A trois semaines du Mondial
La lettre de Josi a-t-elle créé une scission dans le vestiaire de la Nati?

La lettre de Roman Josi demandant le retour de Patrick Fischer au poste de sélectionneur n'est pas du goût de tous. Elle risque d'ébranler la cohésion de groupe à trois semaines du début du Championnat du monde 2026 à domicile.
Le capitaine de la Nati Roman Josi a fait parvenir une lettre à la fédération.
Photo: Claude Diderich/freshfocus
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Dino Kessler

La lettre de Roman Josi au président de la Fédération suisse de hockey sur glace (SIHF), Urs Kessler, demandant la réhabilitation de Patrick Fischer, a remué le monde du hockey sur glace helvétique. Les cadres de NHL seront-ils derrière Jan Cadieux, comme ils l'étaient pour «Fischi»? Le doute est permis.

Le capitaine de la Nati l'assure pourtant: il soutient «à 100% Jan Cadieux». Avant de nuancer. «Il ne s’agit pas de Cadieux, mais du succès de l’équipe et de comment réaliser la meilleure performance sportive possible.» Autrement dit, le Romand ne serait pas forcément l'homme de la situation.

Mardi matin, Watson avait rapporté que les stars suisses évoluant outre-Atlantique, Roman Josi en tête, avaient prêché le retour de Fischer, licencié mercredi dernier. Blick a pu prendre connaissance de cette lettre et il s'avère qu'il s'agit plus d'une initiative personnelle de la part du défenseur des Predators de Nashville que d'une action concertée entre compères de NHL.

Désaccords à l'interne

Le message, rédigé à la première personne du pluriel («nous» au lieu de «je») a fait gonfler la polémique au sein de la sélection nationale. Selon certaines sources, Nino Niederreiter, Nico Hischier, Pius Suter et Timo Meier, au moins, n'approuvent pas le contenu de la lettre envoyée par Roman Josi, au contraire de Kevin Fiala. Le fait que le capitaine de l'équipe de Suisse parle de cette manière est problématique. La sélection nationale parviendra-t-elle à retrouver la sérénité avant «son» Mondial? On se demande comment la fédération et les joueurs pourront réparer les pots cassés durant les trois semaines qui nous séparent du Championnat du monde 2026 à Zurich et à Fribourg.

«Notre position n'est pas dictée par l'émotion, écrit Josi. Mais elle repose sur l'objectif de donner à cette équipe les meilleures conditions possibles pour le prochain championnat du monde.» Dans un contexte où l’on réclame le retour de Fischer, cette formulation laisse perplexe. Elle ne permet certainement pas de créer les meilleures conditions possibles pour former une «union sacrée» nécessaire à l'obtention d'un titre mondial. Dans le même temps, Roman Josi ne menace pas de boycotter le tournoi si Fischer n'est pas réintégré.

Deux positions conciliables

Alors pourquoi cette lettre? Le fait qu'une grande partie de l'équipe nationale soutienne Patrick Fischer ne signifie pas nécessairement qu'elle approuve son comportement. On peut être derrière «Fischi» tout en critiquant ses actions. Et si un ou deux joueurs ne parviennent pas à concilier ces deux positions, ils peuvent toujours renoncer à l'équipe nationale. Ce serait la solution la plus cohérente.

«Nous précisons que cette lettre est exclusivement destinée à un usage interne et sert aux échanges confidentiels au sein de la SIHF», conclut la lettre adressée à la fédération. Un échange à l'abri des regards qui pose problème, alors que cette équipe nationale, censée représenter la Suisse, doit faire rêver le public.

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