Déclarations brûlantes de Helmut Marko
«Les ingénieurs sont plus importants que les pilotes»

Après des décennies passées en Formule 1, Helmut Marko vivra sa première saison sans rôle officiel chez Red Bull. Dans un entretien avec Blick, il révèle ce qui fait vraiment la différence en course.
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Helmut Marko fait sensation avec une déclaration sur la «nouvelle» Formule 1.
Photo: imago/HochZwei
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Roger Benoit

Le grand absent de la saison 2026 est Helmut Marko, le découvreur et promoteur des deux quadruples champions du monde Sebastian Vettel et Max Verstappen. Ses déclarations fracassantes, souvent provocatrices, vont cruellement manquer à la «nouvelle» Formule 1. «Je ne ressens pas encore le besoin d'assister aux courses, mais je m’informerai quotidiennement. Et en Australie, je serai devant mon écran de télévision à cinq heures du matin», confie à Blick Helmut Marko, propriétaire de plusieurs hôtels à Graz.

L’âge d’or est révolu

«On ne sait pas encore vraiment à quoi s’attendre. Trop de simulateurs au volant ne sont peut-être pas très bon pour l’image de la Formule 1», explique Helmut Marko, avant de conclure sur une note positive: «Mais restons optimistes.»

«Pour moi, l’âge d’or de la Formule 1 est révolu. Le pilotage à fond, comme à l’époque, est devenu la norme. Et quand les pilotes savaient encore manipuler le levier de vitesse et comprendre pourquoi leur moteur tombait en panne, c’est terminé. Aujourd’hui, le moteur électrique à lui seul a trois fois plus de puissance qu’avant et partage désormais l’effort avec le moteur à combustion à parts égales.»

«L’intelligence est de mise»

Helmut Marko résume la situation, comme il l’a fait pendant 20 ans chez Red Bull: «Aujourd’hui, les ingénieurs logiciels sont parfois plus importants que les pilotes! Ils doivent coder un nouveau programme presque à chaque course, et le pilote se retrouve à chaque fois comme un élève sur les bancs de l’école.»

Qui apprend le plus vite? «Il est difficile de faire un pronostic. Mais certains pilotes sont intelligents, comme par exemple Arvid Lindblad chez Racing Bulls», souligne Helmut Marko. Le jeune pilote anglo-suédois n’a que 18 ans – et a bien sûr été découvert par Helmut Marko.

L’essence aussi joue un rôle

Le plus jeune champion du monde reste Sebastian Vettel en 2010, à 23 ans et 134 jours. Quant au plus jeune vainqueur de Grand Prix, il restera sans doute éternellement Max Verstappen, 18 ans à Barcelone en 2016 lors de sa première victoire avec Red Bull.

«Mercedes semble avoir un léger avantage, mais peuvent-ils vraiment tout exploiter correctement ? L’essence joue également un rôle important cette fois-ci. Red Bull a bien travaillé avec son moteur maison jusqu’ici – et c’est indispensable si l’on veut garder Max Verstappen de bonne humeur», analyse Helmut Marko.

Début des essais sous 30 degrés

Mercredi à Bahreïn débuteront les trois premières journées d’essais ouvertes au public. «Il sera intéressant de voir qui a vraiment travaillé à Barcelone. Mais le refroidissement de la grosse batterie pourrait poser problème», prévient Helmut Marko. À Barcelone, les températures étaient à peine de dix degrés, alors qu’à Bahreïn elles approcheront les 30 d’ici vendredi.

«Les nombreuses inconnues vont en surprendre plus d’un. Et n’oubliez pas: le nouveau poids minimum de 770 kilos (avec le pilote) joue également un rôle central», ajoute-t-il. Le plus grand secret, le poids – dix kilos pouvant faire gagner près de 0,4 seconde sur un tour – pourrait être décisif, comme en 2022, lorsque l’outsider Sauber a été la seule équipe à suivre avec succès la cure de régime et à marquer sept fois des points lors des neuf premières courses.

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