Match à sept points!
Killian Mottet: «Le plaisir vient en jouant et en gagnant»

Deux buts, cinq passes décisives: c'était jour de fête pour Killian Mottet, samedi à Thurgovie (2-7). Le Fribourgeois de Sierre revient sur son début de saison en Valais avant le match au sommet face à Bâle.
Photo: Pascal Muller/freshfocus
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Grégory BeaudJournaliste Blick

De là à dire que Killian Mottet est trop fort pour jouer en Swiss League, il n'y a qu'un pas. «Moi, je ne le dirais pas comme ça», rigole-t-il. Mais les observateurs ayant vu le match entre Thurgovie et Sierre (2-7), samedi, en sont probablement arrivés à cette conclusion. Le Fribourgeois de 35 ans a tout simplement été impliqué sur 100% des sept buts de la formation valaisanne. Rien que ça! Avec deux buts et cinq passes décisives, il s'est même établi comme le troisième meilleur compteur de deuxième division et le meilleur artificier suisse.

Ce mardi soir, les Sierrois, deuxièmes au classement, seront opposés à Bâle, leader. Un match au sommet qui est la bonne occasion pour prendre des nouvelles de Killian Mottet, débarqué fraîchement à Graben.

Killian, un match à sept points, ce n'est pas anodin quand même...

Après le cinquième point, j'ai dit à Fatton, qui était deuxième gardien ce soir-là: «Punaise, cinq points, c'est la première fois de ma carrière, je pense.» Puis le sixième et le septième sont arrivés, donc c'était une situation assez spéciale. Je savais que j'étais sur tous les buts. Mais c'est Eric Catonguay, l'entraîneur assistant, qui a regardé sur le site de la ligue directement après le match. Il m'a félicité et m'a dit que sur le dernier, ils m'avaient mis le but, mais qu'à son avis, c'était plutôt un assist.

Comment vis-tu ce joli début de saison, collectivement mais aussi individuellement?

Faire sept points en un match, ça fait vraiment du bien au moral et ça fait super plaisir. Au niveau de l'équipe, on est sur une bonne lancée. On essaie de se faire plaisir et de vraiment jouer comme le demande le staff. Pour le moment, ça fonctionne plutôt bien.

Quelle est la principale différence pour toi? Les gardiens qui descendent d'un étage disent souvent que tout va moins vite et qu'ils ont un temps d'avance sur l'attaquant, parce que les contrôles sont moins précis. Pour un joueur de champ, quelle est la principale adaptation?

Ce qui est le plus flagrant pour moi, ce sont les phases de match. Pendant cinq, sept, huit minutes, il ne se passe pas grand-chose. Il y a des icings, des hors-jeu, des arrêts de jeu. Et tout d'un coup, pendant cinq minutes, ça va à gauche, à droite, devant, derrière, ça part dans tous les sens. Typiquement, samedi à Thurgovie, c'était 2-2 après deux tiers et on finit 7-2. Et à Arosa, c'était 1-0 ou 2-0 après le premier tiers, et le match se termine 8-2. Tout d'un coup ça part, il y a un power-play, un but, deux buts, trois buts. Puis plus rien. Puis ça repart. C'est vraiment ce qui m'a le plus marqué jusqu'à maintenant.

Tu as eu Chris McSorley plus qu'à ton tour sur le banc d'en face. Ça doit forcément être différent de jouer pour lui. Comment ça se passe?

(Rires) Ça se passe super bien. C'est quelqu'un qui communique énormément et qui est très clair dans ce qu'il veut. Effectivement, j'ai beaucoup plus joué contre lui qu'avec lui. Mais j'avais toujours cette image de quelqu'un qui donne 200% derrière le banc et qui protège ses joueurs. C'est exactement ce que je ressens aussi: si quelque chose se passe mal, ou si une décision est un peu mauvaise, il sera toujours là pour défendre ses joueurs. C'était l'image que j'avais de lui de l'extérieur, parce que je ne le connaissais pas plus que ça. C'est vraiment quelqu'un d'honnête, qui dit les choses et qui n'hésite pas à élever la voix quand il le faut.

La saison dernière à Ajoie s'est plutôt bien passée pour toi, par rapport à ce que tu avais vécu avant à Fribourg. Mais à Sierre, dans un rôle qui te convient peut-être davantage, est-ce que tu retrouves un plaisir que tu avais un peu égaré ces derniers temps?

Oui, clairement. L'envie et le plaisir étaient toujours là, mais peut-être un peu moins haut. Ici, on a énormément de liberté pour jouer, c'est satisfaisant, et le plaisir vient aussi en jouant comme ça. Si on prend l'exemple de l'an passé avec Ajoie, je crois qu'en fin de saison, on ne gagnait presque plus. C'est pesant de ne gagner que de temps en temps. Là, on en est à cinq victoires de suite en championnat, donc ça met automatiquement une bonne ambiance. Je retrouve vraiment le plaisir de jouer.

Maintenant que tu connais un peu mieux la ligue, sur quel point peux-tu encore progresser pour être plus efficace, par rapport au joueur que tu as été et à celui que tu dois devenir ici?

Je dirais peut-être être plus intelligent avec le puck. Des fois, je prends trop de risques, ou peut-être pas assez justement. Et puis, comme tu le disais au début, être un peu plus patient, parce qu'on a effectivement un peu plus de temps. J'ai tendance à me précipiter, parce qu'en National League, ça va plus vite. Donc un petit peu plus de patience avec le puck, et même sans le puck, me positionner de meilleure manière. Si j'améliore ça, le reste va venir.

Ce mardi, vous affrontez Bâle, leader. Un match d'octobre ne décide rien pour la fin de saison, mais peut-on déjà marquer les esprits, voire gagner une bataille psychologique contre un adversaire direct?

Oui, je pense. Ils sont premiers, ils ont deux matches de plus et ils n'en ont perdu qu'un sur sept. En plus, on joue à domicile. C'est important de leur montrer que même avec deux matches en moins, on est là et qu'on est prêt à se battre pour cette première place.

Swiss League 25/26
Équipe
J.
DB.
PT.
1
HC Sierre
HC Sierre
50
103
108
2
HC Thurgau
HC Thurgau
50
38
93
3
EHC Visp
EHC Visp
50
29
93
4
HC La Chaux-de-Fonds
HC La Chaux-de-Fonds
50
23
92
5
EHC Chur
EHC Chur
50
37
91
6
EHC Bâle
EHC Bâle
50
28
91
7
EHC Olten
EHC Olten
50
35
75
8
GCK Lions
GCK Lions
50
0
71
9
EHC Winterthur
EHC Winterthur
50
-52
52
10
Bellinzona Snakes
Bellinzona Snakes
50
-111
34
11
EHC Arosa
EHC Arosa
50
-130
25
Playoffs
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