Destitution de Johan Eliasch
Urs Lehmann est le grand gagnant de l'élection à la FIS

Alexander Ospelt est le nouveau président de la FIS, après sa victoire face à Johan Eliasch. Une bonne nouvelle pour les grandes fédérations, comme Swiss-Ski, mais aussi pour Urs Lehmann.
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Urs Lehmann peut se réjouir de la destitution de Johan Eliasch.
Photo: keystone-sda.ch
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Matthias Dubach

La menace était sérieuse. Les places fortes du ski alpin, avec leurs étapes mythiques comme Wengen, Adelboden, Kitzbühel ou Bormio, envisageaient de quitter la Coupe du monde pour lancer un circuit indépendant de la FIS. C’était le scénario affiché par les principales fédérations nationales, notamment Swiss-Ski et la fédération autrichienne, en cas de réélection de Johan Eliasch. Leur ultimatum était clair: Soit il part, soit nous quittons la fédération internationale.

Finalement, lors du congrès de la FIS, Johan Eliasch a été battu d’une voix seulement. La Coupe du monde continuera donc de faire étape à Wengen et à Kitzbühel. Sur le plan du calendrier au moins, l’univers du ski reste préservé.

La responsabilité des grandes fédérations

Mais désormais, la nouvelle direction de la FIS, emmenée par son président Alexander Ospelt, sera jugée à l’aune des critiques virulentes formulées contre Johan Eliasch durant la campagne électorale. Ses opposants lui reprochaient notamment d’avoir plongé la fédération dans une situation financière délicate. Ils dénonçaient également un manque de transparence, une communication défaillante et des promesses non tenues, notamment concernant l’augmentation des primes.

Les stars du ski alpin, comme Marco Odermatt, Mikaela Shiffrin ou Loïc Meillard, qui se sont publiquement opposées à Johan Eliasch, attendent désormais des changements concrets. La question des primes figure parmi les priorités. Si aucune amélioration notable n’intervient rapidement, la déception pourrait être à la hauteur des attentes suscitées.

Sur le plan financier, les grandes fédérations telles que Swiss-Ski portent désormais une responsabilité particulière. Leur influence au sein de la FIS s’est renforcée. Les petites fédérations, dont beaucoup avaient soutenu Johan Eliasch, observeront attentivement si les grands acteurs défendent uniquement leurs propres intérêts ou s’ils œuvrent également pour un développement plus équilibré du ski mondial. Un modèle comparable à celui de la FIFA, fondé sur une redistribution solidaire des revenus, est souvent cité comme exemple.

La victoire d'Urs Lehmann

Alexander Ospelt sera-t-il capable de mettre en place cette nouvelle vision? Si cela se produit, une partie du mérite pourrait revenir à Urs Lehmann. L’ancien président de Swiss-Ski apparaît comme le grand bénéficiaire de cette bataille électorale.

Après avoir initialement collaboré avec Johan Eliasch au sein de la FIS, Urs Lehmann s’en était progressivement éloigné avant de rompre définitivement avec lui à l’approche de l’élection. Tout indique désormais qu’il devrait prochainement retrouver un rôle central au sein de l’organisation. Dans cette configuration, il pourrait devenir l’homme fort de la fédération internationale, une position qu’il ne pouvait occuper tant que Johan Eliasch était aux commandes.

Et certains imaginent déjà la suite: Dans quatre ans, Urs Lehmann pourrait succéder à Alexander Ospelt à la présidence de la FIS.

Johan Eliasch reste influent

Il ne faut toutefois pas s’attendre à une révolution immédiate sous l’ère Ospelt. Le Liechtensteinois n’a jamais promis de bouleversements majeurs. Parmi ses propositions figurent notamment un début de saison de ski alpin en Amérique du Sud, des championnats du monde organisés chaque année et un calendrier plus stable à long terme. Des idées intéressantes, mais qui circulent depuis longtemps dans les milieux du ski. Par ailleurs, l’unité affichée par les grandes fédérations pour faire tomber Johan Eliasch pourrait rapidement laisser place à de nouvelles divergences d’intérêts.

Reste enfin une question essentielle: Quel rôle jouera désormais Johan Eliasch? En tant que patron de Head, il demeure l’un des acteurs les plus influents de la discipline. Le triple champion olympique Franjo von Allmen n’est qu’un exemple parmi les nombreuses stars équipées par la marque autrichienne. Même sans la présidence de la FIS, Johan Eliasch devrait continuer à exercer une influence considérable dans les coulisses du ski mondial.

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