Un avenir encore incertain
La championne d'Europe Angelica Moser est touchée par la situation de son petit ami hockeyeur

Angelica Moser a enfin pu remonter sur le podium en Diamond League, après un son parcours semé d’embûches lié à ses blessures, l’essor de l’athlétisme suisse et l’avenir incertain de son compagnon Kevin Bozon.
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La perchiste Angelica Moser a réalisé un début de saison en plein air de rêve.
Photo: keystone-sda.ch
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Yara Vettiger

En mars encore, Angelica Moser avançait en plein brouillard. La perchiste zurichoise composait avec une blessure persistante au pied, à laquelle est venue s'ajouter une élongation à la cuisse quelques semaines avant les Mondiaux en salle de Nankin. Chaque entraînement relevait alors du numéro d'équilibriste: en faire trop était risqué, mais en faire trop peu l'était tout autant.

«C'était extrêmement éprouvant. À chaque séance, il fallait tester les limites et voir jusqu'où je pouvais aller. On ne sait jamais vraiment ce que le corps va permettre. Mentalement, c'était très difficile», raconte aujourd'hui la championne d'Europe.

Difficile d'imaginer, dès lors, qu'elle allait décrocher quelques semaines plus tard une médaille de bronze mondiale en salle. Et la suite a été encore plus impressionnante.

Fin mai, la Zurichoise a lancé sa saison en plein air de la meilleure des manières. Troisième des meetings de Diamond League de Rabat puis de Rome, elle a immédiatement retrouvé les sommets. Une belle surprise pour celle qui avançait encore avec prudence quelques mois plus tôt. «Commencer la saison à 4,70 m, c'était fantastique. Je n'avais encore jamais débuté aussi haut. Et enchaîner ensuite avec 4,80 m, ça m'a même surprise.»

Une préparation loin d'être idéale

Pourtant, l'hiver a ressemblé à un véritable parcours du combattant. Victime d'une inflammation du fascia plantaire en décembre, elle avait déjà dû repousser le début de sa saison en salle. Puis, alors que son pied commençait enfin à aller mieux, sa cuisse s'est mise à la faire souffrir. «Franchement, ça a été une vraie galère», lâche-t-elle dans un sourire.

Jusqu'à récemment, ses semaines étaient rythmées par les séances de rééducation et les longs trajets à travers la Suisse. Elle consultait régulièrement le médecin de Swiss Athletics à Abtwil, dans le canton de Saint-Gall, et se rendait même jusqu'à Ambri pour certains traitements spécifiques. Il lui arrivait parfois de passer la nuit chez une amie à Lucerne afin de réduire les déplacements.

Aujourd'hui, cette période semble déjà loin derrière elle. Sa cuisse est totalement guérie et son pied est devenu beaucoup plus stable. «À l'entraînement, je peux à nouveau tout faire. Pendant la saison en salle, ce n'était pas encore le cas.» Surtout, elle a retrouvé une confiance totale en son corps. «En compétition, je ne sens pratiquement plus rien. C'est aussi pour cela qu'on saute plus haut. On ne passe plus son temps à se demander ce qui va faire mal aujourd'hui.»

Un titre européen à défendre

Ce début de saison prometteur nourrit naturellement les ambitions en vue des Championnats d'Europe de Birmingham, prévus en août.

«Défendre mon titre, c'est évidemment un rêve. C'était déjà mon objectif au début de la saison. Mais ce ne sera pas simple, car les autres ont elles aussi très bien commencé l'année.»

Angeliica Moser s'inscrit dans une dynamique plus large. L'athlétisme suisse traverse actuellement une période exceptionnelle. Simon Ehammer, Audrey Werro, Mujinga et Ditaji Kambundji ou encore Jason Joseph jouent régulièrement les premiers rôles sur la scène internationale.

«Nous ne sommes plus la petite Suisse venue pour faire de la figuration. Nous faisons partie des meilleures nations. Tout le monde vise désormais les médailles et personne ne s'en cache.» Selon elle, les succès des uns tirent les autres vers le haut. «Quand tout le monde voit plus grand, on finit naturellement par faire la même chose.»

À tel point que ces performances finissent parfois par sembler normales. «C'est peut-être en train de devenir la norme. À Rabat, Audrey gagne et je termine troisième. Et notre réaction est simplement: 'Cool.' Pourtant, il faut parfois prendre du recul et se rappeler qu'il s'agit de la Diamond League. Mais aujourd'hui, cela paraît presque naturel.»

Elle le dit avec le sourire. Car les sportifs de haut niveau sont les premiers à vouloir repousser leurs limites. «J'espère simplement que les gens profitent de cette génération. Ce que nous vivons actuellement est exceptionnel. Rien ne garantit qu'une génération aussi forte reviendra un jour, même si je l'espère évidemment.»

Un avenir encore flou pour Kevin Bozon

Sur le plan privé aussi, quelques incertitudes subsistent. Son compagnon, le hockeyeur Kevin Bozon, se retrouve sans club après son départ d'Ajoie et doit désormais trouver un nouveau point de chute. «Il ne sait lui-même que depuis deux semaines qu'il doit chercher une nouvelle solution», explique Angelica Moser.

La situation ne l'inquiète cependant pas particulièrement. «Je ne suis pas stressée pour nous. En revanche, je sais que cette période est très difficile pour lui et ça me touche. J'espère simplement qu'il trouvera une bonne solution.»

Tous deux sont habitués aux contraintes du sport de haut niveau. Ils vivent actuellement ensemble à Courrendlin, dans le Jura, une situation idéale jusqu'ici. «C'était parfait. Kevin s'entraînait à Porrentruy et je rejoignais Macolin en une demi-heure.» Leur avenir géographique dépendra désormais du prochain club de l'attaquant.

«Bien sûr, nous aimerions continuer à vivre ensemble. Mais nous sommes des sportifs professionnels. Si nous devons passer un ou deux ans dans des endroits différents, nous trouverons une solution.»

Une nouvelle mission

En parallèle de sa carrière sportive, Angelica Moser s'est récemment engagée comme ambassadrice de la Fondation Laureus Suisse. «Je connaissais déjà Laureus et j'ai accepté immédiatement. C'est un immense honneur.»

Un rôle qui lui tient particulièrement à cœur. Plus jeune, elle admirait Roger Federer ou encore Nicole Büchler, pionnière suisse du saut à la perche. Aujourd'hui, c'est elle qui inspire la relève.

«D'autres athlètes m'ont transmis le plaisir du sport. Désormais, je peux à mon tour montrer aux jeunes que même en venant d'un petit pays comme la Suisse, il est possible de réaliser de grandes choses.»

Un message qui lui ressemble parfaitement. Car Angelica Moser sait mieux que quiconque que les plus belles réussites naissent souvent là où beaucoup auraient déjà abandonné.

National League 25/26
Équipe
J.
DB.
PT.
1
HC Davos
HC Davos
52
71
117
2
HC Fribourg-Gottéron
HC Fribourg-Gottéron
52
46
100
3
Genève-Servette HC
Genève-Servette HC
52
15
91
4
ZSC Lions
ZSC Lions
52
32
91
5
HC Lugano
HC Lugano
52
30
89
6
Lausanne HC
Lausanne HC
52
18
85
7
Rapperswil-Jona Lakers
Rapperswil-Jona Lakers
52
-4
81
8
EV Zoug
EV Zoug
52
-19
75
9
SC Berne
SC Berne
52
-10
68
10
EHC Bienne
EHC Bienne
52
-22
67
11
SCL Tigers
SCL Tigers
52
-7
64
12
EHC Kloten
EHC Kloten
52
-26
63
13
HC Ambri-Piotta
HC Ambri-Piotta
52
-49
59
14
HC Ajoie
HC Ajoie
52
-75
42
Playoffs
Barrages qualificatifs
Barrages de relégation
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