Peter Zeidler en bleu et blanc, mais avec une sauterelle sur le coeur, en lieu et place de l'écusson du Lausanne-Sport. L'Allemand s'est présenté à la presse, ce lundi en plein coeur de la veille-ville de Zurich, dans les bureaux de Grasshopper, et il avait visiblement retrouvé le sourire qui l'avait quitté voilà quinze jours, lorsqu'il a appris son licenciement du club vaudois après une lourde défaite 3-0 à Sion.
«Peter est plein d'énergie et de passion. Il est l'entraîneur idéal pour nous et c'est un excellent signal pour GC qu'il ait pris la décision de nous rejoindre, même avec cette situation difficile au classement», a assuré Alain Sutter, le directeur sportif du club le plus titré de Suisse, devant plus d'une dizaine de journalistes.
La mission est claire: le maintien en Super League
D'excellente humeur, le nouveau coach de Grasshopper s'est réjoui de ce nouveau défi, qu'il poursuivra même si d'aventure le club zurichois devait tomber en Challenge League. Les discussions, en fait, ont eu lieu dans l'autre sens, vu qu'il était déjà acquis qu'il serait l'entraîneur de GC la saison prochaine, quelle que soit la ligue dans laquelle le «Rekordmeister» allait évoluer.
«Mais nous avons convenu du fait que ce serait mieux que je reprenne l'équipe de suite», a-t-il expliqué, appuyé par Alain Sutter. L'objectif est clair: même si l'accord est valable pour la deuxième division, l'envie commune est de rester en Super League, bien évidemment. Les deux hommes se connaissent d'ailleurs très bien, eux qui ont travaillé ensemble à Saint-Gall pendant six ans. Ils avaient déjà été en contact à l'été 2025, avant que Peter Zeidler ne décide de signer à Lausanne, et se retrouvent réunis aujourd'hui. «Malgré le classement, c'est le bon moment, le bon timing», a expliqué le natif de Stuttgart.
S'il est désormais concentré à fond sur Grasshopper et cette «mission maintien» qui devrait passer par les barrages (GC a huit points de retard sur le FCZ et sept d'avance sur Winterthour à trois journées de la fin), le technicien a pris le temps, à la demande de Blick, de revenir sur son éviction du Lausanne-Sport et cette journée du 16 avril riche en émotions.
Il a pu faire ses adieux à l'équipe
«Quand on m'a annoncé que c'était fini, ce matin-là, j'étais choqué, c'est sûr. Ce n'était pas mon premier licenciement, mais c'était un moment émotionnel.» Les dirigeants du Lausanne-Sport lui ont cependant permis de saluer toute l'équipe et ces adieux ont été importants humainement pour l'Allemand. «J'ai ressenti le besoin de serrer la main de tout le monde et j'ai pu le faire. Et puis, ensuite, j'ai reçu quelques Whatsapp contenant des messages d'amour, ou en tout cas qui ressemblaient à de l'amour. Cela touche.»
Une critique contre laquelle il souhaite se défendre
Que retient-il de ses dix mois passés dans le canton de Vaud? «J'ai aimé chaque jour passé à Lausanne, cela a été une très bonne expérience pour moi.» Il cite spontanément la victoire à Istanbul contre Besiktas, mais aussi celle face à la Fiorentina. «Et tout ce grand et long voyage européen, tous ces déplacements à Malte, en Finlande, toutes les émotions transmises. C'était grandiose, et j'assume ce mot.» Il marque un temps, puis souhaite répondre à une critique qui, visiblement, l'a atteint.
«J'ai lu que je n'avais pas développé les joueurs comme il le fallait. Je ne vais pas demander de rectificatif, mais je souligne tout de même que je peux donner une longue liste de joueurs qui ont progressé à Lausanne sous ma direction cette année. Il y a eu des blessures qui ont freiné ce processus, mais dire que les joueurs ne se sont pas développés est réducteur», se défend-il face à ce reproche fait par Stéphane Henchoz, notamment dans les colonnes de Blick.
Pour autant, Peter Zeidler l'assure, et il insiste, il gardera un bon souvenir de son passage au LS. «J'y ai rencontré des gens formidables et je suis reconnaissant au LS d'en avoir été l'entraîneur. Je n'ai aucune rancoeur en moi. Aucune», explique-t-il. Ironie du calendrier, le dernier match de la saison régulière le verra retourner à la Tuilière le 16 mai prochain. «Oui, et je me réjouis de ce jour, mais il y a encore deux matches avant.» Dont le derby face au FC Zurich ce week-end.
Il doit vite former un collectif
Comment compte-t-il redresser ce GC moribond, le mot est faible, aperçu dimanche face à Servette? «Par l'esprit d'équipe, tout simplement. On doit former un collectif. L'équipe passe avant tout. C'est vrai, GC a gagné un seul de ses huit derniers matches, je crois, mais je suis motivé à relever ce défi.» A peine libéré de son contrat avec le LS, Peter Zeidler a déjà replongé, avec toute l'énergie que confère un nouveau départ et sa personnalité toujours aussi charismatique.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Thoune | 35 | 35 | 74 | |
2 | FC St-Gall | 35 | 22 | 63 | |
3 | FC Lugano | 35 | 14 | 63 | |
4 | FC Sion | 35 | 21 | 58 | |
5 | FC Bâle | 35 | 6 | 56 | |
6 | Young Boys | 35 | 3 | 48 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Lucerne | 35 | 6 | 46 | |
2 | Servette FC | 35 | 4 | 46 | |
3 | FC Lausanne-Sport | 35 | -9 | 42 | |
4 | FC Zurich | 35 | -21 | 35 | |
5 | Grasshopper Club Zurich | 35 | -28 | 27 | |
6 | FC Winterthour | 35 | -53 | 20 |

