Personne ne connaît mieux le coach de la Nati
Hakan Yakin présente la recette du succès de son frère Murat

Murat Yakin aborde son troisième tournoi à la tête de la Nati avec un équilibre affirmé. Son frère Hakan décrypte une méthode rodée et une équipe arrivée à maturité.
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Murat Yakin est l'entraîneur de l'équipe nationale suisse depuis bientôt cinq ans.
Photo: TOTO MARTI
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Tobias Wedermann et Sven Schoch

Murat Yakin, sélectionneur de l'équipe de Suisse, se dirige vers son troisième grand tournoi et semble avoir trouvé le mélange parfait entre sérieux et décontraction. Rien d’étonnant. Depuis bientôt 34 ans, Yakin évolue dans le monde du football. D'abord en tant que joueur, puis comme entraîneur. Les compagnons de route sont donc nombreux. Mais presque personne ne le connaît aussi bien que son frère cadet Hakan Yakin. Il déclare dans un entretien avec Blick: «Muri sait désormais exactement comment gérer l’équipe nationale».

Cela se voit non seulement dans le coaching au sens strict, mais aussi dans la manière dont il cherche à associer les supporters à son travail et à celui de l’équipe malgré des calendriers surchargés. Pour cela, Murat assume volontairement de nombreuses tâches publiques. «Il permet ainsi à l’équipe de se concentrer en coulisses», explique Hakan Yakin.

Un léger changement de cap, une recette du succès inchangée

Son grand frère a toujours été fidèle à ses principes. «Même dans les périodes creuses, lorsque les résultats ne suivaient pas, il s’y est toujours tenu», affirme Hakan Yakin. Durant ses presque cinq années à la tête de la sélection, il a toutefois constaté une légère évolution. «Il rend sa ligne un peu plus souple, l’ajuste régulièrement et a la capacité de savoir parfois se mettre en retrait.»

Photo: GEISSER

La recette du succès, en revanche, n’a pas changé: «On dit souvent de Muri qu’il a de la chance ou un bon flair. C’est vrai, mais il le construit avec énormément d’engagement». Il faut lui laisser des marges de manœuvre et accepter les surprises lorsqu’on travaille avec lui. «Il faut simplement le laisser faire. Quand une idée lui vient, il veut la mettre en œuvre, parfois même à très court terme avant les matches.» Et pendant les rencontres, Murat Yakin sait en dix à quinze minutes exactement dans quelle direction le match va évoluer. Pour cela, il ne s’appuie pas uniquement sur les ordinateurs et les données, comme beaucoup dans sa profession aujourd’hui. «Son instinct est incroyable, la manière dont Muri lit un match, il n’y a personne de meilleur en Suisse!»

«Sinon cet été la sensation, quand alors?»

Malgré les succès de Murat et la grande popularité de Hakan, il n’y aura plus deux Yakin ensemble sur un banc. «J’ai longtemps travaillé avec Muri et je ne pourrais plus aujourd’hui. Il a ses convictions, et dans notre vie, nous avons probablement déjà eu cent désaccords rien que sur le football. Lui veut A, moi je dis B ou inversement», explique Hakan Yakin.

Les deux frères sont toutefois sans doute d’accord sur un point: cet été, les ambitions doivent être maximales aux États-Unis, au Canada et au Mexique pour la Nati. «Cette génération est expérimentée, performante, soudée et maintenant à son apogée. Si elle ne veut pas créer la surprise cet été, quand alors?» L’équipe a encore franchi un cap important lors de l’Euro en Allemagne. «Je crois que Xhaka, Rodriguez ou encore Freuler veulent et peuvent couronner leur carrière lors de la Coupe du monde avec leur plus grande performance jusqu’ici», déclare l’ancien international suisse aux 87 sélections.

Et ensuite, un autre grand défi attend son frère, dont le contrat avec l’Association suisse de football a été automatiquement prolongé jusqu’à la fin des qualifications pour l’Euro 2028. «Il y aura un renouvellement d'effectif, mais si Muri a prouvé quelque chose ces dernières années comme sélectionneur, c’est bien qu'il peut trouver des solutions.»

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