Le match venait de se terminer quand Robert Mayer a quitté la glace pour se présenter devant le Parterre des supporters grenat. L'ancien gardien des lieux s'est vu prêter la scène par le capo des ultras. Un micro dans une main, son fils Gabriel, 6 ans, dans l’autre bras. Face aux supporters de Genève-Servette, le gardien de Lugano a pris le temps de dire au revoir. «Je voulais dire aux fans ce que je ressentais pour eux. Que j’ai vraiment apprécié ces dernières années et qu’on a tellement de bons souvenirs ensemble, explique-t-il. C’est tout ce qui compte. Le reste, c’est du passé.»
Onze saisons, le premier titre de l’histoire du club en 2023, la Ligue des champions en 2024: le portier de 37 ans avait de quoi dire merci. Le public aussi. «Recevoir une telle réaction en tant que gardien visiteur, c’est très spécial. Très touchant», glisse-t-il. «Ça donne tout leur sens à ces dernières années. C’était très beau de la part du club et des fans de m’accueillir ainsi.»
«J’ai dû me retenir»
La soirée avait commencé la veille. Arrivé un jour plus tôt avec Lugano, Mayer a dormi chez lui, dans son lit. «Pour être honnête, je n'ai pas dormi différemment de d'habitude. Je n'ai pas trop pensé au match. Avec l'âge, j'ai pas mal d'expérience quand même (rires). J’ai simplement suivi mes routines, raconte-t-il. C’est juste avant d’aller sur la glace que l’émotion a commencé à monter. J’ai dû me retenir un peu, ne pas me laisser emporter.»
Ses coéquipiers l’ont aidé en faisant le break dès le premier tiers. «Je crois qu’ils ont vu à quel point ce match était spécial pour moi.» Un cadeau? «Pas complètement. Ça m’a un peu aidé avec les émotions. Mais il y a urgence, on doit gagner des matches maintenant. Après 13 rencontres, ce n’est plus le début de saison. On ne peut pas perdre le contact avec le top 6.»
Le blanchissage lui a échappé, mais il s’en moque. «Les statistiques, ça ne compte pas pour moi. Ce qui compte, ce sont les trois points à Genève.» Lucide, il relativise aussi la portée du succès: «Genève a de grands joueurs, mais il leur manquait plus de la moitié de l’équipe. On ne doit pas trop s’emballer.»
La famille le suit à Lugano
Samedi, Mayer évoquait encore un nouveau chapitre «pour quelques mois» et un fils scolarisé à Genève. La décision est désormais prise. «On déménage ensemble pendant la pause internationale. J’ai besoin de ma famille.»
Dans les tribunes, ses proches avaient pris place dans une loge offerte par son ancien coéquipier, Arnaud Jacquemet. «Après plus de dix ans, c'était la moindre des choses», a éclaté de rire Robert Mayer. Mais au-delà de la blague, il a admis avoir été touché par le geste de son ancien employeur.
Sa femme s’est chargée du reste. «Je ne sais même pas qui était là, elle a invité tout le monde», rigole-t-il. Avant de conclure, sans nostalgie: «Dans le sport, tout le monde passe à autre chose. On ne rajeunit pas, de nouveaux joueurs arrivent et les anciens cèdent leur place. C'est normal. Le plus important, c’est qu’on ait inspiré de nouvelles générations à Genève. Et je voulais transmettre ce message aux supporters du Genève-Servette.»
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | ZSC Lions | 13 | 24 | 33 | |
2 | HC Ambri-Piotta | 13 | 3 | 24 | |
3 | Genève-Servette HC | 14 | 0 | 24 | |
4 | SCL Tigers | 14 | 5 | 22 | |
5 | HC Fribourg-Gottéron | 13 | 13 | 21 | |
6 | Lausanne HC | 15 | 0 | 21 | |
7 | SC Berne | 12 | 2 | 20 | |
8 | HC Davos | 14 | -6 | 19 | |
9 | HC Ajoie | 14 | -4 | 19 | |
10 | HC Lugano | 13 | 0 | 18 | |
11 | EV Zoug | 8 | 11 | 16 | |
12 | EHC Bienne | 13 | -5 | 16 | |
13 | EHC Kloten | 14 | -24 | 12 | |
14 | Rapperswil-Jona Lakers | 14 | -19 | 11 |