«Une évolution tout sauf positive»
Même Marco Odermatt veut que Johan Eliasch s'en aille!

Marco Odermatt, Daniel Yule et plusieurs autres skieurs de haut niveau s’opposent ouvertement à une réélection de Johan Eliasch. Quatre candidats ambitieux affrontent le président sortant de la FIS, critiqué pour sa gestion jugée opaque et déficitaire.
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Marco Odermatt n'est pas le seul à prendre ses distances avec le président de la FIS Johan Eliasch (à gauche) : sa réélection en juin est incertaine.
Photo: Sven Thomann
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Marcel W. Perren

L’étau se resserre autour du président de la Fédération internationale de ski, Johan Eliasch!

Après que sa fédération d’origine, la Grande-Bretagne, a refusé de soutenir sa candidature à une réélection, l’homme d’affaires né en Suède a rapidement obtenu un passeport géorgien afin de pouvoir se représenter.

Mais même sous bannière géorgienne, la tâche s’annonce extrêmement compliquée pour lui lors du congrès de la FIS prévu le 11 juin à Belgrade. À 64 ans, il devra faire face à quatre adversaires: Anna Harboe Falkenberg (Danemark), Victoria Gosling (Grande-Bretagne), Alexander Ospelt (Liechtenstein) et Dexter Paine (États-Unis).

Le président sortant semble avoir perdu le soutien d’une grande partie des grandes nations du ski. Diego Züger, qui dirige Swiss-Ski aux côtés de Walter Reusser, ne mâche pas ses mots: «Johan Eliasch a perdu la confiance de nombreuses fédérations nationales. La situation financière de la FIS est préoccupante. La gouvernance, la transparence et la communication présentent de telles lacunes que la situation globale devient inacceptable pour un nombre croissant de fédérations.»

Marco Odermatt très critique

La prise de position du représentant des athlètes de la FIS, AJ Ginnis, illustre également l’ampleur des inquiétudes. Selon lui, les finances de la fédération se sont fortement détériorées depuis l’arrivée de Johan Eliasch. «Au 31 décembre 2025, les fonds propres de la FIS ne s’élevaient plus qu’à environ 43 millions. Il y a cinq ans, ils atteignaient encore 130 millions», explique le médaillé d’argent du slalom des Mondiaux 2023 pour la Grèce.

Au nom de nombreux athlètes, AJ Ginnis a rédigé une lettre retirant toute confiance à la direction actuelle de la FIS.

Dans un entretien accordé à Blick, la superstar suisse Marco Odermatt s’est lui aussi clairement opposée à une réélection d’Eliasch.

«Il y a quelques années, j’avais beaucoup d’espoir avec lui. Parce qu’il arrivait de l’extérieur, pensait différemment et comprenait très bien l’économie mondiale grâce à son parcours d’entrepreneur», explique le Nidwaldien. «Mais nous devons constater que rien n’a réellement avancé ces dernières années. Moi aussi, j’ai entendu de la part d’initiés que les finances de la FIS ne se sont pas améliorées. Il ne reste donc pratiquement plus d’autre solution qu’un changement à la tête de la fédération.»

Daniel Yule charge aussi Eliasch

Le Valaisan Daniel Yule, vainqueur à sept reprises en Coupe du monde, s’est lui aussi publiquement exprimé contre le président de la FIS. «Depuis son arrivée en 2021, il nous a fait énormément de promesses sans en tenir une seule», résume le skieur de 33 ans, très remonté.

À trois semaines de l’élection, Diego Züger estime que «quatre personnalités très respectées sont candidates avec Alexander Ospelt, Victoria Gosling, Anna Harboe Falkenberg et Dexter Paine». Avant d’ajouter: «L’objectif commun est désormais de se rallier derrière la candidature la plus prometteuse afin d’empêcher Johan Eliasch d’être réélu.»

Sollicitée par Blick au sujet de ces accusations, la FIS n’a jusqu’ici pas réagi.


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