Chaque fois que la Nati joue à Sion, l’émotion est particulière pour Iman Beney. La Valaisanne de 20 ans a grandi à Savièse, à dix minutes à peine du stade du Tourbillon. Son père, Nicolas Beney, originaire du Nord-vaudois, a défendu les buts du FC Sion. Mardi, sa famille et de nombreux amis seront dans les tribunes. «C’est probablement toujours ma mère qui est la plus excitée», glisse-t-elle en riant.
Sa mère Cléo est originaire du Brésil, plus précisément de Belo Horizonte, métropole de l’État du Minas Gerais. C’est là que la Seleção masculine a vécu l’un des plus grands traumatismes de son histoire, en s’inclinant 7-1 face à l’Allemagne en demi-finale de la Coupe du monde 2014. Dès qu’elle en a l’occasion, Iman Beney retourne voir ses proches, comme elle l’a fait l’été dernier. «J’aime cette ville. J’aime tout le pays. Mais ce n’est parfois pas facile de pouvoir prendre trois semaines de vacances d’affilée.»
Le Brésil en ligne de mire
L’été prochain, la Valaisanne aimerait retrouver le Brésil, mais pour une tout autre raison: la Coupe du monde. «C’est notre grand objectif», confirme-t-elle.
Sa motivation est d’autant plus forte que son rêve de disputer son premier Mondial s’était brisé en 2023, quelques jours avant le départ, à la suite d’une rupture des ligaments croisés. Cette fois, Iman Beney entend bien être du voyage.
En dominant Israël 7-3 au match aller, la Suisse a fait un grand pas vers le deuxième tour des play-off. Une victoire mardi lui permettrait de poursuivre sa route vers le Mondial. L’Autriche devrait ensuite se dresser sur son chemin début décembre, puis peut-être un barrage interontinental.
Les proches d'Iman Beney ont déjà annoncé qu’ils souhaitaient faire le déplacement pour la Coupe du monde. La joueuse préfère toutefois garder les pieds sur terre. «Je leur ai dit : 'Tranquilo' »
À Manchester City, elle garde la tête froide
Iman Beney n’est pas du genre à se laisser déstabiliser facilement. Même les turbulences qui entourent Manchester City ne semblent pas l’affecter outre mesure. Le club est notamment concerné par les nombreuses accusations d’infractions financières visant son équipe masculine. La joueuse rappelle que les footballeuses n’ont aucune influence sur ces dossiers et ne peuvent, au mieux, que spéculer sur leurs éventuelles conséquences.
Sur le terrain, en revanche, les championnes en titre ont de quoi garder le sourire: avec cinq victoires en cinq matches, elles ont parfaitement lancé leur saison.
Une bataille pour le temps de jeu
Sur le terrain, Iman Beney peut aussi laisser parler sa frustration. Ce fut le cas vendredi à l’aller contre Israël. Après avoir commis une faute à l’origine du coup franc qui a permis aux Israéliennes d’inscrire leur deuxième but, la Valaisanne a su réagir. Dans le temps additionnel de la première période, elle a égalisé à 2-2 d’une superbe frappe lointaine. «Beaucoup de gens m’ont dit que je devais tenter ma chance plus souvent. Alors, je l’ai fait», raconte-t-elle.
Ces dernières semaines à Manchester City, comme vendredi avec la Nati, IIman Beney a également été alignée au poste d’arrière droite. «À ce poste, on a beaucoup d’influence sur le jeu. On touche beaucoup de ballons, il faut énormément courir, mais aussi défendre.» Elle apprécie ce rôle, même si sa préférence reste claire : «Je préfère jouer devant.»
À Manchester City, toutefois, les possibilités sont limitées. Même si les responsables du club sont, selon elle, «très satisfaits» de ses prestations, la jeune Suissesse doit se battre pour gagner du temps de jeu.
En équipe nationale, sa situation est bien différente : Iman Beney est une titulaire en puissance. «Elle fait partie de nos meilleures joueuses», soulignait déjà le sélectionneur Rafel Navarro avant le match aller.
Mardi, dans son Valais natal, elle pourrait donc retrouver sa place en attaque. Avec, dans un coin de la tête, ce rêve brésilien qu’elle espère enfin pouvoir réaliser.