«Il ne peut que perdre...»
Combien de temps Marco Odermatt peut-il encore régner sur le monde du ski?

Marco Odermatt est toujours aussi fort. Mais combien de temps peut-il rester au top? Carlo Janka apporte des éléments de réponse, tout en soulignant que, dans sa position, le meilleur skieur du monde ne peut que perdre...
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Il connaît bien la neige, mais un peu moins le football américain: la légende du ski Carlo Janka (à droite) s'essaie au ballon ovale lors d'un match amical de la NFL organisé au Jungfraujoch.
Photo: keystone-sda.ch
Joël Hahn

Du football américain au Jungfraujoch? Carlo Janka ne voulait manquer ça pour rien au monde. Le champion olympique 2010 est un grand fan de football américain et, à l’époque, il suivait tout particulièrement les New England Patriots. Lors du Snow Bowl, disputé à 3454 mètres d’altitude, il retrouve Sebastian Vollmer, ancienne star des Patriots.

«C’est une figure incontournable. Il a remporté deux Super Bowls et, à l’époque de Tom Brady, je suivais tout cela de très près», raconte Carlo Janka dans un entretien avec Blick.

Mais le ski suisse reste évidemment son principal centre d’intérêt. Et pour Marco Odermatt, une question se pose en priorité: combien de temps le Nidwaldien pourra-t-il encore évoluer à un niveau aussi exceptionnel?

«Rien n’est garanti», estime Carlo Janka. La blessure à la hanche contractée en août pourrait même avoir permis à Marco Odermatt de souffler un peu. «Le corps finira peut-être par montrer des signes de vieillissement. Mais avec l’expérience, on apprend aussi à mieux gérer ses efforts.»

Carlo Janka espère en tout cas voir Marco Odermatt encore longtemps en géant. «C’est un véritable plaisir de le regarder skier.» Reste à savoir combien de temps le champion suisse continuera à se consacrer à cette discipline. Il a déjà laissé entendre à plusieurs reprises que son règne en géant ne durerait pas éternellement.

La pression qui pèse sur le vainqueur du classement général de la Coupe du monde est de toute façon immense. «Quand on évolue à son niveau, les attentes sont forcément très élevées.» Pour Marco Odermatt, une deuxième place est parfois déjà considérée comme une déception. «Il faut presque réaliser une manche digne d’une victoire pour que nous soyons satisfaits.» Le constat de Carlo Janka est sans appel: «En fait, il ne peut que perdre.»

Et pourtant, jusqu’à présent, Marco Odermatt répond toujours présent.

«Il devra décrocher des médailles»

Pour Carlo Janka, les Championnats du monde de 2027 à Crans-Montana constitueront le grand rendez-vous. «Ils seront très importants. Il faudra donc décrocher des médailles.» Au classement des nations, la Suisse devra également conserver sa place au sommet pour que la saison puisse être considérée comme réussie.

Chez les femmes, il faudra en revanche faire preuve d’un peu de patience après le départ de Lara Gut-Behrami. «Lorsqu’une génération s’en va, il faut simplement laisser un peu de temps aux suivantes pour prendre le relais.»

Chez les hommes, Carlo Janka estime que la Suisse dispose d’un effectif solide, tout en mettant en garde contre les comparaisons trop rapides. «Il ne faut surtout pas commencer trop tôt à comparer les jeunes avec Odi. C’est un cas à part.»

Interrogé sur Lenz Hächler, Carlo Janka estime toutefois qu’il pourrait faire partie de ceux qui assureront la relève.

Le slalom reste néanmoins un secteur dans lequel la Suisse doit encore progresser. «L’année dernière, nous avons eu un peu plus de difficultés dans cette discipline». En descente, super-G et géant, la Suisse dispose en revanche de solides arguments – à condition, bien sûr, que les blessures épargnent les athlètes.

«Plus on en organise, moins ils ont de valeur»

Carlo Janka sait par expérience ce que représente un championnat du monde dans son propre pays. En 2017, il a disputé ses derniers Mondiaux à Saint-Moritz. Il garde notamment un souvenir particulier de sa descente, disputée dans le brouillard. «Personne ne gagne une descente avec le dossard numéro 1. Mais plus la course avançait, meilleures étaient les conditions.»

La visibilité s’étant progressivement améliorée, Carlo Janka aurait donc préféré, avec le recul, partir quelques concurrents plus tard.

En revanche, le Grison n’est guère favorable au projet de la FIS d’organiser les Championnats du monde de ski chaque année. «Plus on en organise, moins ils ont de valeur. »

D’un point de vue marketing, la logique peut se comprendre. Mais sur le plan sportif, Carlo Janka estime que les Mondiaux perdraient de leur importance.

Les Jeux olympiques doivent eux aussi une partie de leur prestige à leur rareté. «C’est tout simplement autre chose.»

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