L’annonce tombe à 7h30, sous un ciel impérial à Cortina d’Ampezzo: Wendy Holdener (32 ans) renonce au géant. Seule parmi les 76 concurrentes inscrites, la Schwytzoise choisit de ne pas s’élancer.
«Elle souhaite se concentrer sur le slalom de mercredi et investir le temps gagné aujourd’hui dans un entraînement de slalom supplémentaire», écrit Swiss-Ski, en précisant que la décision a été prise en accord avec les entraîneurs.
Mais dès la première manche du géant, le doute s’installe car les conditions évoluent au fil de la course. Le vent tourne, surtout entre le centre du parcours et l’arrivée. Dans les secteurs 3 et 4, le top 8 ne compte que des skieuses parties avec un dossard 10 ou supérieur. Lena Dürr (16) pointe deuxième à mi-parcours, Sofia Goggia (17) troisième. Wendy Holdener, elle, aurait pris le départ avec le dossard 18.
Le renoncement de Wendy Holdener est peut-être pourtant exactement ce qu’il fallait. Les arguments en faveur de cette décision sont clairs: elle n’a jamais terminé dans le top 10 en géant cet hiver. Pendant que d’autres y laissent de l’énergie, elle peut se concentrer pleinement sur sa discipline de prédilection. Elle connaît en outre déjà la piste, pour l’avoir affrontée lors du slalom combiné, où elle a terminé deuxième.
Mais les arguments contraires existent aussi. En course, on ne maîtrise jamais tout: météo changeante, état de la neige, chutes, abandons… Même une outsider peut tirer son épingle du jeu. Aucun entraînement ne remplace la pression et les repères d’une compétition. Et chaque départ permet aussi d’évacuer un peu de nervosité, d’accumuler des sensations, d’observer l’évolution de la piste.
Pas encore de justification détaillée de Swiss-Ski
Il faut toutefois préciser que Wendy Holdener n’a privé aucune autre Suissesse d’un dossard. Certes, elle n’a pas rempli les critères de sélection en géant (un top 7 ou deux top 15), mais son statut de référence mondiale en slalom lui garantissait de toute façon une présence à Cortina. Par ailleurs, Swiss-Ski a utilisé l’intégralité de son quota maximal de onze skieuses.
Une demande de Blick visant à obtenir une justification plus précise du renoncement de Wendy Holdener est restée sans réponse. Au final, il faudra attendre le slalom pour savoir si ce choix était judicieux - ou non.