Un nouveau président à la FIS
Marco Odermatt: «Espérons que le calme revienne»

Après un changement de direction mouvementé à la tête de la FIS, Marco Odermatt et Thomas Tumler s'expriment sur ce nouveau départ sous la présidence d'Alexander Ospelt.
1/2
Marco Odermatt aime bien profiter de quelques semaines off.
Photo: Zamir Loshi/freshfocus
yara-Vettiger.jpg
Yara Vettiger

Ce fut un véritable coup de théâtre. Avec une seule voix d'avance (65 contre 64), le Liechtensteinois Alexander Ospelt s'est imposé face au président sortant Johan Eliasch et a pris la tête de la FIS, la fédération internationale de ski.

Cette élection marque la fin d’une lutte de pouvoir qui avait depuis longtemps échappé à tout contrôle. Au cœur de la controverse, des critiques massives à l’encontre de Johan Eliasch. Même la star Marco Odermatt avait exprimé des critiques avant le scrutin.

Swiss-Ski avait ouvertement remis en cause le Suédois. Il était même question de signaux d’alerte financiers. Le message des grandes nations du ski était clair: cela ne pouvait pas continuer ainsi. C’est désormais à Alexander Ospelt de remettre de l’ordre. Et c’est exactement ce qu’espèrent les athlètes suisses.

«Il y avait trop de négativité»

Marco Odermatt a suivi l’élection. «Je pense que c’est bien comme ça», déclare le quintuple vainqueur du classement général de la Coupe du monde. Mais il ajoute avec un sourire: «D’une autre manière, ça aurait peut-être été passionnant aussi, s’il y avait eu un véritable bouleversement et qu’un tout nouveau circuit avait vu le jour, ou je ne sais quoi… Mais c’est certainement mieux ainsi.»

Il rit. Avec le recul, cela semble presque absurde. Pourtant, les grandes fédérations comme Swiss-Ski et la fédération autrichienne avaient bel et bien menacé, si Johan Eliasch restait, de retirer de la Coupe du monde des étapes phares telles que Wengen et Kitzbühel et de lancer leur propre championnat de ski alpin.

Mais ce qu’il faut avant tout maintenant, c’est de la stabilité: «Ces dernières années, il y a eu beaucoup trop de critiques et de négativité dans les médias. Ce serait bien de ramener un peu de calme», souligne le Nidwaldien.

Le sport au centre

Le géantiste Thomas Tumler se réjouit lui aussi de ce changement, même s’il n’a suivi ces développements que de loin. «Je suis heureux qu'il ait lieu», déclare-t-il. Pour lui, une chose est claire: «Il est important qu’Alex Ospelt soit président. Nous sommes sur la bonne voie.»

Il formule sans ambiguïté ses attentes vis-à-vis de la nouvelle direction de la FIS: le sport doit redevenir la priorité. «Toute la famille de la FIS doit se rapprocher à nouveau et ne pas être dirigée par de grandes puissances.»

Marco Odermatt exprime lui aussi ses souhaits à l’adresse d’Alexander Ospelt. «Il faut préserver ce qui a fait ses preuves. Mais il doit néanmoins élaborer de nouvelles opportunités qui soient durables.»

Pas partisan de l’Amérique du Sud

Une nouvelle opportunité pour le nouveau président de la FIS serait celle qui accompagne le ski depuis longtemps déjà: l’idée d’une éventuelle étape de Coupe du monde en Amérique du Sud. Il ne s’agit pas encore d’une décision concrète, mais plutôt d’une proposition qui revient régulièrement sur le tapis – et qui a également été entendue par les athlètes.

Marco Odermatt reste indécis. «Je n’y ai pas encore réfléchi en détail, tempère-t-il. Cela peut être passionnant, mais ce serait un énorme effort si tôt dans la saison.» En effet, les premières courses n’auraient alors pas lieu en octobre comme d’habitude, mais dès août ou septembre. «Si nous y participons, nous devrions pratiquement nous entraîner sans interruption en mai, juin et juillet. Or, la pause pendant ces mois-là nous fait en réalité beaucoup de bien à tous. C’est pourquoi je ne suis pas vraiment favorable à cette idée.»

Articles les plus lus