Le compte à rebours est lancé avant le début de la saison de ski alpin. Dans quatre semaines, la Coupe du monde reprendra ses droits à Sölden (Autriche). Marco Odermatt (28 ans), qui a remporté trois des quatre derniers slaloms géants disputés sur le glacier autrichien, a passé l’essentiel du mois de septembre en Amérique du Sud. Avec ses coéquipiers, le quintuple vainqueur du classement général de la Coupe du monde s’est entraîné sur les pistes chiliennes.
Pour le skieur le plus titré de l’histoire de Swiss-Ski, ce stage avait pourtant mal commencé. Victime d’une légère blessure musculaire lors d’un entraînement à sec à la fin du mois d’août, le Nidwaldien n’a pu rejoindre les Andes qu’avec une semaine de retard. Il est néanmoins rentré du Chili cette semaine avec le sourire. «J’ai effectué ici de très bonnes séances d’entraînement. Au total, j’en ai fait neuf durant ce stage, réparties entre mes trois disciplines», résume Marco Odermatt lors d’un entretien téléphonique avec Blick depuis Santiago.
L’entraîneur en chef Tom Stauffer se réjouit lui aussi du bilan: «Malgré son arrivée tardive en Amérique du Sud, Marco a pu s’entraîner non seulement en géant, mais aussi en descente et en super-G. Cela nous a permis de poser de bonnes bases. En revanche, nous n’avons pas eu suffisamment de séances avec Marco pour pouvoir travailler de manière vraiment spécifique.»
En début de semaine prochaine, Marco Odermatt, comme les autres stars de Swiss-Ski, devra honorer ses engagements promotionnels auprès des sponsors de la fédération. Et en raison du faible enneigement sur les glaciers européens, le lieu des prochains entraînements des géantistes suisses avant Sölden n’est pas encore connu.
«Pas aussi bien que l’année dernière»
Non loin de leurs coéquipiers du géant, les spécialistes de vitesse ont eux aussi frappé fort à Valle Nevado, au Chili. Mais les conditions n’ont pas été aussi favorables que l’an dernier, explique Reto Nydegger, responsable des disciplines de vitesse: «L’année dernière, nous avions pu nous entraîner tous les jours au Chili, avec un temps magnifique. Cette fois, les conditions ont été beaucoup plus variables. Au début, la neige était un peu trop molle. Ensuite, nous avons bénéficié de quelques journées exceptionnelles, avant que les températures ne deviennent finalement trop élevées.»
Pour Reto Nydegger, qui a largement contribué aux succès récents de l’équipe suisse de vitesse, ce n’est toutefois pas inquiétant: «Ce n’est pas grave si les conditions ne sont pas toujours idéales pendant la préparation. En hiver, nous devons de toute façon être capables de performer dans des conditions très différentes.»
Franjo von Allmen impressionne
Au Chili, Franjo von Allmen (25 ans), champion olympique et champion du monde, a impressionné par sa régularité. Le talent de l’Oberland bernois a signé les meilleurs chronos à plusieurs reprises lors des entraînements de l’équipe.
«Franjo a encore énormément progressé! Il lui manquait encore un peu de régularité il n’y a pas si longtemps. Mais aujourd’hui, il est vraiment très constant. Ces dernières semaines, il n’a été éliminé qu’une ou deux fois», se réjouit Reto Nydegger.
Et les autres Suisses? «Ce n’est pas comme si Franjo avait mis plusieurs kilomètres à tout le monde à chaque entraînement. Les autres ne sont pas loin derrière en termes de temps.»
Un bémol toutefois: les Suisses n’ont pas pu se mesurer à des concurrents étrangers ces dernières semaines. «Nous avions prévu de nous entraîner avec l’Italien Dominik Paris lors de nos deux derniers jours au Chili. Mais cela n’a finalement pas été possible en raison des températures trop élevées.»
Faute de comparaison internationale, Reto Nydegger pose la question avec un sourire: « Ces dernières semaines, est-ce que tous les Suisses étaient vraiment aussi rapides, ou est-ce qu’ils étaient tous aussi lents? »
Il y a fort à parier que la première hypothèse soit la bonne.