Pâtes bolo dans un bunker
Nourrir 330 enfants: un sacré défi que relève le Pully Football

À Pully, 330 enfants ont participé à l'un des 23 tournois organisé par Graines de Foot. Un sacré défi pour la tenancière de la buvette, chargée de ne pas laisser tout ce beau monde mourir de faim.
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Les 330 enfants présents à Pully pour Graines de Foot se régalent dans un ancien abri militaire.
Photo: Thomas Freiburghaus
Thomas Freiburghaus
Thomas FreiburghausJournaliste

Les aiguilles de l'horloge approche dangereusement de midi à Pully, où 330 gamins en pleine croissance commencent sérieusement à avoir le ventre qui gargouille. Depuis 8h du matin, les D-7 (11-12 ans) des clubs du canton disputent leur tournoi qualificatif à Graines de Foot, sur les terrains en plein cagnard du Pully Football.

Annonce du speaker: «Peuvent aller manger d’ici cinq minutes: Stade Nyonnais 4, US Terre Sainte 1, FC Montreux-Sports 1.» Le tournus pour le ravitaillement commence. Toutes les vingt minutes, plusieurs équipes sont envoyées dans le réfectoire pour aller reprendre des forces avant les joutes de l’après-midi.

La buvette, QG du foot populaire

Une organisation militaire qui porte bien son nom. «Le réfectoire est dans un ancien abri militaire. Il y a une cuisine professionnelle, au fond. C’est un grand avantage pour organiser ce genre de manifestation», nous renseigne le vice-président du Pully Football, Jimmy Cavin. Le réfectoire permet de sustenter les footballeurs en herbe, donc. Mais il ne faut pas laisser pour compte les parents et les bénévoles présents à Graines de Foot.

Heureusement, le club pulliéran peut s’appuyer sur une tenancière tenace et capable de relever ce sacré défi. Murielle a longtemps travaillé dans des restaurants autrement plus prestigieux que la buvette d'un club de foot, comme au Château d’Ouchy ou à l’hôtel Mövenpick. Pour autant, celle qui gère «tout ce qui est alimentation» au tournoi Graines de Foot, a trouvé dans les buvettes un «côté familial» qui lui manquait. La restauratrice se retrouve dans ces ambiances populaires que le football régional sait créer. «J’ai bossé dans le monde du tennis, c’est un autre standing, une autre mentalité», affirme-t-elle.

Du choix à la carte

À l'occasion de la plus grosse manifestation de l’année pour sa buvette, la tenancière n’a pas chômé. «Ça fait trois jours non-stop qu’on est quatorze à travailler», raconte-t-elle le temps d’une clope, juste avant de retourner derrière le comptoir. Entre commande des stocks, mise en place et service, son équipe de bénévoles a eu fort à faire. Et n'arrête pas depuis l'arrivée des premières équipes.

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Photo: Thomas Freiburghaus

D’autant qu'à la carte sont proposés de nombreux plats, ce n'est pas le choix qui manque. À l’intérieur de la buvette, on peut commander hot dogs, chips, paninis ou boissons. Sous la tente, à l'extérieur: saucisses, frites, salades ou gaufres. «Ce que j’apprécie, c’est que le club veut qu’il y ait du choix. On pense aussi aux végétariens et à toutes les religions», explique Murielle, inclusive comme sait l'être le football.

Prix modestes

Les apprentis footballeurs, eux, se régalent de pâtes bolognaise dans le bunker. Une sauce préparée la veille, «c’est meilleur», dixit Murielle, qui a finit à minuit la veille du tournoi et a repris à 5h le samedi matin.

Pour la tenancière, la récompense est dans l’ambiance et les remerciements des parents. «On ne le fait pas pour l’argent», avance celle qui fait cela bénévolement, à l'année. Et cela se voit aux prix affichés, modestes pour une buvette. «On fait tout nous-mêmes, ça revient à moins cher», décrypte Murielle.

Les équipes se relaient au réfectoire, les plats de pâtes se vident. Murielle et son équipe sont en train de relever le défi. Les 330 enfants auront de l'énergie pour les matches de l'après-midi.

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