Ses projets, sa vision
Alexander Ospelt, l'homme qui veut renverser le patron de la FIS

L'élection du président de la FIS aura lieu le 11 juin à Belgrade. Le Liechtensteinois Alexander Ospelt est convaincu d'être l'homme de la situation et veut rendre les sports de neige plus attrayants.
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Alexander Ospelt brigue la présidence de la FIS.
Photo: URS BUCHER
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Mathias Germann

Johan Eliasch se présente une nouvelle fois à l’élection à la présidence de la Fédération internationale de ski et de snowboard. L’avenir de la FIS fait actuellement l’objet de discussions intenses au sein de nombreuses fédérations membres. Lors du congrès de la FIS, qui se tiendra le 11 juin à Belgrade, les fédérations disposant du droit de vote décideront de la future direction de la fédération internationale. Celle-ci alimente de nombreux débats dans le milieu du ski et du snowboard. La question centrale est de savoir qui dirigera et fera évoluer la fédération dans les années à venir.

Alexander Ospelt figure parmi les candidats. L’avocat de 58 ans, originaire du Liechtenstein, a décidé de se lancer après de nombreuses discussions au sein de la communauté internationale du ski et du snowboard. «J’ai mûrement réfléchi à cette décision et je suis convaincu de pouvoir contribuer au développement de la FIS grâce à mon expérience.»

Construire des ponts

Nous rencontrons Alexander Ospelt dans son cabinet au Liechtenstein. Il apparaît détendu, affable et de bonne humeur. Son dossier de candidature porte le titre «Building Bridges». Construire des ponts: c’est précisément ce qu’il souhaite faire en tant que président. Entre les fédérations, les organisateurs et les athlètes.

Le Lichtensteinois revient sans cesse sur le «produit sports de neige». Selon lui, le développement des sports d’hiver doit redevenir la priorité. «Nous devons organiser ce sport ensemble de manière à ce qu’il reste attractif pour les athlètes, les fédérations, les organisateurs, les partenaires médiatiques et les fans, afin qu’il puisse être présenté et commercialisé de la meilleure manière possible.»

Un début de saison en Amérique du Sud est envisageable

Concernant le ski alpin, Alexander Ospelt affiche des positions claires. Des courses dans un hall de ski au Moyen-Orient? «Je vois moins cela au niveau de la Coupe du monde pour le moment, mais davantage à un niveau inférieur.» En revanche, il peut imaginer un début de saison en Argentine ou au Chili dans certaines circonstances. «De toute façon, tout le monde s’y entraîne déjà à l’automne.»

Un calendrier équilibré avec le même nombre d’épreuves dans chaque discipline? «Ce serait souhaitable. Nous avons surtout besoin d’un calendrier établi sur quatre ou cinq ans. Cela apporte de la sécurité.» En Asie, il voit encore davantage de potentiel, notamment pour le snowboard et le ski freestyle. «Nous avons de grands athlètes venant de Chine, du Japon, de Corée et d’autres pays asiatiques. Nous devons aider les fédérations nationales à développer ces disciplines chez elles.»

Alexander Ospelt souligne toutefois qu’il ne s’agit pour l’instant que d’idées. «Je veux une FIS dans laquelle tout le monde discute sur un pied d’égalité et où nous trouvons ensemble des solutions durables et bénéfiques pour toutes les parties prenantes.»

Des championnats du monde chaque année

Il a également des idées concrètes concernant la commercialisation et la télévision. «Le produit télévisuel doit devenir plus attractif et les athlètes doivent être mieux mis en valeur. Les listes de départ devraient avoir tendance à être plus réduites afin que les stars bénéficient de davantage de temps d’exposition. Mais cela n’est possible que si l’on renforce parallèlement la deuxième division, la Continental Cup, et que l’on crée un système plus perméable.»

Il plaide aussi pour des compétitions en ville. «Les classiques comme le Lauberhorn et Hahnenkamm de Kitzbühel restent centrales. Mais pourquoi ne pas organiser à nouveau des slaloms en milieu urbain? Cela permettrait de rapprocher les stars du public.»

Alexander Ospelt a aussi une petite révolution en tête: organiser des championnats du monde chaque année, sauf lors des années olympiques. Il ne craint pas une perte de valeur, à condition que le projet soit bien structuré. Selon lui, cela n’affaiblirait pas non plus la Coupe du monde. Cela permettrait en outre d’organiser à nouveau des Mondiaux dans d’autres régions. L’Amérique du Nord, l’Asie ou encore des pays plus modestes comme Andorre pourraient également entrer en ligne de compte.

Alexander Ospelt ne veut pas être le seul décideur.
Photo: Urs Bucher

Beaucoup de ses idées restent volontairement ouvertes. Souvent, Alexander Ospelt parle moins de décisions concrètes que de processus: «examiner» les choses, «les remettre en question», «parler avec tout le monde». Cela correspond à son style de management. Il ne se voit pas comme un décideur solitaire, mais comme un médiateur.

Ses origines l’ont sans doute aussi façonné. Selon lui, lorsqu’on vient du Liechtenstein, on apprend très tôt à prendre des responsabilités et à penser de manière internationale. Alexander Ospelt évolue depuis des années à l’interface entre politique, économie et sport. Il a étudié le droit à l’Université de Saint-Gall ainsi que le droit européen à l’Université libre de Bruxelles. En 1993, il a travaillé auprès de la représentation permanente du Liechtenstein à l’Organisation des Nations unies à New York avant de fonder son propre cabinet en 1997.

Au golf avec George Clooney

Sur le plan sportif, Alexander Ospelt n’a jamais été un athlète de haut niveau. Il a travaillé comme moniteur de ski et entraîneur, évoquant ouvertement son «manque de talent» pour une grande carrière. Pendant huit ans, il a dirigé la fédération de ski du Liechtenstein en tant que président. En 2014, il a aidé le descendeur Patrick Küng à sortir d’une mauvaise passe. Küng ne trouvait plus de sponsor principal et se retrouvait dans une situation compliquée. Alexander Ospelt a alors mobilisé des amis et récolté de l’argent. Küng a ensuite remporté l’or mondial en descente.

Aujourd’hui, Alexander Ospelt suit les sports d’hiver en tant que dirigeant et spectateur passionné. Le ski de fond le fascine particulièrement. «J’ai terminé l’Engadine à onze reprises.» Il cite aussi le saut à ski et le biathlon comme exemples de sports particulièrement bien mis en valeur.

Au cours de l’entretien, il raconte volontiers quelques anecdotes: une rencontre avec George Clooney sur un green de golf («alors que je ne sais absolument pas jouer au golf») ou encore la manière dont il a organisé avec son grand-oncle des produits alimentaires pour l’équipe du Liechtenstein à Sotchi. «Les saucisses étaient excellentes.» Et lors des championnats du monde 2017 à Saint-Moritz: «Nous avons fait la fête avec les athlètes dans la maison du Liechtenstein jusqu’à sept heures du matin. Ensuite, j’ai dû fermer moi-même», raconte Alexander Ospelt en riant.

Le travail plutôt que la fête

C’est peut-être aussi ce qui caractérise sa candidature. Alexander Ospelt ne ressemble ni à un fonctionnaire classique de fédération, ni à un révolutionnaire. Il donne plutôt l’image de quelqu’un convaincu que le ski a besoin d’idées nouvelles. Même si l’on ignore encore combien d’entre elles seront réellement mises en œuvre.

Reste une dernière question: Que ferait Alexander Ospelt en premier s’il était élu le 11 juin? Pas question de célébrations ni de champagne. «Je me mettrais immédiatement au travail. Parler avec tout le monde, écouter et aborder ensemble les prochaines étapes du développement de la FIS.»

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