Graines de Foot
Gabet Chapuisat: «Avec les enfants, j’ai dû développer ma patience»

Gabet Chapuisat était présent à Graines de Foot, pour donner un coup de main au FC Azzurri. Pour Blick, cette figure du football suisse se livre sur le football des enfants.
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Gabet Chapuisat donne un coup de main à la caisse du FC Azzurri Lausanne, à l'occasion du tournoi Graines de Foot.
Photo: Thomas Freiburghaus
Thomas Freiburghaus
Thomas FreiburghausJournaliste

Sur les terrains du centre sportif de Chavannes, des dizaines et des dizaines de bambins anonymes tapent dans le ballon. Graines de foot suit son cours. À l’entrée, une figure quant à elle bien connue du football suisse tient la caisse du FC Azzurri Lausanne. Gabet Chapuisat, 78 ans, est là, fidèle au poste, toujours prêt à donner un coup de main au football vaudois.

Pour Blick, le Lausannois se livre sur le football des enfants, lui qui a commencé, il y a cinq ans, à entraîner pour la première fois des juniors du club italophone de Chavannes-près-Renens. Entretien enfantin avec l’ex-international suisse.

Gabet, avec tout ce que vous avez connu dans le football, qu’est-ce qui vous pousse à vous lever un samedi matin pour être bénévole à Graines de Foot?
Je suis ami avec Bruno Sorace, le président des juniors d’Azzurri, j’habite à deux minutes, je suis à la retraite. Pour moi c’est une occupation, je décide de passer du temps dans ma passion. J’aime ces ambiances, je suis à l’aise dans ce milieu.

C’est important de s’investir pour le football des enfants, vous qui entraînez des juniors ici?
C’est spécial. Surtout que je suis assez exigeant. Donc j’ai dû développer ma patience, ce qui n’est pas forcément ma tasse de thé. Il faut transmettre un message, mais avec beaucoup de diplomatie et de tact.

Vous parlez des aspects compliqués, mais qu’y a-t-il de beau dans ce football des enfants?
C’est leur naïveté, leur timidité, leur simplicité. Je suis conquis par la motivation de tous ces gamins. Même si certains débarquent, les parents veulent leur donner une activité sportive. Mais on ne doit pas faire de discrimination entre bons, mauvais, moyens. On doit donner la chance à chacun de pouvoir progresser.

Et de s’amuser, quand même?
Oui, ça reste un jeu. Même si moi, je suis un compétiteur, c’est ma philosophie. Donc ce que j’ai essayé de leur inculquer – à part le plaisir –, c’est la gagne. Et les enfants se prêtent au jeu!

Que vous a appris ce football des enfants?
Ce qui est très important, c’est d’être un animateur. Tu dois donner du plaisir. Si toi-même tu n’es pas motivé, les gamins le ressentent. Il faut se donner corps et âme. Les enfants sont sensibles à ces détails, il faut être à la hauteur.

Quand on voit Graines de foot, ces journées de tournoi, ça vous rappelle des souvenirs de vos jeunes années?
J’aurais bien voulu! Mais ces tournois n’existaient pas. Le souci, c’est qu’à mon époque, on ne pouvait pas commencer en club avant l’âge de douze ans. On jouait dans la cour d’école, au tournoi des écoliers. On jouait plus que maintenant, hein. Il n’y avait que le foot, pas les téléphones. Moi, j’étais pro (rires). Je jouais quatre heures par jour. J’ai vécu le foot de la rue, qui n’existe malheureusement plus.
J’ai commencé à vivre ces tournois avec mon fils Stéphane, ça commençait à huit ans à l'époque, en junior E.

Avec une journée pareille, on se dit que le football junior vaudois se porte plutôt bien, pas vrai?
Oui, on a beaucoup de demandes, de plus en plus de jeunes s’inscrivent. Le problème, c’est au niveau des gens qui s’en occupent. Ça prend du temps, il faut être disponible. Ce qui est compliqué, c’est de trouver des personnes motivées et compétentes. Les gamins, il faut bien les entourer, on ne peut pas faire n’importe quoi avec.

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