En bref
Lara Gut-Behrami, 35 ans, a annoncé mercredi la fin de sa carrière en ski alpin. La Tessinoise, blessée au genou en novembre 2025, espérait encore revenir à la compétition cet été, mais a finalement renoncé, mettant un terme à un parcours marqué notamment par six globes de cristal en super-G.
Swiss-Ski a été surpris par sa décision, même si certains signes d’une possible retraite étaient apparus ces dernières semaines. Son départ intervient à quelques mois des Championnats du monde à Crans-Montana, laissant un immense vide au sein de l’équipe suisse.
Lors de sa dernière saison complète, en 2024/25, Lara Gut-Behrami avait récolté 1'349 points en Coupe du monde, soit près d’un tiers des points obtenus par les skieuses suisses. Désormais retraitée, elle souhaite consacrer davantage de temps à sa famille et à ses projets professionnels, notamment en tant que copropriétaire de Ka-Ex.
Va-t-elle continuer ou s’arrêter? Mercredi matin encore, le «Tages-Anzeiger» évoquait un possible retour de Lara Gut-Behrami sur les pistes. «Si son corps le lui permet, elle reviendra», écrivait le journal. Quelques heures plus tard, la Tessinoise annonçait pourtant la fin de sa carrière. Même les derniers instants de son parcours ont été à son image: imprévisibles.
Selon les informations de Blick, cette décision a également surpris Swiss-Ski, du moins au moment de l’annonce. Car pendant des mois, Lara Gut-Behrami avait tout fait pour revenir après sa grave blessure au genou contractée en novembre dernier lors d’un entraînement de super-G.
La skieuse de 35 ans ne voulait pas que cette blessure marque la fin de sa carrière. Ce n’était pas ainsi qu’elle imaginait ses adieux au ski alpin. Son objectif était clair: remonter sur les skis fin juillet et préparer la nouvelle saison. Mais son corps n’a finalement pas suivi. Ces dernières semaines, même sa participation au prochain camp d’entraînement en Amérique du Sud, prévu dès le 20 août, semblait de plus en plus incertaine.
«Elle n’était pas en très bonne santé»
«Elle n’était pas en très bonne santé», explique Hans Flatscher, directeur du ski alpin chez Swiss-Ski. Selon lui, l’idée d’une retraite a mûri au fil des dernières semaines. «Mais cela n’était pas annoncé.» Un nouveau problème au genou aurait toutefois pu accélérer la réflexion de la Tessinoise et l’amener à prendre cette décision.
Rainer Salzgeber, directeur de course chez Head, son équipementier, n’a pas été totalement surpris par cette annonce. «La dernière fois que j’ai parlé avec Lara, il y a deux ou trois semaines, je me suis dit après coup que cela pourrait bien aller dans le sens d’un arrêt», confie-t-il à Blick.
Les Championnats du monde à domicile à Crans-Montana (VS) représentaient certainement un objectif important pour Lara Gut-Behrami. «Mais elle savait aussi que le temps risquait de manquer. Elle a subi une grave blessure au genou.»
Hans Flatscher souligne également le caractère de la Tessinoise: «Lara n’a jamais fait les choses à moitié. Pour elle, c’était toujours tout ou rien. C’est encore le cas aujourd’hui. Elle ne se faisait aucune illusion et savait à quel point le chemin du retour serait difficile.» Pour lui, Lara Gut-Behrami a choisi le bon moment. «Elle est en paix avec elle-même. C’est le plus important.»
Pas question de revenir pour terminer 15e
Lors de sa dernière saison complète, en 2024/25, Lara Gut-Behrami avait encore récolté 1'349 points en Coupe du monde. Cela représentait environ un tiers de tous les points obtenus par les skieuses suisses. Son départ représente donc une lourde perte pour Swiss-Ski, d’autant plus à quelques mois des Championnats du monde à domicile à Crans-Montana. Une situation qui pourrait encore se compliquer si Michelle Gisin décidait également de mettre un terme à sa carrière après sa grave blessure survenue en décembre.
La relève existe toutefois. Camille Rast, Wendy Holdener, Corinne Suter et Malorie Blanc ont toutes prouvé la saison dernière qu’elles pouvaient monter sur le podium et décrocher des médailles. Mais Lara Gut-Behrami laisse malgré tout un immense vide. Hans Flatscher mesure l’importance de son départ. «Ses six globes de cristal en super-G m’ont particulièrement impressionné. C’est dans cette discipline qu’elle a montré tout ce qui la caractérisait: sa légèreté, sa joie et sa classe exceptionnelle.»
C’est précisément ce niveau que Lara Gut-Behrami voulait encore atteindre une dernière fois. Pas question pour elle de revenir simplement pour terminer dans le top 15. «Lara a elle-même placé la barre extrêmement haut avec ses succès. C’est à cela qu’elle se mesure. Mais elle ne peut atteindre ce niveau que si elle est en pleine forme. Ce n’était malheureusement plus le cas.»
Un avenir déjà préparé
Cette retraite ne devrait toutefois pas laisser Lara Gut-Behrami sans projet. La Tessinoise souhaite désormais consacrer davantage de temps à sa famille. Elle a déjà évoqué son désir d’avoir des enfants. Sur le plan professionnel, elle a également préparé l’après-carrière. En tant que copropriétaire de la boisson régénérante Ka-Ex, elle a posé les bases de son avenir en dehors du ski.
«Lara a énormément apporté au ski de compétition, avec toutes ses qualités et ses défauts. Cela restera», estime Hans Flatscher. «Je ne lui souhaite que le meilleur.» Rainer Salzgeber partage ce sentiment: «C’est dommage, j’aurais aimé qu’elle puisse disputer un dernier hiver. Quoi qu’il en soit, je lui souhaite tout le meilleur.»