Mauvaise opération des Ferrari
La victoire historique de Kimi Antonelli, nouveau roi de Monza

Kimi Antonelli, leader incontesté du championnat du monde, a été acclamé au paradis, après sa victoire à Monza. Des millions de téléspectateurs du monde entier ont assisté à la folle remontée du jeune italien.
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Kimi Antonelli entre dans l'histoire à Monza.
Photo: Lukas Gorys
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Roger Benoit

Devant 135'000 spectateurs, les dépassements se sont succédé à un rythme effréné. Cet effet «yo-yo» était bien sûr lié à la gestion de l'énergie: celui qui devait recharger sa batterie se faisait immédiatement dépasser. Et à peine le pilote de tête avait-il repris une place qu'il devait déjà la céder, contraint à son tour de recharger sa batterie.

Peu importe, les spectateurs étaient en délire. La plupart d'entre eux avaient bien besoin d'une belle course dans cet Autodromo bondé. Car au bout de trois minutes, tous les rêves rouges se sont envolés: Leclerc a percuté — comme en 2020 — le mur de pneus avec sa Ferrari à la fin du deuxième tour, dans la Parabolica. Une erreur de pilotage. Des larmes à profusion dans les tribunes.

Les chances de titre de Ferrari s'envolent

Quel terrible début pour la course à domicile de l'équipe de Frédéric Vasseur. Mais le pire restait à venir: Lewis Hamilton a sans doute gâché sa dernière chance de titre avec une sixième place sans relief et un mauvais choix de pneus.

Le Britannique était une fois de plus furieux, car quelques secondes après le départ, Charles Leclerc et lui-même se sont touchés. Un accrochage qui a même fait légèrement partir Lewis Hamilton en tête-à-queue à la sortie de la chicane!

Pour Frédéric Vasseur, le beau parleur, la situation devient critique: il n'arrive tout simplement pas à maîtriser ses deux pilotes. Les Italiens peuvent donc déjà faire une croix sur leurs deux titres mondiaux, après seulement 13 courses.

Toto Wolff tire la sonnette d'alarme

Avec 122 points d'avance, Mercedes remportera-t-il les deux titres après son 63e doublé? Les Flèches d'argent sont trop dominantes... et leurs adversaires trop chaotiques. Les Ferrari, elles, doivent veiller à ne pas se faire rattraper par McLaren.

Chez Mercedes, le patron aux nerfs à fleur de peau, Toto Wolff, doit désormais tirer définitivement la sonnette d'alarme. Dimanche encore, les duels entre George Russell et Kimi Antonelli se sont déroulés sans aucun contact. Une chance.

Mais après la septième victoire de la saison du pilote le plus rapide du plateau, le Viennois peut et doit enfin réagir: «À Monza, j'avais déjà le doigt sur le bouton.» Ces duels internes sont inutiles, car ils ne font que mettre les nerfs à rude épreuve. Kimi Antonelli compte désormais 66 points d'avance sur George Russell et 76 sur Lewis Hamilton.

Le meilleur pilote du moment

George Russell, interrogé sur cette situation délicate: «Je ne pense pas au championnat du monde. Je pense seulement course après course.» Que pourrait dire d'autre le Britannique? Il sent bien que le train du championnat est déjà parti.

Car Kimi Antonelli a prouvé, après sa pénalité moteur lors de sa course à domicile, qu'il est actuellement, aux côtés de Max Verstappen — troisième sans discussion —, le meilleur pilote du moment. Après un tour, il pointait en 14e position. Après deux tours, déjà 12e — et après 17 tours, l'Italien a pris la tête.

Les fans de Ferrari, sous le choc, ont dû acclamer leur «ennemi juré» de Bologne. Car cela fait 60 ans qu'un Italien n'avait plus gagné ici, à Monza. L'homme qui avait marqué l'histoire de la Formule 1 en 1966 s'appelait Ludovico Scarfiotti: c'est ici qu'il avait remporté son unique Grand Prix. Ce Turinois avait ensuite trouvé la mort dans un accident de Porsche lors d'une course de côte allemande (Rossfeld).

Il restera sans doute à jamais un héros italien. Car Kimi Antonelli sait d'où il vient et où il restera encore pendant de nombreuses années: chez Mercedes. Et que pense-t-il publiquement de cette large avance au classement? «Nous savons tous à quel point les choses peuvent changer rapidement !» Une réponse qui vaut, à elle seule, un diplôme en diplomatie.

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