«C'est notre boulot»
Écarter des joueurs pour avancer: la délicate, mais indispensable, mission de Jan Cadieux

Jan Cadieux a une lourde responsabilité: annoncer, les yeux dans les yeux, aux joueurs écartés du Mondial qu'ils peuvent partir en vacances plutôt qu'aller à la chasse aux médailles. L'activation de la trancheuse est imminente.
Jan Cadieux réfléchit sans cesse à sa liste de 25 joueurs.
Photo: Claudio De Capitani/freshfocus
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Jan Cadieux le promet : pas question d’envoyer un SMS aux joueurs qui ne seront pas gardés ou, pire, qu’ils apprennent leur éviction via un communiqué de presse. «Les joueurs méritent du respect et que le coach ait le courage de leur dire les yeux dans les yeux qu’ils quittent l’effectif», assure le sélectionneur national, lequel aura des choix douloureux à faire dans les prochains jours. Son équipe de Suisse prépare en effet un événement massif, le championnat du monde, et il n’y aura pas de la place pour tout le monde. 

«Malheureusement, nous ne pouvons prendre que 25 joueurs. Mais je tiens à dire une chose: si on gagne une médaille à la fin, ceux qui étaient là au début du stage auront contribué à ce que ce soit le cas. Ils ont rendu meilleurs les joueurs qui iront au championnat du monde chercher le podium», explique-t-il, plus que tout désireux de renforcer le «Swiss Spirit» au sein de la Nati.

Combien des quatre joueurs présents devant lui, Jan Cadieux (Calvin Thuerkauf, Dario Meyer, Lorenzo Canonica and Miles Müller?) emmènera-t-il au Mondial?
Photo: keystone-sda.ch

«C’est cet état d’esprit qu’on veut créer, oui. On construit une équipe pour le championnat du monde et on veut y être compétitifs. Mais si vous regardez le line-up que l’on a sélectionné pour ce début de préparation, il y a des jeunes joueurs qui sont là aussi pour accumuler de l’expérience. Les minutes de glace qu’on leur donne, il faut qu’ils s’en servent pour s’améliorer et, dans deux ou trois ans, jouer un rôle en vue peut-être. Ce développement continu s’est mis en place depuis des années et c’est notre responsabilité, au staff, de continuer à le développer», enchaîne Jan Cadieux, qui vient officiellement de succéder à Patrick Fischer et devra, dans les prochains jours, prendre des décisions difficiles en allant toquer à la porte des joueurs à l’hôtel et leur annoncer qu’ils peuvent faire leur sac et partir en vacances. 

La Suisse, même si elle vient de battre deux fois la Hongrie 6-1, va en effet accueillir de nouveaux joueurs venus de Davos et de Fribourg, mais aussi bien sûr de NHL. Et, même si le timing précis des annonces n’est pas encore connu, il va y avoir «de la casse» dans l’effectif qui vient d’effectuer deux semaines de préparation très intenses.

«C'est difficile, mais c'est notre boulot»

«Bien sûr que ça va être très difficile, encore plus après ce que l’on a vécu ces deux dernières semaines. On est passé par plusieurs émotions, comme dans un carrousel», explique le sélectionneur, en faisant implicitement référence au renvoi de Patrick Fischer. «L’atmosphère dans cette équipe est très spéciale. Tous les joueurs qui viennent sont fiers de jouer pour la Suisse et donnent tout. C’est encore plus difficile de prendre des décisions, mais c’est notre boulot. J’essaie de laisser mes émotions de côté et de soutenir les joueurs. Ils le méritent, parce qu’ils ont envie de venir jouer pour la Suisse. On doit le cultiver.»

En ce qui concerne ces deux succès 6-1 contre les valeureux mais limités Magyars, Jan Cadieux se réjouit qu’ils soient venus «valider» deux bonnes semaines de travail. Le match de vendredi lui a semblé d’ailleurs plus abouti que celui de jeudi. «C’était un match plus complet, oui, on s’est montrés constants sur 60 minutes. Après, je trouve qu’on a trop patiné avec le puck dans la zone offensive à mon goût. On doit le faire plus travailler, attaquer plus l’intérieur, aller dans ces zones qui font mal. C’est ce qui fera la différence ces prochaines semaines», analyse-t-il, sans se montrer trop exigeant non plus par rapport à ces deux rencontres vu qu’elles venaient ponctuer deux semaines de gros travail physique.

Une montée en puissance physique avant le Mondial

«Il y avait deux messages cette semaine, confirme-t-il. Le premier, c’était de travailler physiquement. On a poussé les gars, que ce soit sur la glace ou en dehors. D’ailleurs, regardez, je suis face à vous vingt minutes après le match et ils sont encore en train de s’entraîner. La deuxième priorité, c’était de voir un bon état d’esprit sur la glace, indépendamment de l’adversaire. On devait se concentrer sur nous et ce qu’on voulait mettre en place. On l’a bien fait, c’est positif.»

Photo: Claudio de Capitani/freshfocus

Les axes d’amélioration sont déjà connus et identifiés. «Il est nécessaire de continuer à développer notre jeu défensif. On a changé deux ou trois choses dans ce secteur, et ce sera intéressant de voir la semaine prochaine face à d’autres adversaires si ces adaptations sont efficaces ou non. J’ai hâte de savoir. Parce que oui, on marque des buts. Mais c’est notre solidité défensive qui va faire la différence au Mondial.»

Il reste six matches à la Nati avant le début de cette compétition si attendue: trois doubles-confrontations contre la Tchéquie, la Finlande et la Suède. Trois beaux adversaires qui permettront de vraiment monter en puissance avant le 15 mai et ce lâcher de puck face aux féroces Américains. La tension monte! 

Mondial 2026: Groupe A
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Autriche
Autriche
0
0
0
1
Finlande
Finlande
0
0
0
1
Allemagne
Allemagne
0
0
0
1
Royaume-Uni
Royaume-Uni
0
0
0
1
Hongrie
Hongrie
0
0
0
1
Lettonie
Lettonie
0
0
0
1
Suisse
Suisse
0
0
0
1
Etats-Unis
Etats-Unis
0
0
0
Playoffs
Relégation
Groupe B
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Canada
Canada
0
0
0
1
République Tchèque
République Tchèque
0
0
0
1
Danemark
Danemark
0
0
0
1
Italie
Italie
0
0
0
1
Norvège
Norvège
0
0
0
1
Slovaquie
Slovaquie
0
0
0
1
Slovénie
Slovénie
0
0
0
1
Suède
Suède
0
0
0
Playoffs
Relégation
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