymnastique ou encore de danse sont parfois contraints de réduire leurs activités ou de trouver des solutions de fortune pour poursuivre leurs entraînements.

La conseillère nationale socialiste Andrea Zryd, également enseignante d'éducation physique, s'oppose fermement au projet. «Nous porterions préjudice à nos enfants et à nos jeunes», estime-t-elle. «Le sport à l'école les prépare à la vie.»

Selon elle, les cours d'éducation physique permettent aux élèves d'apprendre à travailler en équipe, à développer leur courage ou encore à accepter aussi bien la victoire que la défaite. «Il ne s'agit pas de former des sportifs de haut niveau, mais de transmettre des compétences essentielles.»

Un rôle clé pour l'intégration

Pour Andrea Zryd, le sport joue aussi un rôle majeur dans l'intégration. «Lorsqu'une équipe marque un but, tout le monde célèbre ensemble, quelle que soit son origine. Le sport rassemble les cultures.»

Elle rappelle également que tous les enfants n'ont pas les mêmes possibilités de pratiquer une activité physique en dehors de l'école. Les familles les plus aisées sont souvent davantage en mesure de financer une licence ou d'accompagner leurs enfants aux entraînements. «Le sport scolaire garantit une certaine égalité des chances. Tous les enfants bénéficient au moins d'un minimum d'activité physique», souligne-t-elle.

Elle rappelle enfin que ces cours sont particulièrement bénéfiques pour les élèves souffrant de TDAH, qui peuvent y canaliser leur énergie. «Pour beaucoup d'enfants, le sport constitue aussi une source de réussite, même si la note ne figure pas forcément sur le bulletin.»

Plus de 20'000 signatures

Face à cette réforme, Andrea Zryd et la Fédération suisse du sport scolaire ont lancé une pétition qui a déjà récolté plus de 20 000 signatures. Il appartient désormais à la Confédération et aux cantons de décider si les cours de sport conserveront, ou non, leur statut obligatoire dans les écoles suisses.

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