Peter Barandun, quels sont vos sentiments après l'élection d'Alexander Ospelt?
C'est un grand moment pour les sports de neige. La tension pendant le vote était insupportable, mais nous pouvons désormais féliciter Alex. C'est un grand pas dans la bonne direction. Désormais, le sport doit à nouveau occuper le devant de la scène.
Alexander Ospelt a obtenu 65 voix, Johan Eliasch 64. Ce résultat serré vous a-t-il surpris?
Énormément. Nous avions tablé sur 70 % des voix pour Alex. C’est pourquoi ce résultat est une déception: de nombreuses nations ont voté différemment de ce qu’elles nous avaient dit. Mais c’est tout de même une bonne chose que cela ait fonctionné.
Le co-CEO de Swiss-Ski a demandé un vote par écrit au début du congrès. Pourquoi?
Le système électronique était utilisé pour la première fois sous cette forme. Nous ne voulions pas prendre ce risque. Je suis presque certain que le résultat aurait autrement été remis en cause. Mais avec cet ancien système, les votes ont été comptés six fois. Il n’y avait aucun doute.
Ce résultat est-il aussi une victoire pour Swiss-Ski?
Nous nous sommes battus comme des fous, nous n’avons pratiquement pas dormi ces derniers temps. Les grandes nations du ski sont plus unies que jamais, nous n’avons jamais été aussi proches. Mais nous n’avons pas remporté une victoire écrasante. C’est à nous de chercher le dialogue avec les petites nations.
Urs Lehmann a démissionné de son poste de CEO de la FIS il y a une semaine. La voie est-elle désormais libre pour qu’il revienne?
C’est au Conseil d’en décider. Nous serions ravis que cela se produise, car Urs est une personnalité forte.
Que se serait-il passé si Johan Eliasch avait gagné? On parlait d’une scission au sein de la FIS…
La majorité des athlètes, des organisateurs et des grandes fédérations étaient contre lui. Cela n’aurait donc pas été une bonne chose pour la FIS. Je ne souhaite pas en dire plus à ce sujet.
La situation financière de la FIS est préoccupante. Comment compte-t-elle redresser la barre?
Les coûts ont presque doublé ces dernières années, tout comme les effectifs, et ce sans valeur ajoutée visible. Nous devons examiner les chiffres de très près, mais aussi améliorer notre image et redynamiser le sport. Je suis convaincu que le redressement sera un succès si tout le monde travaille ensemble et prend du plaisir.
Johan Eliasch a laissé entendre que le CIO avait comploté contre lui. De quoi s’agit-il concrètement?
Je ne connais pas les détails. Mais Johan Eliasch doit s’en prendre à lui-même s’il n’est pas bien vu au sein du CIO.
Malgré sa déception, il a parlé d’une situation win-win. Soit il aurait continué en tant que président, soit il aurait retrouvé sa vie d’avant. Comment avez-vous perçu Johan Eliasch d'un point de vue personnel après ce revers?
Les nombreuses disputes l’ont épuisé. Johan Eliasch était extrêmement travailleur. Mais il n’a pas réussi à rallier son entourage à sa cause. Une scène ce matin devant le congrès était révélatrice: il était tout seul, personne à ses côtés. Johan Eliasch est quelqu’un de particulier, il a essayé. Mais il n’y est pas parvenu. Pour lui, c’est extrêmement amer.
Et la délégation de Swiss-Ski peut-elle faire la fête aujourd’hui?
Nous sommes tous épuisés, mais aujourd’hui, c’est la grande fête. Vous savez, après l’élection, nous nous sommes tous enlacés, tous pays confondus – c’était un beau moment. Je dis toujours aux athlètes: si vous avez quelque chose à fêter, faites-le. C’est ce que nous allons faire nous aussi.