Pas d'histoire à succès
Les raisons de l'échec de Martin Filander au HC Bienne

Il a su promouvoir les jeunes avec réussite, mais n’est jamais parvenu à faire progresser l’équipe, qu’il a même fini par perdre. Entre le HC Bienne et Martin Filander, l’histoire n’aura jamais vraiment pris.
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Martin Filander n'est plus l'entraîneur du HC Bienne.
Photo: ANTHONY ANEX
Marcel Allemann

Le contrat de Martin Filander avait encore été prolongé jusqu’en 2027 juste avant le début de cette saison. Un signal de confiance après un exercice déjà compliqué, qui ne s’était pas révélé payant pour l'EHC Bienne. Mais après plusieurs mois supplémentaires jugés insuffisants, les Seelandais ont fini par perdre patience avec l’entraîneur suédois.

La situation au classement constitue évidemment la principale raison de ce licenciement. Onzième, Bienne conserve certes encore une chance d’accéder aux play-in, voire aux play-off, mais à onze matches de la fin, la marge est devenue infime. D’autant que Kloten et Ambri-Piotta poussent derrière, tandis qu’à Bienne, personne n’envisage sereinement une éventuelle série de play-out contre Ajoie.

Des circonstances atténuantes lors de la première saison

Lors de sa première saison (2024/2025), Filander avait conduit l’équipe à la 11e place. Un classement décevant, certes, mais relativisé par le contexte: une année de transition assumée, une vague de blessures d’une ampleur exceptionnelle, et la réussite du coach à intégrer de jeunes talents formés au club, comme Jonah Neuenschwander et Niklas Blessing. Ces éléments avaient alors joué en sa faveur. Le Suédois avait même été salué pour la confiance accordée à ces jeunes, y compris dans des moments clés.

Mais lors de sa deuxième saison, avec nettement moins de malchance sur le plan médical – retour du leader Gaëtan Haas après un an d’absence, l’arrivée de trois étrangers ambitieux (Linus Hultström, Oskari Laaksonen, Marcus Sylvegaard), ainsi que de nouveaux espoirs comme Rodwin Dionicio et Petr Cajka, aucun progrès notable n’a été observé. Laaksonen a déjà quitté le club en décembre, et les prestations de l’équipe sont souvent restées décevantes. Bienne a alterné entre matches aboutis et victoires enthousiasmantes à domicile, comme encore en janvier face à Davos et Lugano, et performances inquiétantes, surtout à l’extérieur, avec parfois de véritables naufrages. Comme samedi, lors de la lourde défaite 6-1 à Fribourg, qui a fait déborder le vase.

Une relation avec l’équipe qui s’est détériorée

Depuis un certain temps déjà, de nombreux joueurs n’atteignaient pas, ou trop rarement, le rendement attendu. En premier lieu des cadres confirmés comme le gardien Harri Säteri, Toni Rajala ou Jere Sallinen, mais aussi Lias Andersson, Marcus Sylvegaard et un Linus Hultström très irrégulier. En dehors de Fabio Hofer, Johnny Kneubuehler, des jeunes Neuenschwander, Blessing et Dionicio, la seconde ligne peinait également à se mettre en évidence. En parallèle, des échos faisaient état d’une relation de plus en plus tendue entre Filander et une partie du vestiaire. Parmi ces joueurs figurait vraisemblablement le défenseur Robin Grossmann, laissé sur la touche ces dernières semaines. L’ensemble a fini par convaincre les dirigeants qu’il n’était plus possible de maintenir le technicien nordique en poste. Le soutien lié à son travail avec les jeunes n’a plus suffi.

Avec cette décision, Bienne provoque le quatrième changement d’entraîneur en National League cette saison. Avant lui, Jussi Tapola à Berne, Yorick Treille à Genève-Servette, et Luca Cereda à Ambri avaient déjà quitté leurs fonctions, tous à l’automne. Contrairement à ces clubs, qui ont rapidement trouvé une solution, la question de la succession reste ouverte à Bienne. Ce mercredi, c'est l'EV Zoug qui a annoncé qu'il remerciait Michael Liniger avec effet immédiat.

Steinegger à nouveau – ou la piste Wohlwend?

À court terme, les assistants Mathias Tjärnqvist et Beat Forster assurent l’intérim dans le Seeland. La solution la plus évidente serait une reprise en main par le directeur sportif Martin Steinegger, comme il l’avait déjà fait il y a deux ans après le départ de Petri Matikainen. Mais si cette option interne avait été privilégiée, elle aurait sans doute été annoncée immédiatement.

Tout indique donc que le club explore au moins la piste d’un entraîneur venu d'ailleurs. Peut-être du côté du club partenaire d'Olten, où officie l’impétueux Christian Wohlwend, réputé capable de réveiller une équipe parfois en manque d’intensité.

National League 25/26
Équipe
J.
DB.
PT.
1
HC Davos
HC Davos
45
58
99
2
HC Fribourg-Gottéron
HC Fribourg-Gottéron
46
45
88
3
ZSC Lions
ZSC Lions
45
29
80
4
HC Lugano
HC Lugano
45
30
78
5
Genève-Servette HC
Genève-Servette HC
45
7
77
6
Lausanne HC
Lausanne HC
46
21
76
7
Rapperswil-Jona Lakers
Rapperswil-Jona Lakers
46
-14
67
8
EV Zoug
EV Zoug
45
-18
64
9
SC Berne
SC Berne
45
-9
61
10
SCL Tigers
SCL Tigers
45
1
61
11
EHC Bienne
EHC Bienne
45
-21
58
12
HC Ambri-Piotta
HC Ambri-Piotta
45
-41
52
13
EHC Kloten
EHC Kloten
45
-24
51
14
HC Ajoie
HC Ajoie
46
-64
39
Playoffs
Barrages qualificatifs
Barrages de relégation
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