Au terme des 51 tours du Grand Prix d'Azerbaïdjan, George Russell (28 ans), parti en pole et très à l’aise au volant de sa Mercedes, a devancé Max Verstappen (29 ans) et sa Red Bull de 0’’196 sur la ligne d’arrivée. Mais il a fallu attendre la deuxième moitié de course pour que Bakou assiste enfin à un Grand Prix digne de ce nom.
Le leader du championnat, Kimi Antonelli (20 ans), est descendu de sa Mercedes avec un sourire entre soulagement et amertume. Cinquième après s’être élancé de la 16e place à la suite de son accident en qualifications, l’Italien a tout de même récolté dix précieux points. George Russell ne compte désormais plus que 66 points de retard sur son coéquipier.
Une chose est certaine: George Russell, qui compte désormais huit victoires, comme Kimi Antonelli, sait qu’il devra utiliser son cinquième moteur lors des deux prochaines courses, à Sepang et Singapour. Avec les pénalités qui l’accompagnent, cela devrait le condamner à s’élancer en fond de grille.
Pour Kimi Antonelli, la stratégie de limitation des dégâts a donc parfaitement fonctionné. Malgré sa frustration, le pilote de Bologne a une nouvelle fois livré une course solide. Il a surtout dû faire preuve de patience derrière des voitures plus lentes. C’est aussi comme cela que l’on remporte un championnat du monde. Kimi Antonelli le sait bien.
Pendant longtemps, il ne s’est pas passé grand-chose à Bakou. Jusqu’à ce qu’un accident survienne à 19 tours de l’arrivée. Alex Albon a perdu le contrôle de sa Williams et a violemment percuté les barrières. Drapeau jaune, puis voiture de sécurité : le peloton s’est resserré. Au moment du redémarrage, Antonelli occupait la 8e place, à seulement huit secondes de Russell.
Cinq places de pénalité pour Franco Colapinto
À peine les 18 pilotes encore en lice – les deux Aston Martin ayant abandonné prématurément en raison de problèmes de refroidissement et de moteur – avaient-ils repris la course qu’un deuxième incident venait provoquer une nouvelle interruption.
Cette fois, quelques secondes après le départ, Flavio Briatore s’est déchaîné au muret Alpine. Au freinage du premier virage, Franco Colapinto a percuté son coéquipier Pierre Gasly. Les deux pilotes étaient alors clairement dans les points. Dans la réaction en chaîne, ils ont également entraîné le champion du monde Lando Norris (McLaren) dans leur accrochage.
Franco Colapinto a écopé de cinq places de pénalité pour la prochaine course, en Malaisie.
Au volant de sa McLaren, Lando Norris peut lui aussi faire une croix sur ses ambitions au championnat, tout comme les deux Ferrari: Charles Leclerc a terminé 4e et Lewis Hamilton 6e. Depuis plusieurs courses, les Rouges se contentent de suivre le rythme, sans véritablement se démarquer ni décrocher.
La saison prochaine marquera d’ailleurs les 20 ans du dernier titre mondial, remporté par le cador finlandais Kimi Räikkönen.
Red Bull très discret
Derrière Mercedes, c’est clairement Red Bull qui a fait la meilleure impression. Après avoir manqué trois courses en raison d’une blessure, Isack Hadjar (21 ans) a effectué un retour remarqué. Le Français a livré plusieurs duels passionnants avec son «patron» Max Verstappen, auteur de six podiums lors des huit dernières courses. Toujours avec beaucoup de respect entre les deux hommes.
Après 18 tours, Red Bull a demandé à Isack Hadjar s’il pouvait accélérer derrière Max Verstappen. Réponse du Français: «Oui, deux ou trois dixièmes. Mais je me sens bien là où je suis!» Isack Hadjar a ensuite demandé: «Je peux passer maintenant?»
La réponse est venue du boss lui-même: Max Verstappen a immédiatement laissé passer son coéquipier.
Peut-être un petit chapitre à ajouter au manuel rouge de Maranello. Car chez Ferrari, on imagine volontiers Frédéric Vasseur satisfait si, au terme de la saison, Lewis Hamilton (199 points) et Charles Leclerc (179) terminent avec un écart minimal entre eux. Peu importe finalement lequel des deux termine devant l’autre.