«J’espérais une fin glorieuse»
Patrick Fischer dit ses quatre vérités après le scandale du Covid

Patrick Fischer revient sur les mois difficiles qui ont suivi son licenciement de l’équipe de Suisse. Entre regrets, soutien de ses proches et envie de tourner la page, l’ancien sélectionneur raconte comment il tente de se reconstruire après la polémique.
Quatre mois après son licenciement, l'ancien sélectionneur de l'équipe nationale Patrick Fischer a fait la paix avec cette situation.
Photo: TOTO MARTI
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Nicole Vandenbrouck et Toto Marti

La vie n'est pas un long fleuve tranquille. Pourtant, malgré tous les évènements, Patrick Fischer retrouve une vie normale. Après avoir déposé sa fille Oceania, 6 ans, à l’école, son chien, Ilios, lui fait sa fête. Le signe d'un bonheur retrouvé? Son épouse, Mädy, observe la scène avec le sourire. Le couple paraît détendu, complice, taquin. Patrick Fischer expliquera plus tard que sa femme a été son pilier durant ces mois difficiles. Interview dans la maison familiale.

Patrick Fischer, la nouvelle saison de hockey approche. Ressentez-vous une excitation familière?
Non. Pendant 44 ans, depuis que j’ai commencé le hockey à l’âge de six ans, l’impatience à l’approche de la nouvelle saison a toujours été immense. Comme joueur, puis comme entraîneur. Aujourd’hui, tout est plus calme. Ce sentiment me manque, mais c’est agréable aussi.

Quelle place occupe le hockey dans votre vie actuellement?
Hier encore, je parlais avec Jan Cadieux, l’entraîneur de l’équipe de Suisse, qui avait quelques questions. Beaucoup de mes amis travaillent dans le hockey, donc le sujet revient souvent. Quand je suis au téléphone avec quelqu’un travaillant pour un club, je lui demande évidemment comment ça se passe. Je continue bien sûr à m’intéresser à ce qui se passe dans le monde du hockey. Mais je suis beaucoup plus détaché. Je suis plus serein, parce que je n’ai plus à m’en occuper au quotidien.

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Je n’aurais pas dû aller en Chine. Mais, à mes yeux, je n’ai pas trahi l’éthique de mon équipe
»

L’ambiance du vestiaire vous manque-t-elle après tant d'années?
C’est peut-être encore un peu tôt pour le dire. Comme joueur, j’y passais énormément de temps. Comme entraîneur, beaucoup moins, car le vestiaire appartient aux joueurs. C’est là que se vivent les grands moments. Après ma carrière de joueur, oui, ça m’avait manqué. Aujourd’hui, ce sont surtout les personnes avec lesquelles j’ai travaillé si longtemps qui me manquent. Il y a deux semaines, nous avons organisé une fête d’adieu chez moi avec le staff de la Nati. Mais ces personnes feront toujours partie de ma vie. Peut-être que ça me manquera davantage à l’approche du Championnat du monde. Et bien sûr, cela a été compliqué en mai dernier.

À la demande des joueurs, vous étiez à Zurich pour assister en direct à la finale.
Au début, je pensais que je ne pourrais regarder aucun match. Je ne voulais déranger personne, il y avait tellement de bruit autour de moi. Mais je me sentais proche du staff et des joueurs. Je me suis dit que s’ils arrivaient en finale et que je venais au stade, je ne dérangerais plus personne. J’étais aux anges, je les encourageais. Et après le deuxième tiers, j’étais agacé de voir qu’ils n’arrivaient pas à trouver leur rythme. J’ai même brièvement pensé à descendre au vestiaire (sourire). J’étais tellement convaincu que nous allions gagner l’or. Après le but finlandais, j’avais de la peine à y croire. Vraiment? Encore? C’est là que j’ai compris exactement ce que les joueurs ressentaient.

Quelle part de Patrick Fischer y avait-il encore dans cette équipe au Mondial? Jan Cadieux avait-il déjà changé beaucoup de choses?
Je lui avais dit, la saison dernière, de commencer à se mettre dans la peau d’un entraîneur principal, puisqu’il était clair qu’il prendrait la suite. Tout était en place: le système de jeu, le staff, les conditions. Elles étaient idéales, et j’aurais été surpris que l’équipe ne fonctionne pas. Quelle part de moi restait-il? Je ne sais pas. Le système de jeu était le même. Mais Jan a évidemment dû prendre beaucoup de décisions concernant l’effectif pour le tournoi. Ce n’était pas facile pour lui. Jan et tout son staff ont fait un travail remarquable.

Lors du Mondial, les supporters ont exprimé leur gratitude envers l'ancien sélectionneur.
Photo: keystone-sda.ch

Pendant le Mondial, Jan Cadieux a insisté sur le fait qu’il était en contact avec vous. Cela va-t-il continuer?
Absolument, et j’apprécie beaucoup. Nous nous parlons régulièrement, tant que cela lui est utile. Il n’est pas responsable de ce qui s’est passé. Après la décision de me licencier, mon équipe n’était pas contente. Ça a été un choc de devoir leur annoncer la nouvelle. Je ne voulais pas qu’ils lâchent tout à cause de moi.

Comment les en avez-vous empêchés?
Au début, c’était très difficile pour tout le monde. J’avais recommandé la plupart d’entre eux. Nous construisions quelque chose ensemble, nous attendions tous cette fin avec impatience. Nous étions plus que de simples collègues entraîneurs: nous étions amis. C’est la période qui a été la plus éprouvante émotionnellement. Quand les joueurs s’en sont mêlés, tout est arrivé dans les médias et il y a eu des discussions en coulisses. Ceux qui m’avaient licencié ne voulaient pas cela. Jusqu’au moment où j’ai fini par dire que j’en prenais la responsabilité, qu’il fallait tourner la page et qu’ils devaient se concentrer sur le championnat du monde. C’est seulement à partir de là que la situation a été acceptée et que les choses sont rentrées dans l’ordre.

Vous avez dû quitter votre poste un mois avant le Mondial. Comment avez-vous vécu le moment où vous avez réalisé que c’était terminé?
J’étais déjà en Slovaquie avec l’équipe quand j’ai appris qu’une réunion était prévue. À ce moment-là, je savais déjà que c’était fini. Avec le recul, ce n’était pas le pire moment de ma vie. J’ai réussi à l’encaisser et à garder une certaine sérénité. Deux ou trois choses m’y ont aidé. Je savais que j’aurais de toute façon quitté mon poste de sélectionneur. Bien sûr, je me réjouissais de vivre une dernière grande compétition devant notre public. Mais, en même temps, j’avais aussi hâte d’ouvrir ce nouveau chapitre de ma vie. Et puis, avec les Jeux olympiques de Milan, je venais de vivre le point culminant de ma carrière sportive comme sélectionneur.

L'élimination aux JO a aussi fait très mal à Fischer.
Photo: keystone-sda.ch

Pourquoi?
Parce que c’était le tournoi qui réunissait les meilleurs joueurs du monde, et nous étions au cœur de la compétition. J’ai toujours su que nous pouvions rivaliser avec eux, et nous l’avons prouvé. J’ai mis longtemps à digérer cette défaite en quarts de finale contre la Finlande. Elle m’a profondément énervé. J’ai rarement été aussi en colère. Cette élimination m’a davantage affecté que n’importe quelle finale de championnat du monde perdue. Après cela, je n’avais plus envie de revivre ce genre d’émotions. Mais je savais que cela changerait avant le Mondial. Oui, mon licenciement a réveillé une grande tristesse, pas tellement pour des raisons sportives, mais à cause des personnes concernées et de leurs réactions. Mon aventure comme sélectionneur national se serait de toute façon arrêtée là. Elle s’est simplement terminée un mois plus tôt, et pas de la manière glorieuse que j’avais imaginée.

À l’époque, la polémique était encore toute récente. Plusieurs mois ont passé depuis. Avec le recul, comment la percevez-vous?
Comme toujours, je repense à tout. Cela fait partie de ma manière de fonctionner. Je n’aurais jamais imaginé que cela se terminerait ainsi. J’espérais une fin grandiose. Elle l’a été, d’une certaine façon, mais pas comme je l’avais rêvée. Ma conviction reste la même: tout arrive pour une raison. Il faut l’accepter, en tirer des leçons et grandir, même à travers les expériences douloureuses. Pour moi, cela a voulu dire me remettre en question. Où ai-je fait le mauvais choix? Quelles leçons dois-je en tirer? Aujourd’hui, je suis reconnaissant de la tournure qu’ont prise les choses. J’arrive aussi à relativiser: oui, j’ai perdu mon emploi. Mais mes proches vont bien.

Il y a quatre mois, vous étiez encore loin de penser ainsi?
Bien sûr. À l’époque, j’étais en colère contre moi-même. J’avais de la peine à accepter d’avoir tenu ces propos. Il y avait beaucoup d’émotions, beaucoup de réactions venues de l’extérieur. Tout le monde était bouleversé.

Comprenez-vous l’indignation?
Je comprends que les gens aient réagi sous le coup de l’émotion. La question du Covid est revenue sur la table, alors qu’elle a profondément marqué, et marque encore, la vie de nombreuses personnes. Mais tout a pris une autre dimension. Il y a eu une vague de réactions de tous les côtés. Deux camps se sont opposés, chacun avec ses propres convictions. Et je peux comprendre les deux. Comme sélectionneur national, j’ai enfreint les règles et je suis allé aux Jeux olympiques avec un faux certificat. Pour beaucoup de gens, c’est évidemment inacceptable.

Vous semblez très posé aujourd’hui. Avez-vous été dépassé par vos émotions?
Ce qui m’a le plus perturbé, c’est qu’une de mes forces m’a lâché: garder mon calme quand la tempête gronde. C’est une qualité essentielle, aussi bien pour un joueur que pour un entraîneur. Le fait d’avoir paniqué ce lundi d’avril, lorsque la SRF nous a contactés pour nous prévenir, n’a fait qu’aggraver les choses. J’ai affirmé que je n’avais jamais eu de problèmes avec la justice, ce qui s’est évidemment retourné contre moi. On m’a traité de menteur et de tricheur. Cela a été la plus grande leçon pour moi: nous aurions dû mieux communiquer. Mais le plus terrible, le plus douloureux, c’est que ma famille ait été entraînée là-dedans. Moi, je peux encaisser beaucoup de choses. Mais voir mes enfants, ma femme et mes parents souffrir, en sachant que j’en étais la cause, a été très difficile. Je me sentais terriblement coupable. Le fait que mes proches et mes amis les plus proches se soient encore resserrés autour de moi dans cette épreuve a été un soutien précieux.

L'ancien sélectionneur est désormais en paix avec la situation.
Photo: TOTO MARTI

À quel point tout cela a-t-il affecté vos parents? Étaient-ils au courant de ce que vous aviez fait?
Non, ils n’en savaient rien. Mon père n’arrivait plus à dormir. C’est lui qui en a le plus souffert. Ma mère, elle, me protégeait et recevait beaucoup de soutien de son entourage. Mädy était triste, en colère et déçue.
(L’épouse de Patrick Fischer les rejoint à table.)

Mädy Fischer: C’était de vraies montagnes russes émotionnelles. Mais il y avait aussi une forme de soulagement à savoir que la situation était enfin clarifiée. Malgré tout, j’étais vraiment triste qu’il ne puisse pas vivre ce championnat du monde à domicile. Patrick s’en réjouissait tellement.

Être traité de menteur, après tout ce que vous avez fait, cela doit être terriblement douloureux.
Patrick Fischer: J’ai menti, il n’y a pas d’autre manière de le dire. À titre personnel, en tant que Patrick Fischer, je me trouvais dans une situation désespérée. C’était un mensonge par omission. La manière dont j’ai été décrit a surtout bouleversé mes amis, parce qu’ils me connaissent comme quelqu’un de très ouvert, honnête et intègre. Je n’aime pas les tricheurs non plus. Malgré tout, j’ai aussi ressenti une grande vague de solidarité. Des gens m’abordent dans la rue pour me remercier.

Êtes-vous sorti de chez vous tout de suite après votre licenciement? Ou vous êtes-vous caché?
Quand j’ai atterri à Zurich en provenance de Slovaquie le lendemain, des gens m’ont déjà abordé à l’aéroport pour me remercier.

Mädy Fischer: Des fleurs et des cadeaux ont été déposés devant notre porte. Tant de gens ont été si bienveillants. Encore aujourd’hui, chaque fois que nous allons quelque part, nous sommes touchés par leur gentillesse. C’était magnifique.

Le quinquagénaire affirme que sa femme Mädy a été son roc pendant ces mois difficiles. Son chien Ilios l'a également aidé à se changer les idées.
Photo: TOTO MARTI

Patrick Fischer: Ceux qui ne partagent pas mon point de vue ne viennent pas m’aborder. Nous vivons à la campagne. Certains passaient en voiture, s’arrêtaient, descendaient et me prenaient dans leurs bras. Il y a eu de très belles rencontres et une solidarité incroyable. La pétition pour ma réintégration en était aussi un signe. Avec cette équipe, nous avons marqué les esprits et conquis le cœur des Suisses. À travers des moments difficiles et des moments extraordinaires, grâce à des joueurs qui ont écrit l’histoire. C’est aussi à cela que les gens m’associent.

Y a-t-il eu des amis proches ou des joueurs qui vous ont déçu?
Non, personnellement, je n’ai pas été plus touché par certains que par d’autres. Mes proches m’ont toujours soutenu, et cela m’a profondément ému. J’ai récemment reçu un cadeau des joueurs pour me remercier, ce qui m’a fait très plaisir. Mais je suis sûr qu’il y a aussi un ou deux joueurs qui sont contents que je sois parti. (Rires.)

Êtes-vous déçu par la fédération?
Urs Kessler, l’ancien président, qui m’a annoncé la décision, m’a dit qu’il ne souhaitait pas vraiment ce licenciement, mais qu’il n’y avait pas d’autre solution. J’ai compris les mécanismes qui se sont mis en place. Je n’ai pas encore rencontré les dirigeants de la fédération, mais j’aimerais le faire prochainement pour clarifier les choses de vive voix.

Pensez-vous pouvoir faire la paix avec tout cela?
Je l’ai déjà fait. Je peux repenser à dix années incroyables, qui font partie des plus belles choses que j’aie vécues, autant sur le plan sportif que personnel. C’est ce qui compte le plus aujourd’hui.

Une autre enquête interne a-t-elle eu lieu?
Elle est terminée. J’en ignore les résultats.

L’un de vos principes directeurs a toujours été les valeurs que vous avez transmises à vos joueurs. Personne n’est plus important que l’équipe. Comment votre comportement s’accorde-t-il avec ce principe?
C’est une question difficile, parce qu’il y a plusieurs aspects à prendre en compte. La famille et la santé sont ce qu’il y a de plus important dans ma vie. À l’époque, j’étais tiraillé entre mes valeurs personnelles et mon rôle de sélectionneur national. Que voulait Patrick? Et que devait faire le sélectionneur? Ce sont deux choses différentes. J’ai pris un grand risque pour être avec l’équipe. À ce moment-là, beaucoup de joueurs et d’athlètes étaient confrontés au même dilemme. Moi, j’ai choisi Patrick. Et je dis toujours à chaque joueur de privilégier ses propres besoins et sa santé. Le fait est que j’aurais dû le communiquer à l’époque. Et, par conséquent, je n’aurais pas dû aller en Chine. Mais, à mes yeux, je n’ai pas trahi l’éthique de mon équipe.

Pourquoi?
Parce que l’une de nos valeurs est que l’équipe passe avant tout. Mais je n’aurais forcé personne à se faire vacciner. Je ne suis pas fondamentalement opposé à la vaccination, mais à l’époque, je n’étais tout simplement pas convaincu par ce vaccin en particulier et j’avais encore des questions. Ma position était connue. Je voulais attendre. La fédération s’est donc protégée en me faisant signer un contrat garantissant ma présence au tournoi. Mais oui, c’était une erreur. Avec le recul, j’aurais dû dire: je ne vais pas en Chine. Mais…

Mais quoi?
Le tollé aurait sans doute été encore plus grand. J’imagine très bien que cela aurait aussi fait scandale si le sélectionneur national avait abandonné son équipe.

Patrick Fischer s'était rendu en Chine avec un faux certificat.
Photo: keystone-sda.ch

N’aviez-vous pas peur d’être arrêté à votre arrivée à Pékin?
J’étais un peu nerveux, parce que nous devions envoyer le certificat à l’avance. Mais il ne s’est rien passé. Ensuite, nous avons été testés tous les jours, y compris pendant les semaines qui ont précédé notre départ.

Durant votre carrière de joueur et d’entraîneur, vous avez souvent été critiqué pour vos performances. Dans cette affaire, Patrick Fischer a été critiqué en tant que personne. Est-ce plus difficile à gérer?
J’ai déjà connu cela aussi. J’ai mis un terme à ma carrière de joueur en 2009, alors que je jouais encore avec succès à Zoug et que personne ne s’y attendait. À l’époque déjà, certains se demandaient ce qui n’allait pas chez «Fischi» et pourquoi il suivait un chemin aussi personnel. Je savais, et je sais encore aujourd’hui, que certaines de mes positions suscitent des réactions tranchées. C’est ma manière de vivre. L’authenticité est essentielle pour moi. Chacun devrait pouvoir être libre de faire ce qu’il veut. Nous vivons dans un système qui ne le permet pas toujours, et c’est un défi pour moi. L’envie d’explorer de nouvelles voies a toujours été là. Je suis parti au Canada très jeune, puis j’ai joué en NHL et en KHL. Je suis même parti dans la jungle. Et avec l’équipe nationale, j’ai essayé d’innover dès le départ. Quand on agit ainsi, on est régulièrement critiqué et jugé. Je ne peux donc pas laisser cela me déstabiliser.

Vous est-il déjà arrivé de vous sentir victime?
D’une campagne de diffamation, vous voulez dire? Je sais comment fonctionnent les médias. C’est pourquoi je ne peux pas être en colère.

Votre mandat se serait de toute façon terminé après le Championnat du monde à domicile. Vous auriez alors été salué comme le sélectionneur le plus titré de l’histoire suisse. Regrettez-vous de ne pas avoir reçu cette reconnaissance pour vos résultats sportifs?
Est-ce le genre d’adieux que j’espérais? Honnêtement, non, bien sûr que non. J’aurais adoré célébrer un titre de champion du monde avec des larmes de joie. Mais pour moi, c’est du passé. Ce que je voulais accomplir comme entraîneur, ce qui m’a toujours motivé, c’était de faire progresser le hockey suisse, de le développer, de le rendre plus offensif et plus attractif. Et cela, je l’ai réalisé. Notre objectif était de faire partie des six meilleures nations du monde. Aujourd’hui, nous sommes numéro un.

Votre héritage est immense.
Un jour, on se souviendra des grands progrès accomplis sous les ères Krueger, Simpson et Fischer. Je suis fier de ce que nous avons réalisé avec cette équipe.

Quels succès ou quels moments avec l’équipe nationale vous ont le plus marqué?
Dès mes débuts comme jeune entraîneur, j’ai été critiqué. On me voyait comme un prétentieux qui ne parlait que de gagner le championnat du monde. C’est pour cela que les Mondiaux 2018 à Copenhague et 2024 à Prague ont été, pour moi, des moments libérateurs. Le dernier a été le Championnat du monde le plus émouvant de ma carrière. Après des années à lutter pour atteindre les quarts de finale, mon poste était en jeu et la pression était immense. Si nous avions perdu contre l’Allemagne, j’aurais été licencié. Depuis, nous avons atteint trois finales de championnat du monde consécutives.

Quelle personne vous a le plus marqué durant vos années comme sélectionneur national?
Ma chérie. (Il regarde Mädy avec tendresse) Elle a toujours été là pour moi. Elle m’a soutenu et a toujours cru en moi. Elle m’a supporté aussi. (Sourire) J’avais parfois mes moments difficiles. Elle m’a toujours donné son soutien et sa confiance. Dans mon travail, j’ai l’habitude d’affronter des difficultés. Mais elle aussi a dû les affronter. Ce n’est pas donné à tout le monde. Elle a été un roc dans la tempête.

Mädy et Patrick Fischer ont été touchés par la solidarité des gens.
Photo: TOTO MARTI

Comment pensez-vous que votre passage à la tête de l’équipe nationale sera perçu dans dix ans?

Fischer a dynamisé l’attaque. Tout est parti d’une vision ambitieuse et de la confiance dans notre jeu, pour créer davantage d’occasions offensives. J’ai insufflé cette conviction. Je me vois comme quelqu’un qui révèle le potentiel des autres.

Vous reverra-t-on dans le monde du hockey? Quels sont vos projets pour la suite?
Qui sait? J’ai reçu des offres intéressantes. Peut-être un jour. Mais pour l’instant, je me consacre à un projet qui me tient à cœur depuis un moment. Aider les autres, joueurs ou non, à progresser me motive. J’ai assez couru après les médailles. Maintenant, je veux aider les autres à réaliser leurs rêves et leurs objectifs. Et je vais le faire avec une équipe de personnes très compétentes. Par exemple Stefan Schwitter et Benoît Pont, qui faisaient eux aussi partie de mon staff en équipe nationale. Nous formons la «Team Fischer» et nous proposerons, dès cet automne, différents ateliers et stages inspirants. «Trouver de la clarté sur le terrain de jeu de la vie» est l’un de nos principes directeurs. Et j’ai vraiment hâte de commencer.



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