Quinze victoires, deux nuls, une seule défaite. Quarante-deux buts marqués contre seulement cinq encaissés. Le Servette FC Chênois féminin a dominé de la tête et des épaules la saison de Women’s Super League. Elles se tournent désormais vers les play-off, qui commencent samedi (16h30) à Aarau.
Haute exigence obligatoire
Malgré cette saison plus que réussie, Marta Peiró (28 ans), jeune directrice sportive du club genevois, rappelle: «Nous sommes en construction, dans un changement de cycle. L’effectif, le staff, l’académie et la structure ont changé. On sent que ça a été bénéfique, les choses qu’on a mises en place ont fonctionné tout de suite.» Le nouveau coach Cristian Toro, arrivé en juillet passé, n'a pas eu besoin de beaucoup de temps d'adaptation.
En ont résulté de nombreuses victoires pour une seule défaite, tombée le 4 avril dernier, à l’occasion de l'ultime journée de la saison régulière face à Bâle (1-0). «On le prend comme un apprentissage. On doit rester en état d’alerte, se dire qu’aller à 80% dans un match n’est pas suffisant. Si on n'a pas une haute exigence et la meilleure version de nos joueuses, ce n’est pas suffisant», détaille Marta Peiró.
Débuts à Aarau samedi
D'autant plus en play-off, où une défaite ne pardonne pas. L'ancienne joueuse du Servette FCCF (de 2020 à 2022) en sait quelque chose, elle qui a presque autant gagné que perdu en Greant, et ce dans tous les rôles. En plus de joueuse, donc, Marta Peiró a ensuite été team manager et, depuis décembre 2024, directrice sportive du club grenat.
Elle sait mieux que quiconque que terminer à la première place de la saison régulière n’est pas une assurance pour décrocher le titre. Les Servettiennes ont souvent trébuché en play-off dans les dernières années. Lors de la saison 2022/23, elles avaient conclu la saison régulière invaincues, avant de s’incliner en finale contre le FC Zürich. L’an dernier, après une troisième place obtenue, elles avaient été battues par GC dès les quarts de finale.
«Ce sont des choses qu’il faut éviter. Il faut prendre les play-off match après match», avance-t-elle. Le premier se disputera samedi à Aarau (16h30), club qui a conclu la saison régulière à la huitième position, avec seulement deux succès au compteur. «À Aarau, on peut penser que ce sera un match facile. Mais la réalité des choses, c’est que tout va se jouer sur deux matches. On est les favorites, on joue avec la pression», déclare Marta Peiró, sur ses gardes.
Marta Peiró n'aime pas les play-off
«Tous les matches vont représenter des difficultés, des scénarios différents. Il y aura des supporters, on sera à la télévision. Il faut gérer la pression. Et on a les capacités de le faire», continue-t-elle. Pour ne pas être surprises cette année, les joueuses du Servette FCCF ont beaucoup travaillé sur l'aspect mental. «Il faut rester tranquilles, penser que c’est juste un match de plus, durant lequel les joueuses doivent rester ce qu’elles étaient le reste de l’année», explique Marta Peiró.
Ce afin de bien négocier ces play-off que l'Espagnole n'apprécie pas particulièrement, bien au contraire: «Au début, on utilisait ça pour donner de la visibilité au football féminin. Mais maintenant qu’on a atteint un certain standard, il faut être plus justes.» Pour Marta Peiró une formule de championnat pur récompenserait davantage la régularité (et donc le Servette FCCF, cette saison). «Sinon, c'est la Coupe de Suisse», rigole celle qui a déjà fait part de son mécontentement avec la fédération.
Toujours est-il que les Grenat devront passer par là cette saison, afin de reconquérir un titre remporté en 2021 et en 2024. Et de décrocher un doublé, après avoir conquis la Coupe de Suisse fin mars.