Tanguy Nef s'attaque au slalom
«Sur le podium, j'avais le syndrome de l'imposteur»

Champion olympique de combiné par équipes, Tanguy Nef s'attaque au slalom en individuel ce lundi. Le Genevois va-t-il pouvoir refaire le même coup, lui qui a décroché le meillleur temps sur la Stelvio?
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Tanguy Nef (deuxième depuis la droite) est devenu champion olympique de combiné.
Photo: IMAGO/NTB
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Matthias DavetJournaliste Blick

Jeudi, trois jours après le combiné par équipes. Champion olympique de la discipline en compagnie de Franjo von Allmen, Tanguy Nef s'est présenté devant les médias suisses pour un point-presse avant les épreuves techniques. Les émotions sont encore présentes. «J'étais dans le portillon de départ lundi et je me suis dit: 'Ce sont mes premiers Jeux olympiques, j'ai travaillé toute ma vie pour en arriver là…'.» La voix du Genevois se brise, prise par l'émotion.

Il faut dire que le voir décrocher une médaille d'or lors de JO est un peu une surprise. Jusqu'à lundi, le skieur de la Tzoumaz (VS) était connu sur le circuit comme celui qui n'était jamais monté sur un podium en Coupe du monde. Associé au tout récent champion olympique de descente lors du combiné, on pourrait se dire que c'est le Bernois qui a porté son coéquipier vers la victoire. Tout le contraire! Tanguy Nef a réalisé une incroyable manche de slalom et c'est lui qui a hissé le duo boltigano-veyrite vers le sommet de l'Olympe.

Pourtant, même trois jours après la victoire, le Genevois avait encore de la peine à réaliser. «De temps en temps, je regarde ma médaille et je me dis: 'C'est bon, elle est encore là, c'est une vraie.'» Et il ne l'a pas volée, malgré ce qu'il a pu penser par la suite. «Sur le podium, j'avais un peu le syndrome de l'imposteur à côté de ces trois stars (ndlr: Franjo von Allmen, Loïc Meillard et Marco Odermatt). Je suis presque fan d'eux!»

«Ça va être une autre course»

Ce podium, Tanguy Nef aimerait bien remonter dessus ce lundi. «Mon gros objectif cette saison, c'était une médaille olympique lors du slalom individuel», s'exclame-t-il. Un but qui l'a un peu mis dans une situation cornélienne après le combiné. «J'ai bien profité mais je suis un peu mitigé, parce que j'étais entre deux mondes. Je devais me concentrer sur mon autre échéance et, en même temps, j'étais sur mon petit nuage.»

Le Genevois le confesse: que les gens le nomment champion olympique n'est pas anodin. «On chasse un rêve et le jour où il se réalise, on doit tout prendre.» Meilleur temps de la manche de slalom, il admet ne pas avoir donné forcément des conseils à ses coéquipiers. «Tout le monde a pu voir les images et pratiquer la piste, tempère-t-il. Ça va de toute façon être une autre course.»

Le tracé, lundi, ne sera effectivement pas le même sur le fond de la Stelvio. Tout comme les conditions métérologiques. «Il va falloir être prêts et je suis convaincu que tous les Suisses sont capables de faire quelque chose de très bien. Chaque course a son histoire et je me réjouis d'écrire la prochaine.» Même si en soi, c'est l'Histoire (avec un «H» majuscule) que Tanguy Nef a écrit lundi passé, en devenant le deuxième skieur alpin genevois champion olympique, après Renée Colliard.

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