Le skieur valaisan change d'air
Daniel Yule a temporairement déménagé dans le sud de l'Espagne

Daniel Yule a temporairement quitté le Val Ferret pour s'installer en Espagne. Blick lui a rendu visite sur place, à Tarifa, en Andalousie.
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Ce printemps, Daniel Yule a pris un nouveau départ au volant de sa vieille Volvo.
Photo: Sven Thomann
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Marcel W. Perren

Si vous interrogez Alejo Hervas, le préparateur physique espagnol de Marco Odermatt, sur la petite ville de Tarifa, vous obtiendrez une réponse sans détour: «À Tarifa, il y a beaucoup de gens qui sont complètement fous.» Depuis le 16 mai, Daniel Yule, le spécialiste valaisan du slalom, vit lui aussi dans cette ville située à l'extrémité sud de l'Europe.

La manière dont Daniel Yule est arrivé du Valais en Andalousie est également assez folle. Le skieur de 33 ans a parcouru les quelque 2000 kilomètres non pas en avion, mais au volant d’une Volvo de 2003. C’est d’autant plus exceptionnel que les athlètes de Swiss-Ski se déplacent généralement avec des voitures fournies par Audi, le partenaire officiel de la fédération.

«Moi aussi, j’avais une Audi jusqu’au printemps. Mais après avoir été rétrogradé de l’équipe nationale vers le cadre A, je n’avais plus droit à mon ancien modèle électrique. Finalement, j’ai acheté dans un garage de Wetzikon une voiture identique à celle que j’avais déjà à 18 ans, juste après avoir passé mon permis: une Volvo V40.»

Ce modèle vieux de 23 ans est encore en pleine forme. La preuve puisque le trajet vers le sud s’est déroulé sans la moindre panne. Le retour n’est prévu que pour la deuxième semaine de juillet. D’ici là, Daniel Yule compte poser, à l’extrémité orientale de la Costa de la Luz, les bases d’un hiver couronné de succès.

Un travail de titan sous les palmiers

La dernière saison de Coupe du monde ne s’est pas déroulée comme souhaité pour le Valaisan d’origine britannique. Il ne s’est classé parmi les 15 premiers qu’à Gurgl (11e) et à Kitzbühel (12e). C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles le septuple vainqueur de Coupe du monde avait besoin de changer d’air pour préparer la saison hivernale à venir. Il a loué un joli appartement à Tarifa.

Bien que la mer ne soit qu'à deux pas et que l'on puisse apercevoir le Maroc, l'ambiance à la «Casa Yule» ne ressemble en rien à des vacances. Réveil à 7h15, puis le slalomeur effectue une course sur la plage. De 10h à 12h, c’est une séance de musculation qui est au programme. Daniel Yule soulève des poids sous un palmier.

«Un poids de 20 kilos pèse aussi 20 kilos ici, et l’entraînement reste globalement le même que celui que j’ai suivi chez moi ces dernières années. Mais cela me fait beaucoup de bien mentalement de pouvoir m’entraîner dans un autre lieu, dans une ambiance différente», explique Daniel Yule, qui soulève au total environ cinq tonnes ce matin-là.

Après cette séance, il prépare le repas dans sa petite cuisine. Pendant que les rigatoni cuisent dans l’eau bouillante, le Valaisan fait revenir des dés de chorizo à la poêle. Daniel Yule précise qu’il n’est pas gâté sur le plan culinaire lors de la saison en Coupe du monde: «Dans de nombreux espaces d’accueil des équipes, la nourriture est malheureusement mauvaise.»

Allier l’utile à l’agréable

Pour le double vainqueur de Kitzbühel, le programme de cet après-midi est en revanche un vrai régal: le vent est désormais suffisamment fort pour une séance de kitesurf.

«J’adore ce sport – mais ces dernières années, j’avais constamment l’impression de ne pas en faire assez. C’est aussi pour cette raison que j’ai décidé de passer l’été au bord de la mer.» Sur la plage, on se rend compte qu’il y a effectivement à Tarifa un nombre particulièrement élevé de gens un peu fous.

Certains kitesurfeurs sautent à plus de 20 mètres de haut. Daniel Yule parvient tout de même à atteindre 4,5 mètres. Au bout de deux heures, il range sa planche et sa toile avec un large sourire. «Le kitesurf n’est pas seulement un immense plaisir, c’est aussi un entraînement idéal pour le tronc. C’est fantastique de pouvoir allier l’utile à l’agréable.»

Bientôt une nouvelle langue à son actif?

Daniel Yule profite de sa soirée dans la vieille ville pittoresque. Dans le bar à tapas le plus célèbre de la région, le vainqueur d'Adelboden en 2021 commande, en espagnol, du tartare de thon, des aubergines confites, des croquettes au jambon et une pièce de longe de porc ibérique. «Mes connaissances en espagnol suffisent certes pour commander un bon repas, mais je ne suis pas encore capable de mener une véritable conversation avec les habitants. Cela devrait changer dans les prochains mois», espère Daniel Yule, qui prévoit de retourner sur le glacier dès la première semaine d’août.

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