Sion aux portes de l'Europe
Didier Tholot, maître de la psychologie terre à terre

Didier Tholot avait bien préparé son coup ce dimanche face à Thoune, sur et en dehors du terrain. L'entraîneur du FC Sion connaît son groupe et sait comment le toucher psychologiquement. Surtout, il est juste dans son management. Et les joueurs adhèrent.
Didier Tholot va-t-il ramener le FC Sion en Europe?
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Didier Tholot avait bien préparé son coup, sur le terrain et en dehors, ce dimanche. Si les ultras du FC Sion ont accueilli les joueurs comme pour un grand match de Coupe de Suisse, l'entraîneur du club valaisan y est en effet pour quelque chose. «J'ai fait passer le message...», sourit-il, content de son effet. Les chants, les fumigènes et les encouragements ont fait du bien à ses joueurs, qui ont mordu dans cette partie avec détermination, bien loin de ce qu'ont montré les Thounois, toujours la tête à Ibiza.

«Mais justement, je voulais lutter contre ce sentiment. Je ne voulais pas que les joueurs tombent dans la facilité, alors j'ai proposé aux supporters de les accueillir ainsi, pour que mes joueurs aient la chair de poule et soient convaincus qu'un grand match nous attendait», enchaîne Didier Tholot, lequel a donc fait preuve de psychologie pour galvaniser son groupe. Avec bonheur, comme tout ce qu'il touche depuis son retour en Valais, voilà trois ans maintenant.

«Des moments géniaux à vivre pour une équipe»

Car oui, le FC Sion s'est imposé 2-0 contre un FC Thoune pas franchement concerné, mais ce constat objectif ne doit pas faire oublier que les Valaisans ont bien du mérite, eux qui restent sur cinq rencontres d'affilée, avec 14 buts marqués et aucun encaissé.

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«Ce sont des moments géniaux à vivre pour une équipe», assure Didier Tholot, très content de voir que ses habituels remplaçants ont été au niveau des titulaires ce dimanche. 

Un coach cohérent avec ses principes

«Nous avions trois suspendus, plus Benjamin Kololli qu'on perd en tout début de match. Quatre titulaires à remplacer, ce n'est pas rien. Mais les joueurs qui jouent moins ont montré qu'on formait un vrai groupe. On a abordé ce match de la meilleure des façons», se réjouit-il. Noé Sow (pour Kreshnik Hajrizi), Théo Berdayes (pour Josias Lukembila) et Winsley Boteli (pour Rilind Nivokazi) ont en effet tous trois été très bons, chacun dans son style, et Sion s'est imposé en équipe.

Surtout, le technicien ne cherche pas à déstabiliser son groupe avec des inventions de théoricien du football, mais reste cohérent avec ses principes. «Les joueurs sentent si tu n'es pas droit. Là, j'avais un central droit suspendu, c'est Noé Sow qui joue. Quand c'était le central gauche, c'était Maxime Dubosson. L'avant-centre n'est pas là, c'est le deuxième qui joue. J'essaie d'être logique et en phase avec moi-même.» Oui, Didier Tholot est un maître de la psychologie. Mais pas celle des livres et des docteurs du football, ceux qui croient avoir inventé ce sport (il y en a eu avant lui sur le banc du FC Sion), non. Il est le maître de la psychologie des gens qui ont les pieds sur terre.

En plus des trois changements pour suspension, Franck Surdez est donc entré pour Benjamin Kololli en tout début de match, et il se pourrait malheureusement bien que la saison du Chablaisien soit terminée. «C'est sans doute une petite déchirure, il l'a ressentie au moment de tirer son coup de pied arrêté», a expliqué Didier Tholot, inquiet pour son milieu de terrain.

Ce succès indiscutable permet au FC Sion de prendre ses distances avec Bâle (cinq points d'avance à deux matches de la fin) et de se rapprocher à deux points du FC Lugano. Or, les Tessinois seront en visite ce jeudi à Tourbillon et l'occasion est belle pour les Valaisans de grimper sur le podium et, donc, de ne pas être dépendant d'une victoire de Saint-Gall en finale de la Coupe de Suisse pour être européens. «On s'en rapproche. On s'offre une finale ce jeudi. Si on peut aller chercher plus que la quatrième place, on ne va pas s'en priver», assure Didier Tholot.

Et maintenant, cap sur le podium?

Jusqu'ici, les matches étaient considérés comme du «bonus», vu que l'objectif était le top 6. Mais là, avec cette qualification européenne qui se rapproche, ne pas voyager en Estonie, en Finlande ou à Malte en juillet prochain pourrait être vécu comme une déception, non? Didier Tholot n'a-t-il pas peur que la psychologie de son équipe change du tout au tout, maintenant qu'elle a quelque chose à perdre? «Non, pas du tout. Ce groupe a des certitudes, acquises grâce au travail. On ne gagne pas les matches au hasard, avec des longs ballons ou de manière tirée par les cheveux. On gagne parce qu'on a travaillé des schémas et des complémentarités, parce qu'on joue bien. Ce groupe travaille ensemble depuis un moment.» Autrement dit, le FC Sion n'a aucune raison de déjouer, maintenant que l'Europe est à sa porte.

Super League 24/25 - Championship Round
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Thoune
FC Thoune
36
33
74
2
FC St-Gall
FC St-Gall
36
23
66
3
FC Lugano
FC Lugano
36
13
63
4
FC Sion
FC Sion
36
23
61
5
FC Bâle
FC Bâle
36
3
56
6
Young Boys
Young Boys
36
6
51
Qualifications pour la Ligue des Champions
Qualification pour la Ligue Conférence
Super League 24/25 - Relégation
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Lucerne
FC Lucerne
36
6
47
2
Servette FC
Servette FC
36
4
47
3
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
36
-10
42
4
FC Zurich
FC Zurich
36
-20
38
5
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
36
-29
27
6
FC Winterthour
FC Winterthour
36
-52
23
Barrages de relégation
Relégation
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